Les particules fines

… Késako ?

Depuis une semaine, nous avons droit à un délicieux 20°C, les promeneurs se multiplient, les vélos se disputent les trottoirs et slaloment entre les poussettes. Mais depuis plus d’une semaine, une alerte pollution a été lancée au niveau national à cause de la présence de « particules fines » en trop forte quantité. Cette pollution touche pratiquement toute l’Europe.

Une telle chaleur en plein mois de mars fait des heureux mais aussi des étonnés. En effet, selon les mesures météorologiques, le temps actuel est digne d’une fin de mois d’avril, voire début mai. Cette chaleur inhabituelle change les équilibres naturels. Sortant à peine de l’hiver, le sol est encore froid mais l’atmosphère, à cause des hausses de température, se réchauffe. Les polluants émis se retrouvent bloqués sous un couvercle d’air chaud accentué par l’absence de vent. Ils s’accumulent sous ce couvercle d’air, ce qui augmente la pollution des villes.

pollution
source : http://www.airfobep.org/meteo-pollution-air.html

Les polluants les plus concentrés durant cette semaine de chaleur sont les particules fines. Ce sont des sels (nitrates, carbonates), des traces de métaux lourds ainsi que du carbone suie c’est-à-dire des restes de combustion. Elles proviennent de plusieurs activités. Les premières sont naturelles à savoir les éruptions volcaniques, l’érosion des roches ainsi que les feux de forêts. Les deuxièmes sont d’origine humaine tels que le chauffage, la combustion de d’énergie fossile dans le moteur des voitures et des avions ainsi que certains types d’industries.

Les particules fines peuvent mesurer entre 0,005 micromètre et 100 micromètres. Plus les particules sont fines, plus elles pénètrent loin dans l’organisme. Les plus grosses sont bloquées au niveau du nez et de la bouche, les moyennes atteignent les bronches, dans les poumons. Les plus fines passent la barrière pulmonaire pour arriver dans le sang et contaminer tout l’organisme. Selon le taux de pénétration, les conséquences sanitaires peuvent être plus ou moins importantes. En effet, les particules fines peuvent aller de la simple irritation de la gorge au cancer du poumon et aux crises d’asthme. Il y aurait 386 000 morts par an en Europe à cause de la pollution des particules fines et elles diminueraient de 3 à 7 mois l’espérance de vie. Malheureusement, la pollution de l’air est un enjeu sanitaire sous-estimé car invisible.

Durant cette semaine de chaleur, le taux de pollution des particules les plus fines, c’est-à-dire les plus nocives, a dépassé les 80 microgrammes par mètre cube d’air, ce qui correspond au seuil d’alerte. En effet, le niveau recommandé par l’OMS est de 25 microgrammes par mètre cube d’air. Cependant, la France est régulièrement épinglée par la Commission Européenne car le taux de particules fines est souvent au-dessus du seuil de recommandation dans les villes.

Une réaction étatique qui se fait attendre:

La Commission Européenne a émis certaines règles, comme la limitation de vitesse, à respecter lorsqu’un pic de pollution est atteint mais la France n’en a pas tenu compte. Le gouvernement français n’a pas proposé de mesures alors que les seuils de dangerosité étaient dépassés depuis plusieurs jours. Seuls quelques conseils ont circulé tel que favoriser le vélo plutôt que la voiture ainsi qu’éviter les activités physiques d’extérieur. (Les bronches se remplissent plus rapidement pendant l’effort afin d’oxygéner plus rapidement les muscles ce qui provoque une oxygénation plus forte de l’organisme. La conséquence est donc une absorption plus importante de polluants que lors d’une simple promenade.) Il a fallu attendre une semaine pour que certaines municipalités telles que Paris, Caen, Lyon, Rouen et Grenoble  décident de rendre les transports en commun gratuits pour la journée ainsi que certaines limitations de vitesse sur les grands axes. De plus, la question de la prise en charge des pics de pollution est même devenue une promesse de campagne pour ces municipales comme par exemple à Grenoble avec le candidat EELV.

Les émissions de particules fines ont commencé à baisser depuis les premières mesures prises dans les années 90 telles que de nouvelles normes pour le chauffage et les transports. Cependant, la diminution des émissions n’a que faiblement impacté leur concentration dans les villes. Plusieurs causes sont avancées avec, en premier lieu, le vent ramenant les polluants d’autres pays européens. Les mesures mises en place durant ce pic méritent d’être continuées et activées en amont du pic et non en réaction.

Virginie de Montmartin

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Auteur : lecheveusurlalangue

Journal de SciencesPo Grenoble (Isère, 38) et de ses étudiant.e.s

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