Voyage historique au pays de la Sublime Porte

Confortablement installé dans le Parc Gülhane, un verre de thé à la main, et contemplant le coucher de soleil sur le Bosphore, on ne peut que s’étonner de cette ville en perpétuelle expansion.

Cosmopolitisme me semble être le mot la définissant au mieux, véritable carrefour de civilisations, à tel point qu’elle a porté trois noms au cours de son histoire plusieurs fois millénaire. Pour les Grecs, elle fut Byzance, pour les Romains d’Orient, elle a été Constantinople, et pour les Turcs, c’est Istanbul.

Située idéalement entre l’Orient et l’Occident, la ville est un point névralgique sur les différentes routes de commerce maritimes comme terrestres et est rapidement réputée pour ses richesses. Au contact de nombreuses civilisations, la ville a toujours été très convoitée, et aura soutenu près de trente sièges jusqu’à présent. Deux seulement connaîtront la réussite, celui des Croisés en 1204 et celui des Ottomans en 1453. Les autres se briseront sur les puissantes murailles qui ont bâti la réputation d’inviolabilité de la ville.

Une telle longévité et uP1010013ne telle position ne pouvait qu’amplifier le cosmopolitisme de cette gigantesque métropole, qui compte aujourd’hui plus de 14 millions d’habitants. Ceux-ci sont d’ailleurs la preuve du passé pluricontinental de l’Empire Ottoman, présentant des traits moyen-orientaux, méditerranéens, balkaniques, ou même asiatiques. La cuisine stambouliote est également riche et variée, du calorique baklava à l’énorme kumpir, en passant par l’appétissant dürüm. Enfin, la ville elle-même présente différents visages. Vous aurez l’embarras du choix entre la folie des nuits de Taksim, la tranquillité et la douceur de vivre de Kadiköy, la richesse culturelle de la Corne d’Or, ou même, si vous avez la fibre religieuse, le conservatisme d’Üsküdar.

Le seul bémol de ce semestre déjà mémorable serait les tensions politiques qui secouent régulièrement la ville. En effet, si l’omniprésence de la figure d’Atatürk – des salles de classe aux affiches, en passant par les drapeaux qui fleurissent un peu partout – peut être amusante, les manifestations contre le gouvernement et la répression musclée qui en résulte nous rappellent que, même en mobilité erasmus, l’instabilité n’est jamais bien loin.

Victor Amoris

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s