Témoignage d’un photojournaliste syrien

Le 21 janvier dernier, Zaher Al Zaher est venu raconter son expérience en tant que photojournaliste qui a couvert le quotidien de la guerre en Syrie. Déclics, Monde Arabe et Le Cheveu se sont associés pour organiser cette conférence. 

Présentation de Zaher Al Zaher 

Ce jeune syrien de 23 ans, originaire d’Alep, est photojournaliste depuis 2013. C’est alors deux ans après le début de la guerre civile en Syrie qu’il débute son activité journalistique. Il a pour objectif de montrer les événements dramatiques de son pays à travers ses photos. Le reporter a travaillé avec des médias nationaux ainsi qu’internationaux afin de diffuser ses images.

En 2017, il a décidé de quitter son pays, ce qui fut un réel déchirement pour lui mais face au siège d’Alep, il n’avait d’autre choix que de fuir s’il voulait survivre. Il est arrivé en France en avril 2018, et en attendant qu’il obtienne le certificat de réfugié politique par l’OFPRA, il réside à la Maison des Journalistes. La Maison des Journalistes lui permet d’avoir un cadre, elle lui propose entre autres des cours de français. Lorsqu’il est arrivé en France, il y a un an et demi, il ne parlait aucun mot de français, aujourd’hui il est capable de tenir une conversation. En France, il continue son travail de photojournaliste ; il a notamment couvert différentes manifestations, comme celles des Gilets Jaunes.

Son travail, ses photos 

Zaher al Zaher a témoigné de son expérience en tant que photo-reporter de la guerre en Syrie en s’appuyant sur quelques une des ses photos. Celles-ci sont d’ailleurs à retrouver sur son site internet. Par la même occasion il a fait un état des lieux de la situation passée en Syrie. Il a couvert les événements en Syrie entre mi-2013 et 2017. Plusieurs points importants sont ressortis de son témoignage.

Tout d’abord, Zaher al Zaher nous a fait part des motivations qui l’ont poussées à s’engager en tant que photojournaliste. Ayant participé aux manifestations contre le régime syrien dès leur début en 2011, il a été témoin de la forte répression menée par le régime contre les manifestants. Être spectateur de cette violence l’a convaincu de la nécessité de témoigner de la situation, alors qu’il y avait à l’époque un déficit d’informations concernant cette répression. Ce témoignage est devenu d’autant plus important avec l’arrivée de Daech en 2013-2014 qui a marqué un recul de la liberté de la presse dans le pays. C’est ainsi qu’aujourd’hui la Syrie se trouve en haut de la liste des pays qui oppriment la presse selon le classement de Reporters Sans Frontières.

Ensuite, Zaher al Zaher nous a expliqué qu’il s’agissait d’un métier dangereux pour lequel il fallait prendre des risques. Pour lui, l’importance de témoigner a parfois primé sur la prudence. Le photojournaliste n’a en effet pas hésité à prendre de grands risques, comme lorsqu’il a pris cette photo d’une tour où étaient postés des snipers du régime tirant sur tous les civils passant par là. S’il conseille de d’abord se renseigner sur la zone de combat avant d’aller prendre des photos, cette fois-ci il avoue ne pas avoir pris toutes les mesures de sécurité nécessaires, tant il était important pour lui d’être au cœur des événements, au point de contact avec l’armée du régime.

sniper
« A government building where snipers are stationed to target civilians »
Zaher Azzaher,

Enfin, il a aussi cherché à représenter la vie quotidienne dans ses aspects les plus anodins. Par exemple, cette photo d’un fabricant de pains qu’il croisait chaque jour montre que la vie continue. Toutefois l’omniprésence de la répression se sent dans ces photos. Même dans leur quotidien, les Syriens restent constamment sur le qui vive, la peur de la répression du régime les poussant à refuser d’être pris en photo, de peur d’être identifiés par celui-ci et considérés comme des rebelles.

bread
« Bread Maker .. During the siege of Aleppo »
Zaher Azzaher, 2016

Si vous voulez en savoir plus, Le Cheveu a capturé l’intégralité de la conférence. Elle est à retrouver très prochainement sur notre chaîne YouTube !

Par ailleurs Le Cheveu sur la Langue tient à remercier la Maison Des Journalistes de Paris sans qui cette conférence n’aurait pas pu se tenir et plus globalement pour le travail qu’elle réalise dans l’accueil et le soutien aux journalistes exilés.

Camille Ravasio et Amandine Poncet

Auteur : lecheveusurlalangue

Journal de SciencesPo Grenoble (Isère, 38) et de ses étudiant.e.s

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