Maïdan : six ans après, état des lieux

Où en est le conflit fratricide opposant la Russie à l’Ukraine dont l’origine remonte au 21 novembre 2013 ? Quid de la situation de la région est-ukrainienne du Donbass, quid de la Crimée et quid de l’intervention occidentale dans le conflit européen de la décennie ?

 

De nombreux enjeux, encore souvent assez flous, un désintérêt occidental sur une question qui reste insolvable depuis 2014 et les Accords de Minsk. Krasa Mira, association des mondes slaves, fait le point sur la situation ukrainienne, quelques jours après le sixième anniversaire d’une Révolution qui restera sans doute comme l’un des plus grands traumatismes d’un pays dont l’indépendance remonte à 1991.

Six ans après, ils sont 5000

Quelques 5000 habitants de Kiev vinrent le 21 novembre 2019 succéder au million de manifestants s’étant exprimés six ans auparavant dans le cadre de l’Euromaïdan, pour rendre hommage aux 119 victimes des répressions de Maïdan.
L’Euromaïdan fût la première manifestation pro-européenne majeure en Ukraine, lancée le 21 novembre 2013. Maïdan Nézalejnosti, la place de l’Indépendance, est devenue le symbole d’aspirations européennes en Ukraine, bafouées et réprimées par un gouvernement dont le leader Viktor Ianoukovitch fût contraint de démissionner trouvant refuge à Rostov-sur-le-Don, en Russie en janvier 2014.

Les mouvements séparatistes en Crimée
Les premiers effets de cette révolution ne se font pas attendre hors de la capitale. En effet, quelques semaines après la démission du président Ianoukovitch et la formation d’un gouvernement transitoire en février 2014, les séparatistes pro-russes de Crimée s’emparent du Parlement et des institutions clés de la péninsule, proclamant l’indépendance de la Crimée et appelant à l’intervention russe en Crimée. Le 1er mars 2014, le Conseil Fédéral russe approuve le déploiement des troupes invoquant un « processus de normalisation ». Le gouvernement russe envoie alors 20 000 soldats dans les villes de Sébastopol et Simferopol. Le référendum pour l’autodétermination de la Crimée s’avère favorable à 97% malgré des contestations et des accusations de distribution de passeports russes. Le 17 mars 2014, la Crimée devient alors un oblast de la Fédération de Russie.

Toutefois il est bon de rappeler que ce rattachement de la Crimée à la Russie n’est reconnu que par une dizaine de pays (en rouge) et n’est naturellement reconnu ni par l’Ukraine ni par aucun pays de l’Union Européenne.

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Casus belli : l’effet papillon des mouvements séparatistes pro-russes à la Guerre du Donbass
A l’Est du pays, la démission de Viktor Ianoukovitch et la formation d’un gouvernement provisoire a également fracturé la population des régions de Lougansk et Donetsk, autrement dit du bassin houiller de Donetsk, ou Donbass. Des violences éclatent suite à l’insurrection de la capitale, un homme est poignardé à Donetsk, des fusillades éclatent. Les pro-européens au pouvoir à Kiev veulent voter une loi abrogeant le statut de langue régionale au russe dans les régions de l’Est. De ce climat sous haute tension va résulter la formation de deux Républiques populaires autoproclamées dans le Donbass, rejetant le gouvernement « illégitime » de Kiev. Le gouvernement de Kiev lance alors des offensives contre les séparatistes soutenus militairement par la Russie.
Ce conflit dure maintenant depuis plus de cinq ans et a pour bilan 13 000 morts et 30 000 blessés.

Solutions diplomatiques recherchées
Entre 2014 et 2015, sous l’égide de l’OSCE et l’Union Européenne, représentée par l’Allemagne et la France, deux sommets ont eu lieu à Minsk en Biélorussie, débouchant respectivement sur le Protocole de Minsk (2014) et l’Accord de Minsk II (2015). Les deux accords ne furent suivis que par de brefs cessez-le-feu, laissant finalement les affrontements perdurer jusqu’à aujourd’hui.

Nouveau président, nouvelle issue ?
Élu le 21 avril 2019 à la surprise générale, Volodymyr Zelensky a fait de la résolution du conflit du Donbass une de ses priorités. Le 9 décembre dernier fût organiser à Paris un sommet quadripartite rassemblant la Chancelière allemande et les Présidents français, russe et ukrainien sur le modèle des Accords de Minsk (ndlr : on parle de réunion diplomatique au « format Normandie »). Chapeauté par l’Elysée, ce sommet n’a au final eu pour résultat significatif que d’être la première rencontre entre Vladimir Poutine et le nouveau président Volodymyr Zelensky. Évoquée auparavant par ce dernier, la question de l’attribution d’un statut particulier aux Républiques du Donbass n’a pas été suivie. Seul accord majeur, l’échange de nouveaux prisonniers ukrainiens et russes. L’opinion ukrainienne était très attentive à l’action de son président, espérant qu’aucune concession ne soit faite au Kremlin et qu’après la désillusion relative au sort de la Crimée, qu’aucune autre partie de l’Ukraine ne soit « cédée » à la Russie.

 

Victor Nicolas

Auteur : lecheveusurlalangue

Journal de SciencesPo Grenoble (Isère, 38) et de ses étudiant.e.s

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