[#3] Les étudiants sont dans les choux

Près de 20% des étudiants vivent en dessous du seuil de pauvreté c’est-à-dire avec moins de 987 euros par mois, selon une étude de 2015. En novembre un étudiant a tenté de s’immoler pour dénoncer la précarité ; une précarité qui met l’alimentation en péril. Manger n’est pas toujours la priorité.

Sur plus d’une dizaine d’étudiants interrogés, tous répondent consacrer entre 70€ et 150€ à l’alimentation chaque mois, soit ¼ de leur budget total. Lora-Line m’explique que sa famille l’aide financièrement, « je me sens très dépendante de mes parents, sans eux je devrais travailler pour manger ». Elle se rend toutes les semaines au Géant Casino « parce que c’est le plus proche » de chez elle. Un choix fait par défaut de proximité qui n’est pas toujours à l’avantage des étudiants. En effet selon le palmarès des supermarchés, il est l’un des plus chers de Grenoble.

Fauchés comme les blés

Emma, étudiante en psychologie de 18 ans, a su, elle, couper la poire en deux : « Je fais mes courses chez Monoprix mais dès que mes parents viennent on va au Lidl et ils me font de grosses courses ». Végétarienne, elle m’avoue que ce n’est pas facile tous les jours et conclu « Heureusement que mes parents m’aident ! ». Pour Léo en revanche, « à la fin du mois c’est vraiment compliqué ». Cet étudiant en mathématiques et informatique est boursier échelon 3, « je vis avec environ 500 euros tous les mois, avec l’aide du Crous et des APL». Comme d’autres, il préfère faire ses courses chez Lidl, selon lui les produits sont « beaucoup moins chers ». Anaïs elle, étudiante à Sciences-Po, n’a pas à se soucier de cela puisqu’elle vit encore chez ses parents. En effet elle a décidé de rester dans le foyer familial, un choix fait par près de la moitié des étudiants français.

Mettre du beurre dans les épinards

Pour éviter l’autocensure au niveau géographique des études, certains décident de travailler. Céline est employée dans un supermarché et y travaille environ 15 heures par semaine. Sans cela elle ne s’en sort pas, « financièrement je n’ai vraiment pas le choix ». Une solution risquée quand l’on sait que selon l’INSEE, « l’occupation d’un emploi régulier réduit significativement la probabilité de réussite à l’examen de fin d’année universitaire ». Aujourd’hui environ 46% des étudiants cumulent emploi et études. « Si je veux manger, je dois travailler, ce n’est pas avec 200 euros de l’Etat tous les mois que je vais m’en sortir !! » témoigne cette étudiante en colère, employée dans une boulangerie.

En France plus d’un tiers des étudiants perçoivent une bourse sur critères sociaux. Une aide visiblement insuffisante car malgré cela les problèmes économiques persistent pour beaucoup. Comme les derniers événements survenus à Lyon témoignent, les étudiants restent fortement touchés par la précarité. Les restos du cœur s’inquiètent eux-aussi d’en recevoir de plus en plus dans leurs locaux. Pourtant les risques d’une mauvaise ou sous-alimentation sont bien là : tomber dans les pommes, baisse de la concentration, etc. Pour l’Etat il reste donc du pain sur la planche…

Camille BOUJU

Auteur : lecheveusurlalangue

Journal de SciencesPo Grenoble (Isère, 38) et de ses étudiant.e.s

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