[#3] Gaspillage alimentaire: un manque de communication malgré des solutions au rendez-vous

Les supermarchés sont responsables d’une grande partie du gaspillage alimentaire en France. Malgré une prise de conscience progressive de la part de nombreux acteurs, ce problème est loin d’être réglé.
En 2016, la quantité de déchets alimentaires s’élevait à 10 tonnes par an en France, selon les chiffres de l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie (Ademe). Plus d’un quart de ces déchets venait directement du secteur de la distribution (supermarchés, épiceries, commerces de proximité…). La même année, l’Assemblée Nationale a adopté une loi qui visait à empêcher les supermarchés de jeter leur invendus alimentaires. Trois ans après, un constat s’impose, afin de voir si les choses ont un peu changé.
Parmi les supermarchés contactés, très peu ont répondu, il fallait faire une demande écrite, voir avec la direction…. Il a fallu de nombreux appels pour finalement trouver un manager prêt à répondre à des questions. “Alors chez nous, les salariés peuvent récupérer les invendus et sinon on participe à l’application too good to go où on vend à des prix réduits des produits qui vont bientôt périmer” explique le responsable de Satoriz. L’idée est donc que les produits soient consommés dans tous les cas, quitte à casser les prix. Quant à Lidl, la marque déclare faire des dons à différentes associations, notamment les Restos du Cœur ou le Secours Populaire.

La communication avant tout                                                                                                          Mais ces actions doivent être accompagnées par une bonne dose de communication. « On n’a pas de programme de communication, mais de manière informelle on pousse les gens à venir avec leurs sacs, les bocaux, […] et on voit clairement des changements d’habitudes, les gens consomment moins de viande” continue le manager de Satoriz. Le changement de mentalité ne passe pas juste par des actions des supermarchés ou de l’Etat. Certaines initiatives citoyennes permettent aussi des avancées. Contactées pour l’occasion, les associations de consommateurs grenobloises n’ont donné réponse. Je suis donc allé à la rencontre de la Tambouille, une cantine solidaire qui cuisine à partir de produits récupérés sur les marchés. Le principe est simple: proposer, tous les lundis, un repas vegan et à prix libre au campus. Cette initiative permet de mettre en lumière une triste réalité: on peut se nourrir à partir de ce que l’on trouve dans nos poubelles. Que ce soit pour les actions venues de supermarchés ou pour la Tambouille, le plus gros
problème reste la visibilité. En soi, un problème de communication . L’Etat continue à pousser certain acteurs à des comportements plus écologiques, la loi anti-gaspillage examinée ce mois-ci le montre bien. Mais sans mesures pour mettre en valeur ces initiatives, il semble difficile d’imaginer une forte réduction du gaspillage alimentaire. ■

Nils SABIN

Auteur : lecheveusurlalangue

Journal de SciencesPo Grenoble (Isère, 38) et de ses étudiant.e.s

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