[#2] Penser culture

Milky2, architecte du bâtiment: André Wogenscky

Chez les retraités, les activités culturelles jouent un rôle essentiel dans le maintien du lien social. Pourtant pour beaucoup d’entre eux, sortir au cinéma ou au théâtre est compliqué, un problème avant tout financier. Enquête où se rencontrent musées et pensions de retraites.

Expliquer certains problèmes

Grand’ Place, il est environ 14h30 lorsque Chantale (le prénom a été modifié), retraitée de 86 ans, accepte de répondre à nos questions. Interrogée sur ses activités culturelles, l’ancienne ouvrière déclare “préférer le sport, surtout le vélo” qu’elle pratique depuis des années et ne pas aller souvent au cinéma ou au théâtre parce que “pour les retraités c’est plus compliqué”. Elle n’est pas la seule à témoigner de ce problème économique, Joëlle explique que pour les “petites retraites, l’argent est un problème, c’est un frein”. Elle aussi ne va au cinéma “qu’une fois tous les un ou deux mois et jamais au théâtre” privilégiant des activités moins chères.

En 2014, il y avait en France, selon l’INSEE, 15,8 millions de retraités. Ceux-ci touchaient une moyenne une retraite de 1.322 euros par mois. Mais derrière ce chiffre, se cachent des situations très diverses. Par exemple, plus d’un demi-million de personnes touchaient le minimum vieillesse.

En moyenne un homme touche 1.660 euros de pension par mois contre seulement 1.007 euros pour une femme. Cette différence entre les pensions, et surtout leur montant assez faible permet d’expliquer partiellement pourquoi il a des problèmes d’accès à la culture, surtout lorsqu’on parle de sorties au cinéma, au théâtre ou dans des musées payants.

Du culturel au social

Mais au-delà de la question de l’accès à la culture, se pose le problème de la sociabilité des retraités. En effet, ce type de sorties est une manière de maintenir du lien social, indispensable pour rester en bonne santé -physique et mentale-. Contactée pour l’occasion, l’Association des retraités de l’Isère (ACRI) considère également cela comme indispensable. Chaque mois, des sorties, des conférences, parfois des voyages sont organisés, “il faut les sortir [les retraités], on fait du culturel mais on fait aussi du social”. Mais même dans cette association, les sorties ont un prix que tout le monde ne peut pas payer. “Les retraites ne vont pas en augmentant” nous explique-t-on, “et puis on vit plus longtemps”. La moyenne d’âge des adhérents dépasse les 80 ans, ce qui est un autre problème.

Malgré de nombreux tarifs réduits pour les seniors pour certaines activités, il semble que cela ne soit pas suffisant. Les initiatives comme celles de l’ACRI sont de bons exemples à suivre, mais chaque ville ne dispose pas de son association de retraités. D’autres mesures semblent nécessaires. Dans cette veine là, la mairie de Grenoble propose différents services aux personnes âgées (pôles d’animations, festivités de Noël…), mais un manque de communication et d’information est peut-être à pointer du doigt.

Ainsi, la question de l’accès à la culture est, chez les retraités, plus complexe qu’il n’y paraît, l’aspect économique mais également le vieillissement de la population sont à prendre en compte. ■

Nils Sabin 

 

 

Auteur : lecheveusurlalangue

Journal de SciencesPo Grenoble (Isère, 38) et de ses étudiant.e.s

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