Quand Monde Arabe présentait Omar Souleyman et Habibi Funk

L’ambiance est électrique, frénétique lors de l’attente en face de la Belle Electrique, salle de concert grenobloise réputée ayant accueilli des artistes français et internationaux provenant de différentes sphères musicales, de la techno au rap. Le décor est planté, l’atmosphère reflète le sentiment d’impatience général créé par la venue d’Omar Souleyman introduit par le DJ Habibi Funk pour couronner la Semaine du Monde Arabe d’un aparté musical venu du Moyen Orient.

Tandis que la foule pénètre dans la salle, l’excitation s’accroît dès les premières notes endiablées produites depuis la scène par Habibi Funk. Au gré de musiques typiques, caractéristiques des mariages orientaux et remixées sur des tempos plus groove, jazz et funk, le DJ ravit le public en proposant notamment des reprises, en arabe de chansons phares des années 80 comme Every Breath You Take (1983, A&M Records) du groupe The Police.

C’est un concert où l’on danse, chante, se mélange, où l’on partage les sonorités et rythmes d’un culture chaleureuse, où le public hétéroclyte semble pourtant trouver une harmonie naturelle issue de la rencontre entre les cultures. Habibi Funk, à travers des influences qui dépassent les frontières, entre tambours et saxophone, guitare électrique et sifflet, construit ce jeudi 14 Février, un éclat d’ondes positives communicatives qui transcende les spectateurs. La musique endiablée échauffe la salle qui, boostée par cette première partie, apparaît avide de découvrir Omar Souleyman, très attendu qui saura briller dans la suite du concert.

Après un bref entracte, l’homme, énigmatique, vêtu de son habituelle djellaba sombre et de son couvre chef, un traditionnel keffieh rouge et blanc, s’avance sur scène, d’un calme apparent entouré par la frénésie ambiante. Ainsi est Omar Souleyman.

D’origine syrienne, le chanteur commence sa carrière d’artiste dans les mariages traditionnels où il se produit accompagné de nombreux musiciens dès 1994. Reconnu en premier lieu au Moyen-Orient où l’on estime qu’entre 500 et 700 de ses représentations musicales ont été enregistrées, il est ensuite repéré par le musicien californien Mark Gergis qui exporte sa musique en Occident. Commence alors une carrière internationale pour le chanteur issu d’un petit village du Nord de la Syrie.

Mêlant habilement les sonorités de la musique traditionnelle à des synthétiseurs et boîtes à rythmes, Omar Souleyman se place comme un artiste moderne ancré dans une base musicale orientale qui se voit récompensé par de nombreuses invitations lors de festivals à travers le monde.

Frappant dans ses mains au rythme de la musique, il ne se départit pas de son flegme, ni de son intemporelle paire de lunettes de soleil noires, sa prestance dénote dans l’atmosphère électrique du concert. L’homme est doté d’un talent parmi tant d’autres : celui de motiver son public, de le faire entrer dans un monde de fête duquel sa musique est issue. Sa voix est puissante, son charisme intense.

Une soire de pure ambiance orientale, pleine de joie et de rythme, voilà ce que le concert d’Omar Souleyman + Habibi Funk a offert au public Grenoblois, le 14 Février 2019.

Monia Dahmane

crédit photo: Merjey vidéos

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Auteur : lecheveusurlalangue

Journal de SciencesPo Grenoble (Isère, 38) et de ses étudiant.e.s

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