Artefact: édition seconde

Vous les avez sans doute remarqués dans les couloirs de l’IEP lundi ou mardi matin avec leurs visages bienheureux et une pointe de nostalgie dans la voix. De toute façon ils n’avaient qu’un seul mot à la bouche : Artefact, et avec un grand A, comme Art, s’il vous plaît. Encore entourés d’une aura magique avec leurs paillettes dans les cheveux, ils sont là, à vous répéter (malgré une sérieuse extinction de voix) que vous avez vraiment manqué quelque chose, que c’était « incroyable, magique, exceptionnel, hors du temps…». Et vous dans l’histoire, vous êtes quand même un peu jaloux.

Eh bien, désolée de vous décevoir mais vous avez raison de rager car l’édition 2019 d’Artefact a été une réussite, un vrai succès, qui, pour couronner le tout, s’est clôturée par l’attribution du Prix du Meilleur court métrage à notre délégation grenobloise. Cette dernière, composée d’une quarantaine d’artistes en tout genre a permis à tous les frustrés de l’IEP qui pensent avoir loupé leur vocation en choisissant d’étudier les Sciences Sociales plutôt que de faire une licence en Arts du Spectacle, de venir exprimer leurs talents le temps de quelques jours.

Néanmoins pas d’inquiétudes, le Cheveu sur la Langue (qui remercie au passage le BDA pour le pack troubadour) vous propose un récap’ de ces 3 jours de qualité artistique supérieure.

Commençons donc :

 

        A/rtefact

Petit point étymologie.
Tiré du latin artis facta, le nom « artefact » signifie l’effet de l’art. Dans le milieu science piste, ce nom désigne également l’événement organisé pour la première fois en 2018 qui réunit des délégations composées d’artistes de plusieurs IEP. Cette année, l’édition a eu lieu chez nos compatriotes lillois. Le but de cet évènement est de permettre à certains étudiants talentueux de se rencontrer autour d’un thème autre que le sport ou l’éloquence : l’Art. Tout comme lors du sacro-saint Critérium Inter IEP, différentes disciplines y sont représentées : Art culinaire, Arts plastiques, Art oratoire, photographie d’Art, Arts scéniques (danse et théâtre), Art musical et enfin 7ème Art (courts métrages). Les différentes délégations « s’affrontent » dans chaque discipline (sans esprit de rivalité néanmoins) et le week-end se termine par une remise des prix. Une sorte de Crit artistique donc, en plus cool.

        R/écompenses

«Le Prix du Court métrage est attribué à ….GRENOBLE !!! ». Cette phrase salvatrice est venue mettre fin aux pesantes minutes pendant lesquelles les Grenoblois hébétés ont vu Rennes se faire attribuer le Prix de l’ambiance, Lille celui de l’éloquence, Strasbourg celui de la danse, Toulouse de la cuisine et de la musique, Lyon du théâtre et Saint Germain en Laye de la photo et des arts plastiques… Le court métrage réalisé par Ulysse Airieau, Célie Caraty et Anaïs Carrière a donc sauvé l’honneur en remportant ce prix sous un tonnerre d’applaudissements. Néanmoins, bien que ce fût la seule récompense remportée par notre délégation, d’autres disciplines auraient pu être primées. Selon un certain Polge de Combret: « Franchement le prix du théâtre c’était volé ». Portés par l’excellente Camille Morille dans le rôle de Henriette, les comédiens grenoblois ont mis en scène « Un air de famille » d’Agnès Jaoui et Jean Pierre Bacri. Une pièce dont on retiendra le mythique «Chacun son sexe et les vaches seront bien gardées ! » de la ménagère en haut léopard. Par ailleurs, il semblerait que le Prix Masterchef ait été remporté à un cheveu par la délégation toulousaine. Nos cuistos à nous avaient présenté une pièce montée tout en chocolat intitulée « Après-ski » en l’honneur de nos montagnes, laquelle a été qualifié de « chocolatée ». MERCI BIEN.

        T/emps lillois

Some météorologie.
Impossible de résumer le week-end Artefact sans évoquer un peu de météo. Car qui dit Lille dit le Nord et qui dit le Nord dit clichés. Qui dit clichés dit accent Ch’ti, dit également « frites-fricadelles » et dit surtout mauvais temps. Alors si vous pensez que la pluie c’est seulement dans la comédie de Dany Boon et que « franchement, c’est exagéré », demandez leur avis à vos copains de retour des Hauts de France. Car après un trajet Grenoble-Lille dans un bus surchauffé, notre délégation Grenobloise a vite été rafraîchie par un vent à décorner les bœufs (si si), et une petite pluie froide juste comme on l’aime. Un conseil: avant de songer à passer le concours de l’Ecole Supérieure de Journalisme (ESJ Lille), réfléchissez-y à deux fois. Néanmoins, le week-end a été marqué par quelques jolies éclaircies qui sont venues illuminer les visages blafards mais joyeux de nos amis lillois le temps d’un instant.

        E/xpression libre

51654203_2203198716587092_2165870785246265344_n.jpgSi l’on devait retenir un moment où l’Art (avec un grand A) a rimé avec Improvisation (avec un grand I), il s’agirait sans doute des 16 minutes de spectacle que nous ont offertes les danseurs de toutes les délégations samedi après-midi au Théâtre du Nord, en plein cœur de Lille. Après que chaque troupe ait eu réalisé sa prestation (dont notre chère asso Concorps’Danse), tous les danseurs ont été invités à former un arc en cercle sur la scène pour participer à une sorte de grande danse collective. Ce fut alors parti pour un quart d’heure d’improvisation en musique, chaque danseur improvisant à sa guise, et il faut reconnaître que cette mer de danseurs en a transporté plus d’un.e. Ainsi, selon les dires de la capitaine de Concorps’: « C’était impressionnant ». Anouar Mhinat complètera lui en toute modestie face à notre caméra: « La scène était incroyable, très heureux d’avoir dansé ici, merci à tous ». Globalement, tout le week-end a été marqué par des beaux moments d’improvisation : danse, jam ou encore dessin. En effet, bien que notre équipe d’arts plastiques n’ait pas remporté de prix, les artistes ont pu exprimer leur talent sur une grande frise participative dimanche en fin d’après-midi.

        F/iesta

Chauffés comme dans une marmite après déjà quelques bonnes heures passées dans le bus, la chaleur est encore montée d’un cran lorsque Martin a enfourché sa guitare, nos chanteuses (Rose, Adèle et Laurène) leurs plus belles voix et Léocadie son mélodica. De Magic System à Africa de Toto (cc la chorale), l’ambiance était déjà « muy caliente » lorsque les artistes Grenoblois ont posé les pieds en terre Lilloise. Par la suite, le mot fête est resté à l’ordre du jour et de la nuit. Soirée sur des rythmes brésiliens en guise d’introduction le vendredi soir et puis de la danse et encore de la danse tout au long du week-end. Enfin, le samedi soir a été l’apogée de la fiesta avec la belle cuite que se sont globalement mises les participants de l’édition 2019 d’Artefact. Malgré les déboires de la veille (voire du matin) et les voix cassées, le retour en bus a également été accompagné de notes mélodieuses et d’airs de guitare. Comme quoi, le grand A de Artefact ne rime pas qu’avec Art mais fonctionne aussi très bien avec Alcool et After.

        A/my Winehouse et Macklemore

51942479_1201691876661726_7990209182970150912_nComment parler de ce weekend sans écrire quelques lignes sur  l’interprétation folle de “Can’t hold us” de Macklemore par Martin Espenel, qui a fait sauter toutes les délégations en rythme et à l’unisson samedi soir; une performance qui restera longtemps gravée dans les mémoires d’Artefact. Les groupes de musique de toutes les délégations se sont succédés sur la scène dans la boîte de nuit lilloise « le smile » pour nous offrir des shows d’une trentaine de minute chacun. Et avouons-le : bien que n’ayant pas remporté le Prix musical (on crie au scandale), l’ambiance de folie et les applaudissements qu’ont reçu nos musicos ont valu toutes les récompenses. Ce fut l’occasion pour Adèle et Martin de nous présenter leurs compo personnelles et pour Lorène et Rose de reprendre avec talent Valéry de Amy Winehouse, Feeling Good de Nina Simone, . D’autres groupes ont pris le relais et cette soirée a finit en pogo. On relève d’ailleurs une cheville cassée chez nos amis lillois.

        C/hartreuse (et autres alcools en tout genre)

C’est l’ingrédient secret qu’avaient choisi nos trois cuisinières, Katia Barthélémy, Louise Skrzypczak et Camille Morille pour confectionner leur pièce montée en deux heures top chrono. Les règles étaient simples : réaliser un gâteau en un temps limité avec les ingrédients fournis sur place. L’épreuve s’est déroulée dans la cuisine d’un lillois à qui il a beaucoup plu de faire monter le stress de nos cuistots : «Attention il vous reste 2min… 58secondes… 57 secondes… C’est fini ! Lâchez-toooout !». Mise à part notre bonne vieille Chartreuse, il faut reconnaître que « alcool » est un terme qui a été employé de manière variée ce weekend. Toujours dans la tradition, avec « bière verte du Mont Blanc » (offerte en cadeau à nos hôtes lillois) mais aussi breuvages plus communs tels que « pinte de bière », « vin rouge, blanc ou rose » ou encore le classique « vodka-multifruit ». Finalement, on retiendra également le très théâtral et magistral : « Dis, tu reprendras bien une p’tite suze ? » placé sur scène par un de nos comédiens grenoblois.

        T/alent

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Enfin, il convient de terminer cet exercice de style par le mot qui a accompagné les prestations de nos artistes tout au long du week-end : talent. Je laisse ici la parole à un de nos « packs troubadour », qui a su trouver les mots pour bien résumer l’évènement : «Incroyable, magique, des couleurs, du son, de la lumière, de la vie, de la musique, de l’émotion, de la beauté et de la passion ».  Au moins, il y en a un qui ne sera pas venu pour rien. Il nous reste enfin à parler des deux dernières disciplines que je n’ai pas encore évoquées mais toutes aussi talentueuses : l’éloquence et la photographie. Lauren Viguier, Lucas Lopez et Manon Delaye se sont succédés sur le thème de la passion, chacun à leur manière. Le public a d’ailleurs tout particulièrement apprécié les envolées espagnolisantes du discours de Lucas, dont le sens reste à ce jour encore inconnu. Enfin, la discipline de la photographie a été bien défendue par la présidente de Déclic, Anaïs Carrière (que je remercie d’ailleurs pour les crédits des photos de cet article !)

 

Bon. Vous l’aurez donc compris, vous avez loupé quelque chose. Mais il n’est peut-être pas trop tard pour vous mettre à la guitare et tenter votre chance lors de la prochaine édition. A Grenoble qui sait?


Marianne Garnier

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Auteur : lecheveusurlalangue

Journal de SciencesPo Grenoble (Isère, 38) et de ses étudiant.e.s

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