Bras de fer entre syndicats et gouvernement en Guinée-Konakry

Le gouvernement guinéen avait annoncé l’ouverture officielle des classes le 03 octobre 2018 après plusieurs reports. Néanmoins force est de constater qu’aujourd’hui les cours ne sont toujours pas effectifs, surtout dans les établissements publics.

La situation de crise qui se produit actuellement en Guinée-Konakry est liée à un mouvement de grève lancé par le syndicat le plus représentatif du secteur éducatif qui demande une revalorisation salariale de 8 millions de Francs guinéens, ce qui équivaut à 750 euros. L’année dernière les cours ont été interrompus pendant plus de deux mois, et c’est seulement après des longues négociations que les deux parties sont parvenues à un accord qui prévoyait une revalorisation salariale des enseignants dès la rentrée 2018.

A rappeler: les enseignants guinéens sont les plus mal payés de l’Afrique de l’Ouest. Cela s’explique par le fait que le budget alloué à l’éducation représente 13% du budget national, tandis qu’au Sénégal par exemple, il en représente 35 %. Dès le début du mois d’octobre le gouvernement guinéen a opté pour la fermeté, en affirmant qu’il sera impossible d’augmenter le salaire des enseignants en 2018 et qu’il en sera de même en 2019 car l’économie du pays est sous perfusion. Le gouvernement envoie des dispositifs sécuritaires impressionnants autour des écoles privées car si les élèves des établissements publics ne trouvent pas de professeurs dans les salles classes, ils empêcheront ceux des écoles privées d’aller en cours. Pire: le gouvernement a décidé de recruter des nouveaux enseignants pour remplacer ceux qui suivront le mot d’ordre de grève.Par ailleurs, l’État menace de geler tous les salaires des enseignants grévistes. Le syndicat libre  des enseignants a néanmoins décidé de rester sur sa position. Le secrétaire général du SLECG Aboubacar SOUMAH disait ceci au début du mois: ”Nous continuerons la grève jusqu’à la satisfaction complète de nos revendications”.

De plus, la position des syndicalistes s’est durcie depuis que le gouvernement prétend que les caisses de l’Etat sont vides et que le président de la République demande une majoration de son budget qui était de 367 218  589 GNF en 2018 pour le faire passer allègrement à 408 663 056 GNF en 2019, soit une augmentation de 41 milliards 444 millions 468 mille GNF.

3 semaines après l’annonce officielle du début des cours, les élèves des établissements publics n’ont toujours pas d’enseignants dans les salles et parfois les professeurs qu’ils trouvent en classe ne sont pas à la hauteur. Le mercredi 24 octobre les élèves ont manifesté partout, de Conakry jusqu’à l’intérieur du pays, en estimant être discriminés dans un État dirigé par un professeur de droit. Tout cela présage une nouvelle crise dans le secteur éducatif; une crise qui semble très loin de trouver une issue heureuse.

 

Barry Bademba

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Auteur : lecheveusurlalangue

Journal de SciencesPo Grenoble (Isère, 38) et de ses étudiant.e.s

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