Catalunya, un any després…

Le sort de la Catalogne, encore incertain, fait toujours couler l’encre et suscite les réactions sans que le temps n’adoucisse vraiment les enjeux. 11 jours depuis le premier octobre, le destin des Catalans demeure plus que d’actualité…

Un an est passé depuis le 1er octobre 2017, date à laquelle se déroulait l’une des plus grandes manifestations démocratiques menées par un peuple européen au XXIe siècle.

Il y a un an tout juste, le peuple catalan se tenait debout devant les collèges électoraux et revendiquait son droit à déterminer son futur en votant. Il y a un an tout juste, nous découvrions tous les images de la violence exercée par la police nationale espagnole et par la Guardia Civil. Un an plus tard, force est de constater que  tout le monde est resté sourd au cri démocratique des catalans : les dirigeants européens, l’Union Européenne, l’ONU. Il n’y a plus eu personne pour défendre le droit à l’autodétermination que tous pourtant promettaient de protéger. La répression de l’Etat espagnol menée à l’encontre des citoyens catalans dès le 1er octobre de l’année passée s’est donc exercée sans la moindre limite.

Cela a commencé par l’emprisonnement de Jordi Cuixart et Jordi Sànchez, respectivement présidents d’Omnium Cultural et de l’Assemblea Nacional Catalana, les deux plus grandes associations militantes catalanes. Puis ce fut au tour de personnalités politiques catalanes, membres du gouvernement ou de partis indépendantistes.  D’autres ont également subi le prix de leurs positions politiques, comme un rappeur de Majorque condamné à trois ans de prison pour insultes à la Couronne, un délit qui n’existe évidemment pas au sein d’une quelconque république européenne, et qui n’existe pas non plus au sein de la plupart des monarchies européennes comme l’Angleterre ou la Belgique.

Un an après, Jordi Cuixart, Jordi Sànchez, Quim Forn, Oriol Junqueras, Dolors Bassa, Raül Romeva, Josep Rull, Jordi Turull ou Carme Forcadell sont encore en prison et Carles Puigdemont, Anna Gabriel, Clara Ponsati, Lluís Puig, Toní Comin, Marta Rovira et Anna Gabriel toujours contraints à l’exil.

Avec Sanchez le référendum sera « acté » plus que « pacté »

Néanmoins la situation politique a changé en un an. Mariano Rajoy, premier ministre espagnol lors du premier octobre 2017 a été contraint de quitter la politique suite à une motion de censure. Il a été remplacé à la tête de l’Etat par le secrétaire général du PSOE Pedro Sanchez et par Pablo Casado pour diriger le Parti Populaire ; un Pablo Casado qui réussit par ailleurs l’exploit d’être encore plus à droite que Mariano Rajoy. Quant à Pedro Sanchez, il incarne l’hypocrisie d’un socialisme de droite que nous ne connaissons que trop bien en France. Deux exemples suffiront.

Bien qu’il fut le premier et le seul à accepter sur son sol les premiers réfugiés de l’Aquarius suite aux refus systématiques de l’Italie, il n’a parallèlement rien changé à la situation scandaleuse que subissent les migrants à Ceuta et à Melilla, frontières qui sont le théâtre d’une violence inouïe. Quant à la situation catalane, Pedro Sanchez se prononce actuellement en faveur d’un référendum pacté entre le gouvernement catalan et le gouvernement espagnol. Cependant, ce référendum porterait uniquement sur la question d’une plus grande autonomie de la Catalogne et non pas sur son l’indépendance. Ce serait donc moins un référendum pacté qu’un référendum, par avance, acté.

Un 1er octobre qui résonne selon différents sons de cloches dans les mémoires

De nombreuses manifestations ont eu lieu ces derniers jours en mémoire du Premier Octobre 2017. Remarquons parmi celles-ci la convocation d’une manifestation par un syndicat de la police espagnole le samedi 29 septembre, devant le Palais de la Generalitat, lieu de travail du Président catalan. Ils souhaitent ainsi honorer le travail remarquable de la police espagnole et de la Guardia Civil.

Lorsque l’on parle du « travail remarquable » de ces deux corps de police, on se doit de rappeler qu’il s’agit de plus de 1 000 blessés, de milliers d’images de violences faites à l’encontre d’une population pacifique, d’un citoyen ayant perdu un œil à cause d’un tir de flash ball ; arme que le Parlement Catalan a prohibé.

Remarquons par ailleurs le travail journalistique fantastique effectué par France 2, qui à la veille du Premier Octobre, traite l’actualité politique catalane sans dire un mot sur le référendum du Premier Octobre 2017 mais reçoit Manuel Valls sur son plateau, nouveau candidat à la mairie de Barcelone soutenu par le parti d’extrême-droite, nationaliste, réactionnaire et ultra-libéral Ciutadans.

Le 1er Octobre, les Catalans ont récupéré les rues en maintenant avec force leur position défendue avec tant de courage il y a un an. Ils demanderont comme toujours la liberté, la liberté pour les prisonniers politiques, la liberté pour les exilés, la liberté pour un peuple à décider de son futur.

Anonyme 

 

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Auteur : lecheveusurlalangue

Journal de SciencesPo Grenoble (Isère, 38) et de ses étudiant.e.s

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