Retour sur le concert de Damso – Lyon

Disclaimer : Quand il ne sauve pas la démocratie, le méticuleux Cons Pâris s’adonne à toutes sortes d’activités allant de la consommation raisonnable de liquides houblonnés à la pratique du football du côté de l’UFRAPS. Un bon vivant, donc, qui a tenu à revenir pour vous sur un concert du Dems à l’occasion de sa tournée Ipseité. La parole est à la deffense !

Faisant suite aux virées nocturnes du côté de La Belle pour les électriques Columbine, et le concert du S dans cette même ville de Lyon, vos chroniqueurs « Musique » du Cheveu se sont de nouveau transportés au Transbordeur pour prendre cette fois-ci une leçon de Vie !

18h14 – Capitale des Gaules

Après les traditionnels achats de sandwichs triangulaires et de flasques anisées qui permettent de supporter les 8 degrés extérieurs durant l’attente devant le mythique Transbo’, nous nous apercevons rapidement que la sécurité possède encore une main légère, privilégiant les accolades amicales aux traditionnelles fouilles. Après une bonne demi-heure d’attente, cette fluidité n’en est pas pour autant si désagréable.

À la surprise générale, la salle paraît vide malgré l’horaire avoisinant 20 heures, soit le début du spectacle. Nous nous rendîmes vite compte cependant qu’au contraire de SCH, dont le talent avait peu ou prou été respecté par la grandeur de l’enceinte, Damso aurait le luxe d’auditionner dans une salle annexée dont l’ampleur était vertigineuse, grouillant de fans impatients. Gradins regorgeants de places assises complets, nous n’avions d’autres choix que nous jouxter près des consoles de sons et lumières, étouffant à moitié entre aisselles noyées et personnages hauts en couleur dans cet antre comble.

20h04 – Transbo Vie

Après une première partie « en douceur » voyant la jeune et décalée Angèle, sœur de Roméo Elvis, déployer ses quelques singles dont La Loi de Murphy, la représentation de Monsieur Dems pouvait enfin démarrer. T-shirt blanc de sa propre marque Rosemark frappé du fameux logo « TheVie », lunettes de soleil à faire pâlir les mannequins de chez Gucci et accompagné de son DJ, c’est sur Exutoire que le Belge entame son show, dans un décor simple, arborant un jeu de lumière efficace et un imposant signe Vie, orné des trois lettres de plus d’un mètre, devant la table de mixage.

Après une mise en route, non pas poussive, mais timide de la part de l’artiste et d’un public encore sage, le concert va s’intensifier minute après minute. Faisant étalage de sa marque, pas encore disponible pour le plus grand regret de ses followers malgré un jet de deux-trois exemplaires entre deux punchlines, l’originaire de Kinshasa revient sur la scène avec un textile identique, à la différence de sa couleur désormais nwaar. C’est ce changement de coloris qui fera entrer le concert dans un show impressionnant, à la fin duquel le souffle nous faisait défaut. La multitude de pogos qui s’enchaîne, de plus en plus fréquents et intenses, nous propulsera de l’arrière-plan jusqu’à une poignée de mètres du maître.

20h42 – Avec de l’autotune ça passera peut-être mieux

S’ancrant dans le cadre de la tournée de son nouvel album sorti en avril dernier, « Ipséité », le fils spirituel de Booba régale également son public avec des sons tirés de « Batterie Faible ». De Périscope à Débrouillard, en passant par BruxellesVie ou Autotune, les titres ayant rendu l’artiste célèbre s’enchainent, alternant ces classiques avec des succès plus récents, tels que les très estivaux Signaler, Macarena ou les remuants Noob Saïbot et J Respect R. Le chanteur nous gratifie entre chaque chanson de fameuses phrases d’accroche, rendant hommage à sa ville natale sur Kin la belle, ou aux femmes par l’intermédiaire de Lové malgré une première phrase à faire pâlir nos ardents défenseurs de la cause féministe. En sus de ces réussites indéniables, Damso surprendra ses auditeurs avec des chansons moins connues mais dont la qualité n’est point inégale (tel que J’suis dans le tieks), et proposera en avant-première le clip tourné sur Gova.

21h06 – Fumer pour oublier

Autre fait marquant, le fraîchement élu « rappeur de l’année 2017 » donna la parole à ses fans, leur demandant, non sans aucune idée derrière la tête, de choisir une chanson qu’il réalisera au bonvouloir de ses spectateurs. A l’unanimité, le public scandera à l’unisson d’une voix s’échappant des entrailles de la fosse Amnésie, que le rappeur, dont l’ampleur du dépit laissa pantois, refusa d’interpréter. Insistant sur des « Je la chante pas avec vous les mecs », c’est son D.J qui lancera le titre controversé, fredonné par l’ensemble de la foule. Damso restera pendant ces 3 longues minutes, debout, l’air vide, comme s’il demeurait chamboulé par ces flots de mots qui se succédaient, avant de s’exprimer nonchalamment « Big up à elle », lui rendant un cynique hommage. À la suite de cet interlude muette de la part du rappeur, celui-ci n’hésitera pas à déclamer « Maintenant vous arrêtez de me casser les c*******, c’est mon spectacle, c’est moi qui décide », et d’enchaîner sur l’excellent Mwaka Moon, dont on se demande réellement lequel de Damso et Kalash réalise le feat de l’autre. Le Belge lâchera même un tendancieux «  de toute façon c’est moi qui l’ai composé ce titre ». Après un demande insistance de rappel, c’est sur le très attendu Mosaïque Solitaire que Dams clôturera son show impressionnant.

21h45 : Direction Tonneau de Diogène

En résumé, un artiste talentueux dont la présence sur scène est magistrale, un public bon esprit à la hauteur du show, une ambiance chaleureusement festive, des chansons de qualité variant entre sons populaires et musicalités plus « sales », des pogos à foison pour des litres de sueurs déversés, finalement deux heures d’un spectacle extrêmement nwaar qui ne fait que rendre plus ardent l’impatience liée à la sortie du futur album de Damso, déjà annoncé par une récente succession de lettres grecs ?

Publicités

Auteur : lecheveusurlalangue

Journal de SciencesPo Grenoble (Isère, 38) et de ses étudiant.e.s

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s