L’attaque de Pearl Harbor : le jour où le Pacifique s’est embrasé

Disclaimer : Après un premier article sur la campagne Napoléonienne en Égypte, notre Thibaut Defrance national (ahah) remet le couvert et nous ramène en pleine Seconde Guerre Mondiale. Bonne lecture à toutes et tous !

« Hier, 7 décembre 1941, une date qui restera à jamais gravée dans l’Histoire comme un jour d’infamie».

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C’est par ces mots que le président Roosevelt commença son célèbre discours du 8 décembre 1941 devant le Congrès, au lendemain de l’attaque de Pearl Harbor. Plus de 70 ans après, la bataille de Pearl Harbor représente toujours un immense traumatisme pour les Etats-Unis. Le cinéma et Hollywood se sont emparés de cet évènement majeur de l’histoire américaine qui a été reconstitué à travers des films comme « Tora ! Tora ! Tora ! » ou « Pearl Harbor » de Micheal Bay. Nous vous proposons de revenir sur ce fait majeur de la seconde guerre mondiale qui, bien qu’il fut l’une des plus grandes défaites militaires des Etats-Unis, marqua le « réveil d’un géant » selon les propres mots de l’amiral Yamamoto.

L’expansion japonaise dans le pacifique

En 1931, l’Empire du Japon entama sa politique d’expansion territoriale en Asie et dans le Pacifique.  Suite à « l’incident de Mukden » du 18 septembre 1931 (des soldats japonais organisent un attentat en Chine en faisant exploser une voie de chemin de fer, propriété d’une société nipponne), le Japon utilise ce prétexte pour conquérir et annexer la région de la Mandchourie. L’expansion japonaise en Chine reprit en 1937 ; le 7 août Pékin était prise, suivie le 26 novembre par la chute de Shanghai. L’objectif de la politique expansionniste japonaise était de garantir à l’empire une vaste zone d’influence en Asie et dans le Pacifique, elle devait également permettre au Japon de s’assurer le contrôle de ressources stratégiques comme le pétrole, le gaz,  le fer ou le caoutchouc. Néanmoins, tôt au tard, cette expansion allait se heurter aux possessions occidentales en Asie du sud est (Philippines pour les Etats-Unis, Indochine pour la France, Indonésie pour les Pays-Bas, Hong-Kong, Malaisie, Birmanie pour la Grande Bretagne en plus de ses Dominions de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande). La première puissance coloniale à en faire les frais fut la France quand en septembre 1940, les Japonais occupèrent l’Indochine française.

L’aggravation des tensions entre le Japon et les Etats-Unis

La politique d’expansion japonaise était observée avec beaucoup d’inquiétudes par les Américains. Roosevelt avait jusqu’à présent refusé d’engager les Etats-Unis dans la seconde guerre mondiale malgré la défaite de la France, la menace allemande contre les îles britanniques et l’invasion de l’URSS en juin 1941. L’opinion américaine, profondément isolationniste, refusait de voir son pays s’impliquer dans ce qu’elle considérait comme des affaires européennes. Toutefois,  les Etats-Unis prirent un certain nombre de mesures pour contrer l’expansion japonaise ; en mai 1941, les américains commencèrent à livrer des armes aux Chinois pour les aider dans leur lutte contre le Japon. Par ailleurs, le 28 juillet 1941, les Etats-Unis imposèrent un embargo sur la vente de pétrole et de fer à destination du Japon, en outre, tous les avoirs japonais présents aux Etats-Unis furent gelés. Pour les Japonais, cette décision avait des répercussions désastreuses, en effet 80% de leurs approvisionnements en pétrole venaient des Etats-Unis, l’état major nippon calcula que les réserves pétrolières du pays seraient épuisées d’ici deux ans, le temps jouait désormais contre eux. Deux camps s’opposaient alors au Japon, tout d’abord le Premier ministre Konoe qui était partisan d’un dialogue et d’une solution diplomatique avec les Américains, de l’autre l’état-major impérial convaincu que la guerre avec les Etats-Unis était inévitable et qu’il fallait frapper en premier.  Le 16 octobre 1941, Konoe démissionna et le 5 novembre, l’empereur Hirohito accepta le plan d’attaque de Pearl Harbor et de-facto l’entrée en guerre de son pays. Trois semaine plus tard, une flotte japonaise forte de 6 porte-avions, 2 cuirassés, 3 croiseurs, 9 destroyers transportant plus de 400 avions quitta le Japon et mit le cap vers les îles Hawaï et la base américaine de Pearl Harbor. Pour le Japonais, les dés étaient jetés, la marche vers la guerre commençait.

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La rade de Pearl Harbor un mois avant l’attaque

L’attaque de Pearl Harbor

Mais pourquoi les Japonais avaient-ils décidé de frapper spécifiquement la base de Pearl Harbor ? La raison est simple : en 1941, Pearl Harbor était le port d’attache de la flotte américaine du Pacifique, près d’une centaine de navires de la marine américaine (dont notamment 3 porte-avions) et 25 000 soldats y stationnaient.  Situé sur l’île d’Oahu dans l’archipel d’Hawaï, Pearl Harbor se trouvait à plus de 3000km des côtes californiennes et à 6500km du Japon.  Les stratèges japonais estimaient qu’il faudrait deux années aux Américains pour rattraper leur retard et dépasser militairement le Japon. En attaquant et détruisant la flotte du Pacifique, les Japonais espéraient  acquérir un avantage suffisant pour conquérir rapidement le Pacifique et vaincre les Américains.

Après deux semaines de navigation dans le plus grand secret, la flotte japonaise prit position à 300km au nord-est de Pearl Harbor sans avoir été repérée par les Américains. Bien qu’ils ignoraient le danger immédiat qui les guettait, l’état major américain et le Président Roosevelt savaient que la rupture avec le Japon était proche. Ainsi, le 6 décembre 1941, la veille de l’attaque de Pearl Harbor, les services de renseignements américains interceptèrent un câble diplomatique codé que Tokyo avait envoyé à son ambassadeur à Washington, Kichisaburō Nomura. Depuis plusieurs mois, les Américains avaient en parti réussi à casser les codes de cryptages japonais et parvenaient à déchiffrer partiellement les messages confidentiels nippons. Les services de renseignements américains parvinrent à décrypter 13 des 14 points de ce télégramme qui annonçait à Nomura la rupture des négociations entre Tokyo et Washington et lui demandait de détruire les appareils de cryptages et les documents confidentiels de l’ambassade. Malheureusement, les Américains ne réussirent pas à décrypter le 14e et dernier point du télégramme qui demandait à l’ambassadeur Nomura de remettre le lendemain la déclaration de guerre de son pays aux Américains.

L’attaque de Pearl Harbor se déroula le dimanche 7 décembre 1941, les Japonais commencèrent par envoyer plusieurs sous-marins de poche en reconnaissance. A 6h30 du matin, l’un de ces sous-marins fut repéré et coulé par le destroyer américain Ward. Malgré la gravité de cet évènement, aucune alerte générale ne fut lancée et l’incident fut classé. Les reconnaissances menées par les Japonais leurs permirent d’établir la liste des bâtiments présents : environ 90 navires étaient au mouillage, dont 8 cuirassés, 9 croiseurs, 29 destroyers, 6 sous-marins, 6 transports d’hydravions et une trentaine de navires auxiliaires.  Seule déception pour les Japonais, les 3 porte-avions américains qui stationnaient habituellement à Pearl Harbor étaient absents ce jour là, leur attaque allait donc se concentrer principalement sur les cuirassés de la Navy.

A 6h30 du matin, les 183 avions japonais qui composaient la 1ere vague d’attaque décolèrent de leurs 6 porte-avions et mirent le cap sur Oahu. Peu après 7h00, la formation japonaise fut repérée par les radars de Pearl Harbor, mais aucune alerte ne fut lancée. En effet, une escadrille de 6 bombardiers américains B-17 devait rejoindre Hawaï dans la matinée et les opérateurs américains prirent les avions japonais pour leurs appareils. A 7h53, l’attaque japonaise débuta, la surprise fut totale pour les Américains. Les Japonais commencèrent par attaquer les aéroports situés aux alentours de Pearl Harbor. Les pilotes nippons mitraillèrent les avions américains qui étaient alignés les uns à côté des autres sans protections particulières, détruisant la quasi-totalité des moyens aériens américains. A 7h55, les Japonais débutèrent l’attaque de la rade et des bâtiments américains qui y stationnaient. Les avions japonais fondirent sur les navires américains, larguant leurs bombes et leurs torpilles. Une fois encore, la surprise fut totale pour les Américains, de nombreux marins étaient encore endormis au début de l’attaque et beaucoup pensèrent qu’il s’agissait d’un exercice avant de voir les premières explosions et de prendre conscience de la gravité de la situation. Dix minutes après le début de l’attaque, une bombe japonaise frappa le cuirassé « Arizona » au niveau de sa réserve de munitions et le navire américain explosa et disparut au milieu d’une immense boule de feu, 1177 marins moururent au moment de l’explosion. Conformément à leur plan, les Japonais concentrèrent leurs attaques sur les plus puissants bâtiments américains c’est-à-dire les 8 cuirassés qui mouillaient à Pearl Habor.

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Photographie des 7 cuirassés américains touchés lors de l’attaque. Le bâtiment retourné à gauche est « l’Oklahoma », celui qui s’enfonce à droite est « l’Arizona »

Le cuirassé « West Virgina » reçu 7 torpilles et 2 bombes et coula dans la rade, le cuirassé « Oklahoma » fut touché par 5 torpilles et chavira, le « California » fut atteint par 2 torpilles et plusieurs bombes et coula, le cuirassé « Nevada » parvint à lever l’ancre et tenta de gagner le large, les Japonais s’acharnèrent sur lui et il reçu 1 torpille et 5 bombes, il s’échoua sur le rivage pour éviter de couler. La première vague d’attaque japonaise avait totalement pris par surprise les Américains qui n’avaient réussi à opposer qu’une faible résistance (seuls 9 avions japonais avaient été abattus lors de la première vague d’assaut).

La seconde vague japonaise forte de 167 appareils arriva sur Pearl Habor vers 9h00 du matin, les escadrilles nippones ciblèrent les navires américains encore intacts et attaquèrent à nouveau les aérodromes. De nombreux navires américains furent touchés lors de la seconde vague, le destroyer « Shaw » fut frappé par plusieurs bombes et explosa. Pourtant la résistance américaine s’était fortement accrue. L’effet de surprise étant passé, la défense anti-aérienne américaine avait eu le temps de réagir et ripostait aux attaques nippones. Par ailleurs, plusieurs appareils américains réussirent à décoller et abattirent des avions japonais. Les pertes japonaises furent plus sévères et 20 appareils furent perdus lors de la seconde vague d’assaut. L’attaque sur Pearl Harbor se termina vers 10h du matin, les appareils japonais regagnèrent leurs porte-avions sans être poursuivis par les Américains.

Satisfait des résultats de l’attaque, l’amiral Yamamoto n’estima pas nécessaire de lancer une 3e vague d’assaut contre Pearl Harbor jugeant que les dégâts infligés à la flotte du Pacifique étaient suffisamment important. En outre, les pertes plus sévères lors de la seconde vague d’attaque dissuadèrent Yamamoto de risquer de nouveaux appareils dans un nouvel assaut. La flotte japonaise s’éloigna d’Hawaï et fit route vers le Japon.

Une victoire, mais une victoire incomplète

Pour Yamamoto et les Japonais, Pearl Harbor représentait indéniablement une victoire, le Japon avait réussi à mener une attaque des plus audacieuse à plus de 6000km de ses côtes en prenant par surprise les Américains. Les pertes nippones furent des plus limitées, 64 Japonais furent tués, 29 appareils sur les 350 qui furent engagés furent abattus et 5 sous-marins de poches furent coulés. A noter qu’un sous-marinier japonais fut capturé (Kazuo Sakamaki), devenant ainsi le 1er prisonnier de guerre japonais de la 2e guerre mondiale.

Côté américain, les pertes étaient beaucoup plus sévères, environ 2400 marins et soldats perdirent la vie lors de l’attaque (les sources fluctuent sur le bilan exact, 2390 pour certains, 2403 pour d’autres) dont la moitié (1177) lors de l’explosion du cuirassé « Arizona ». En outre, 188 appareils américains furent détruits et une centaine d’autres endommagés. Enfin, la flotte du Pacifique avait été sévèrement touchée, 21 navires américains avaient été endommagés à des degrés divers. Sur les 8 cuirassés, tous avaient été touchés, l’un avait explosé (« l’Arizona »), l’un avait chaviré (« l’Oklahoma »), deux avaient coulé (« West Virginia » et « California »), l’un était échoué (« Nevada »), les 3 derniers étaient plus faiblement endommagés. Par ailleurs, 3 croiseurs avaient été touchés lors de l’attaque (dont 2 grièvement) ainsi que 4 destroyers (3 grièvement).  Un porte-hydravions fut également endommagé ainsi que 5 navires auxiliaires.

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Les carcasses des destroyers « Cassin » et « Downes » après l’attaque.

Pourtant, malgré ce bilan impressionnant, Pearl Harbor était loin d’être une victoire décisive et totale pour les Japonais. Tout d’abord, « seulement » 21 des navires présents avaient été touchés (même si il s’agissait là des meilleurs unités présentes). En outre, la plupart des bâtiments qui avaient été endommagés ou coulés furent réparés ou renfloués et participèrent par la suite à la guerre dans le Pacifique. Le renflouage des navires coulés fut facilité par la faible profondeur (10 à 15 mètres) du port de Pearl Harbor. Au final, seuls 3 bâtiments furent définitivement perdus par les Américains : le cuirassés « Arizona » qui avait explosé, le cuirassé « Oklahoma » qui avait chaviré et l’ « Utah » (un bateau qui servait de cible d’entrainement et  qui avait peu de valeur militaire). En outre, on peut souligner que les bâtiments touchés à Pearl Harbor n’étaient pas des navires de première jeunesse, ainsi l’âge moyen des 8 cuirassés était de 22 ans. Par ailleurs, aucun des 3 porte-avions américains qui stationnaient habituellement à Pearl Harbor n’était présent le jour de l’attaque ce qui permit de sauvegarder ces navires stratégiques.  Ces bâtiments jouèrent un rôle majeur quelques mois plus tard lors des victoires américaines de la mer de Corail (mai 1942) et de Midway (juin 1942). Enfin, le point le plus important fut que malgré le bombardement, la base de Pearl Harbor était toujours opérationnelle après l’attaque. Les Japonais concentrèrent leurs efforts contre les navires mais épargnèrent les infrastructures. Ainsi, les quais du port, les ateliers de réparation, les cales sèches (qui furent utilisées pour remettre en état les navires endommagés) étaient toujours intacts ! De même, autre erreur majeure des Japonais, les dépôts de carburants de Pearl Harbor où étaient stockés 23 millions de litres de mazout ne furent pas bombardés. La destruction de ces précieuses ressources aurait permit aux Japonais d’immobiliser définitivement la flotte américaine du Pacifique. Il a beaucoup été reproché à Yamamoto de ne pas avoir lancé une 3e vague d’attaque pour détruire les infrastructures portuaires et mettre définitivement Pearl Harbor hors de combat.

Les autres attaques japonaises

Si Pearl Harbor est généralement vu comme l’évènement marquant du 7 décembre 1941 et de l’entrée en guerre du Japon, ce ne fut pas la seule opération japonaise ce jour là. En effet, Pearl Harbor s’inscrivait dans un plan beaucoup plus large d’attaque de toutes les positions militaires américaines (et plus généralement occidentales) dans le Pacifique. En vu d’obtenir une victoire éclaire, les Japonais menèrent plusieurs autres attaques simultanément au bombardement de Pearl Harbor. Ainsi, au moment même où Hawaï était attaqué, les Japonais envahirent l’atoll américain de Wake (qui était défendu par 450 hommes) ainsi que l’île de Guam. Le même jour, les forces japonaises débutèrent l’invasion des Philippines qui étaient alors une possession américaine et bombardèrent les installations militaires de l’île de Midway. Mais les Américains ne furent pas les seuls frappés le 7 décembre 1941, en effet, le jour même, les Japonais commencèrent leur invasion de la Malaisie britannique et débutèrent le siège de Hong Kong (alors territoire britannique également), les 15 000 hommes de la garnison anglo-canadienne de la ville capitulèrent 2 semaines plus tard, le 25 décembre. Si Pearl Harbor représentait bien le coup d’envoi de l’entrée en guerre du Japon contre les Etats-Unis, elle n’était qu’une partie de la vaste offensive nippone dans le Pacifique du 7 décembre 1941.

Roosevelt était-il au courant de l’attaque de Pearl Harbor ?

C’est une théorie toujours répandue 70 ans après Pearl Harbor : Roosevelt savait que les Japonais allaient attaquer Hawaï et les Américains souhaitaient cette attaque afin d’obtenir un prétexte pour entrer en guerre. Plusieurs éléments ont été avancé pour soutenir cette thèse : tout d’abord, de nombreux avertissements furent envoyés pour prévenir de la possibilité d’une attaque contre Pearl Harbor. Ainsi, le 5 février 1941 soit dix mois avant l’attaque, le Secrétaire Knox envoya une lettre à l’amiral Kimmel (qui commandait la base de Pearl Harbor) « si la guerre avec le Japon finit par survenir, les hostilités devraient commencer par une attaque surprise sur Pearl Harbor ». De même, les américains avaient connaissance du fait que la flotte nippone avait quitté le Japon et le fait qu’ils avaient réussi à casser une partie des codes de cryptages japonais leur permettait de se tenir informés des intentions nippones. Par ailleurs, l’absence des 3 porte-avions américains le jour de l’attaque alimenta les théories complotistes d’autant que le porte-avions « Enterprise » quitta Pearl Harbor 4 jours avant l’attaque (le 3 décembre) et le « Lexington » leva l’ancre 2 jours avant, le 5 décembre. Faut-il pour autant y voir les preuves d’un complot du gouvernement américain ? Non ! Certes les Américains savaient que les Japonais avaient des intentions hostiles contre eux et qu’une opération d’ampleur se préparait, mais les Américains ignoraient le lieu et le moment où l’attaque japonaise débuterait. Pearl Harbor était bien identifié par les Américains comme une des cibles que les Japonais pourraient frapper, mais elle n’était qu’une cible parmi d’autres. En effet, d’autres positions américaines dans le Pacifique étaient biens plus menacées par une éventuelle attaque japonaise, l’état major américain estimait beaucoup plus probable une attaque contre les Philippines ou les îles Marshall. La distance qui séparait Pearl Harbor du Japon (6500km) semblait mettre la base à l’abri d’une attaque. Les stratèges américains estimaient qu’une telle opération était bien trop audacieuse et risquée, la flotte ennemie serait forcément repérée avant. Au final, la défaite de Pearl Harbor est davantage imputable à l’accumulation des erreurs américaines. Les Américains trop confiants avaient sous estimé la menace nippone mais ils n’avaient pas réagit aux nombreuses alertes et indices qui laissaient supposer à l’imminence d’une attaque des Japonais.

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L’épave du cuirassé « Arizona » est toujours présente à Pearl Harbor, les corps des 1177 marins qui ont perdu la vie le 7 décembre 1941 reposent toujours dans l’épave.

Ils ont fait l’Histoire ce jour là

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Doris Miller s’était engagé à 19 ans dans la marine américaine en 1939. Il était cuisinier sur le cuirassé « West Virginia » le jour de l’attaque de Pearl Harbor. Il porta secours au commandant de son navire, le capitaine Mervyn Bennion (voir portrait suivant) qui était mortellement blessé. Il prit ensuite le commandement d’une mitrailleuse anti-aérienne et toucha plusieurs appareils japonais (alors qu’il il n’avait jamais été formé à tiré avec une arme) pendant que son navire coulait (cette scène est reproduite dans le film « Pearl Harbor » de Michael Bay). Il fut décoré de la Navy Cross et de la Purple Art en récompense de son courage. Il perdit la vie le 24 novembre 1943 au large des îles Gilbert lors du torpillage du porte-avions « Liscome Bay » par un sous-marin japonais. Il avait 24 ans.

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Le capitaine Mervyn Bennion était le commandant du cuirassé « West Virginia ». Grièvement blessé au début de l’attaque par une bombe qui l’éventra, il refusa de quitter son poste alors qu’il se vidait de son sang et continua de diriger ses hommes et d’assurer son commandement jusqu’à sa mort. Il fut décoré de la Medal of Honor à titre posthume.

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Le commandant Mitsuo Fuchida dirigeait la 1ere vague d’avions japonais qui attaquèrent Pearl Harbor. Né en 1902, il rentra dans l’armée en 1921. Après la bataille il fit lui-même un récit de l’attaque de Pearl  Harbor devant l’empereur Hiro Hito. Il survécut à la guerre et devint protestant évangélique (il vécut plusieurs année aux Etats-Unis après la fin du conflit) puis ministre du Culte du Japon. Il mourut en 1976.

 

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