La campagne d’Égypte (1798-1801)

Ce soir, Thibaut nous fait voyager dans le temps et dans l’espace et nous emmène en Égypte. Un article très riche et on ne peut plus intéressant qui revient avec précision sur la campagne Napoléonienne dans ce pays. Un grand merci à lui, et bonne lecture !

Quand Bonaparte partait à la conquête de la terre des pharaons

« Il faut aller en Orient, toutes les grandes gloires viennent de là » déclarait Napoléon en 1798. En partant à la conquête de l’Egypte, le jeune général Bonaparte s’inscrivait dans les pas D’Alexandre le Grand et Jules César qui, plusieurs siècles avant lui, s’étaient déjà lancés à l’assaut de la mythique terre des pharaons. Mais que faisait Bonaparte en Egypte en 1798 ? Pourquoi le Directoire français avait-il décidé de se lancer à la conquête de l’Orient ? Quel fut le bilan de cette expédition et des trois années de présence française dans le pays ? C’est pour répondre à ces questions et à tant d’autres que nous vous proposons de découvrir cet article sur la campagne d’Égypte de Bonaparte, une expédition qui bouleversa l’histoire de la France et celle de l’Égypte.

Jean-Leon Gerome-875556
Œdipe, peinture de Jean Léon Gérôme 1863

Un seul objectif : couper aux britanniques la route des Indes

En 1798, la France sort à peine des troubles de la Révolution et de la Terreur. Pourtant, sur le continent européen, les armées françaises sont partout victorieuses. L’année précédente, la Première Coalition principalement menée par l’Autriche, la Prusse et la Russie a reconnu sa défaite et signé la paix avec la jeune nation française. Un seul État continue la guerre et refuse de s’avouer vaincu : la Grande-Bretagne. Pour venir à bout de cet ultime adversaire, le Directoire envisage dans un premier temps l’invasion des îles britanniques. Néanmoins, devant la complexité du projet, le gouvernement français préfère un plan alternatif : abattre l’Angleterre en menaçant l’Inde, berceau de son empire colonial. Pour ce faire, le Directoire décide d’envoyer un corps expéditionnaire de 36.000 hommes en Égypte, qui à partir de ce territoire, pourra marcher sur l’Inde et mettre fin à la domination coloniale britannique. À la tête de cette armée est nommé celui qui en 1798 n’est encore que général de la Révolution : Napoléon Bonaparte. Âgé seulement de 28 ans, Bonaparte n’en est pas moins l’un des plus prestigieux officier de l’armée française, ses nombreuses victoires en Italie les deux années précédentes lui ont permis d’acquérir une gloire et une popularité immense et le Directoire n’est pas mécontent d’éloigner de la France ce général ambitieux qu’elle soupçonne déjà de vouloir prendre le pouvoir (l’avenir lui donnera effectivement raison…). Cette armée sera accompagnée de 167 savants qui donneront un caractère scientifique à cette expédition. Ces ingénieurs, mathématiciens, biologistes, archéologues… seront chargés de redécouvrir l’ancienne civilisation des Pharaons et mettre en valeur le pays.

Mais à quoi ressemble en 1798 cette Égypte que la France révolutionnaire veut conquérir ? L’Égypte à cette époque est peuplée de 3 millions d’habitants et constitue théoriquement une province de l’Empire Ottoman. En réalité, l’Égypte échappe au contrôle de Constantinople et est totalement autonome. Le pays est alors dirigé par les Mamelouks, un ordre guerrier constitué d’esclaves affranchis souvent issus du Caucase ou des Balkans et qui étaient au service de l’Empire Ottoman.

Une traversée de la Méditerranée périlleuse

Les 36.000 soldats de l’armée française partent de Toulon le 19 mai 1798 sur une flotte de 300 navires de transports escortée par 13 navires de guerre et mettent le cap sur l’Égypte. Toutefois, la traversée de la Méditerranée s’avère extrêmement dangereuse pour les Français. En effet, la flotte britannique de l’amiral Nelson (le futur vainqueur de la bataille de Trafalgar) croise en Méditerranée et compte bien détruire la flotte française avant qu’elle n’atteigne son objectif. Le 12 juin, Bonaparte s’empare de l’île de Malte et la flotte française atteint Alexandrie le 1er juillet, sans avoir (par miracle) croisé la flotte anglaise. Pourtant le danger est bien réel, deux jours avant l’arrivée des Français à Alexandrie, la flotte anglaise avait jetée l’ancre devant la ville. Déçu de ne pas y trouver Bonaparte, Nelson (qui ignore la destination réelle de l’expédition française) a alors levé l’ancre en direction de la Syrie, toujours à la recherche des Français.

Bonaparte prisonnier de sa conquête

L’armée française atteint donc l’Égypte le 1er juillet après un mois et demi de traversée et débarque à Alexandrie. La ville qui fut fondée il y a près de 2000 ans par Alexandre le Grand ne ressemble alors plus à la prestigieuse cité qu’elle était autrefois. En effet, en 1798, Alexandrie compte à peine 6.000 habitants, c’est une cité pauvre, bien loin de sa grandeur passée. La ville est prise facilement par Bonaparte en moins d’une journée (moins de 100 soldats sont tués lors de l’assaut). Immédiatement après la prise d’Alexandrie, Bonaparte et ses hommes se mettent en route vers Le Caire. La traversée du désert égyptien se révèle être une terrible épreuve pour l’armée française, les hommes ne sont pas habitués au climat oriental, ils souffrent de la chaleur et du manque d’eau (certains soldats sombrent dans la folie, d’autres n’hésitent pas à se suicider). Pourtant, le 21 juillet, Bonaparte et son armée arrivent en vue du Caire. Toutefois, avant d’entrer dans la légendaire capitale de l’Égypte, une dernière épreuve attend l’armée française. En effet, les Mamelouks ont rassemblé une armée de 40 000 hommes dirigée par Mourad Bey et Ibrahim Bey, deux chefs de guerre bien décidés à écraser l’armée française et à rejeter Bonaparte hors d’Égypte. La bataille se déroule aux pieds des pyramides de Gizeh ; juste avant le début des combats, Napoléon aurait désigné les trois pyramides à ses troupes en leur proclamant « soldats, songez que du  haut de ces pyramides, quarante siècles vous contemplent ».

Baron_Antoine-Jean_Gros-Battle_Pyramids_1810
La bataille des Pyramides de Antoine-Jean Gros. Le 21 juillet, Bonaparte bat les mamelouks aux pieds des pyramides de Gizeh, en quelques semaines il a pris Le Caire et conquis le delta.

La bataille dure toute la journée et s’achève par une immense victoire pour Bonaparte, l’armée mamelouk est écrasée et mise en déroute (les Français comptent à peine 29 tués et 260 blessés, contre plusieurs milliers côté mamelouk). La fortune semble alors sourire à Bonaparte, en moins d’un mois, il a conquis l’Égypte et ses principales villes (Alexandrie, Le Caire, Rosette) avec des pertes minimes, son rêve oriental semble se réaliser. Pourtant, un évènement imprévu va renverser la situation et bouleverser ses projets.

 

Le 1er août, une semaine après la victoire des Pyramides et l’entrée de Bonaparte au Caire, la flotte française est détruite par les Anglais. Après le débarquement de l’armée, la flotte française est allée mouiller dans la baie d’Aboukir, à quelques kilomètres d’Alexandrie mais elle est découverte le 1er août par la flotte anglaise de l’amiral Nelson. La bataille qui s’engage tourne au désastre pour les Français, sur les 13 navires que comptait la flotte, 11 sont coulés ou pris par les Anglais (qui eux ne perdent aucun bâtiment) et les pertes sont terribles, 1700 tués côté français, autant de blessés et 3000 marins sont fait prisonniers (les pertes britanniques sont bien plus limitées ; 200 marins sont tués et 600 blessés, dont Nelson). Les conséquences de la bataille d’Aboukir sont désastreuses pour Bonaparte : privé de sa flotte, il se retrouve bloqué en Égypte avec son armée dans l’impossibilité de rentrer en France, de recevoir des renforts ou du ravitaillement. Les Anglais, quant eux, contrôlent désormais totalement la Méditerranée et l’Égypte est soumise à un blocus, aucun navire français ne peut plus entrer en Égypte ou quitter le pays. L’armée française se retrouve donc totalement isolée en Orient,  livrée à elle même et dans l’impossibilité de recevoir le moindre secours.

The_Battle_of_the_Nile
La bataille d’Aboukir, peinture de George Arnald. Le 1er août 1798, la flotte française est coulée par les Anglais : Bonaparte et son armée sont bloqués en Egypte.

La situation de Bonaparte s’aggrave encore deux mois plus tard lorsque la population du Caire se révolte. En effet, les Égyptiens n’acceptent pas l’occupation de leur pays par les Français et le 21 octobre 1798, une terrible insurrection se déclenche dans la capitale ; 300 Français sont tués dans les combats mais la révolte est sévèrement réprimée.

Quatre mois après son arrivée en Égypte, la situation de Bonaparte est des plus précaires. Certes il a réussi la conquête du pays mais son armée est désormais bloquée en Orient, soumise au blocus de la flotte anglaise et confrontée à une population égyptienne qui lui est hostile. Et la situation s’aggrave encore lorsque Bonaparte apprend qu’une importante armée ottomane se rassemble en Syrie pour chasser les Français d’Égypte.

La politique orientale de Bonaparte

Une fois installé en Egypte, Bonaparte entreprend de moderniser et d’occidentaliser le pays. Il impose de nouvelles normes d’hygiènes et sanitaires, lance une réforme de la fiscalité et de l’économie égyptienne ainsi qu’un projet de modernisation du réseau d’irrigation de l’Egypte. Par ailleurs, les Français introduisent en Egypte de nombreuses nouveautés et inventions européennes : moulins à vent, dirigeables, imprimerie (la 1ère imprimerie fut introduite en Afrique lors de l’expédition de 1798).

En outre, soucieux de s’attirer la sympathie de la population égyptienne, Bonaparte va s’appuyer sur la religion en se présentant comme le défenseur de l’Islam. Ainsi, le lendemain du débarquement français à Alexandrie, le 2 juillet 1798, Bonaparte déclare dans une proclamation au peuple égyptien « Peuple de l’Egypte, on vous a dit que je ne suis venu ici que pour détruire votre religion; cela est mensonge; ne le croyez pas; dites à ces diffamateurs que je ne suis venu chez vous que pour arracher vos droits des mains des tyrans et vous les restituer, et que, plus que les mamelouks, j’adore Dieu et respecte Son Prophète et le Coran ». Bonaparte, qui se fait appeler le « sultan El Kebir » et n’hésite pas à se présenter comme le descendant du Prophète, va multiplier les gestes et symboles à destination des égyptiens. Ainsi, il accorde une attention particulière au respect des fêtes religieuses comme le Ramadan ou le Malwid (auxquels il participe lui-même) et veille à la protection des caravanes de pèlerins qui se rendent à La Mecque. Bonaparte évoquera même devant les principaux chefs religieux égyptiens la possibilité de se convertir à l’Islam. Cette promesse de Napoléon ne se concrétisera jamais et les cas de conversions dans l’armée française seront limités (la plus notable sera celle du général Menou suite à son mariage avec une égyptienne et qui prendra le nom de « d’Abdallah-Jacques Menou »). Par ailleurs, Bonaparte veille à s’attirer les faveurs des notables égyptiens (cheiks, oulémas…) en les associant à son administration en les réunissant au sein d’un Diwan.

Parallèlement à la politique orientale et religieuse de Bonaparte, les savants français multiplie les recherches et découvertes archéologiques. Ainsi, les savants de l’expédition redécouvrent l’ancien canal des pharaons qui reliait autrefois la Méditerranée à la mer Rouge. Les scientifiques multiplient également les découvertes archéologiques en visitant les temples et tombeaux de l’Egypte antique. La plus célèbre trouvaille de l’expédition est la découverte de la « Pierre de Rosette » qui permettra à Champollion de percer le mystère des hiéroglyphes en 1822.

L’échec de la campagne de Syrie : la peste frappe l’armée française

Devant la menace qui plane sur l’Égypte, Bonaparte décide d’entrer en Syrie en février 1799 à la tête de 13.000 hommes pour vaincre l’armée ottomane qui s’y rassemble. La campagne de Syrie commence bien pour les Français, les villes de El Arish, Gaza et Jaffa sont facilement conquises (à Jaffa, les troupes françaises se livrent à un massacre en exécutant les 3.000 hommes de la garnison qui s’étaient rendus) et le 16 avril 1799, l’armée ottomane de 25.000 hommes est battue par Bonaparte lors de la bataille du Mont Thabor.

Toutefois, la fortune change de camp et les Français échoue à prendre la ville de Saint Jean d’Acre. Pendant plusieurs semaines, la garnison ottomane de la ville commandée par Djezzar Pacha (surnommé Djezzar le boucher en raison de sa cruauté), appuyée par la flotte anglaise, résiste au siège de l’armée de Bonaparte. Les assauts français se succèdent en vain et les pertes sont lourdes. De plus, un nouveau danger menace Bonaparte : la peste frappe l’armée française et fait des ravages dans les rangs des soldats. Finalement, après deux mois d’efforts, l’armée française lève le siège de Saint Jean d’Acre et se replie en Égypte. Les pertes françaises de la campagne de Syrie sont sévères, plus 2.000 hommes sont morts dont plus d’un millier à cause de la peste (lors de sa retraite, Bonaparte n’a pas hésité à faire empoisonner avec de l’opium des soldats atteint par la peste et intransportables).

Antoine-Jean_Gros_-_Bonaparte_visitant_les_pestiférés_de_Jaffa
Bonaparte visitant les pestiférés de Jaffa de Antoine Jean Gros. La peste qui touche l’armée française lors de la campagne de Syrie fera des ravages et restera un fléau jusqu’a la fin de l’expédition.

Le retour de Bonaparte en France

Le 14 juin, Bonaparte est de retour au Caire  mais son armée se retrouve fortement affaiblie après l’échec de la campagne de Syrie. Et pourtant, un nouveau danger menace les Français ;  une nouvelle armée ottomane de 18.000 hommes a débarqué près d’Alexandrie, à Aboukir (à l’endroit même où un an plus tôt les Anglais avaient coulé la flotte française). Bonaparte se porte à la rencontre de l’armée ottomane qu’il écrase le 25 juillet 1799 lors de la bataille d Aboukir (les pertes françaises sont légères, à peine 200 tués). Malgré cette victoire, Napoléon sait qu’à terme, la perte de l’Egypte est inévitable pour les Français. Son armée est isolée en Orient et dans l’impossibilité de recevoir le moindre secours. De plus, les nouvelles qui lui viennent d’Europe sont alarmantes, la guerre a repris et la France est menacée après une série de défaites en Italie et sur le Rhin. Face à cette situation, Bonaparte décide de quitter l’Egypte pour rentrer en France en abandonnant son armée. Il embarque à Alexandrie le 22 août dans le plus grand secret et atteint le France le 9 octobre après 47 jours de navigation en ayant miraculeusement échappé aux navires Anglais qui patrouillent en Méditerranée. Ainsi prend fin l’aventure orientale de Bonaparte qui sera resté un peu plus d’un an en Egypte.

La fin de l’Égypte française

Si Bonaparte est rentré en France, son armée elle est toujours en Egypte et y restera encore deux ans jusqu’en 1801. Le successeur de Bonaparte à la tête de l’armée française est le général Kléber, un alsacien de 47 ans très populaire chez les soldats. La tâche du nouveau commandant en chef est des plus difficiles, l’armée française est très affaiblie, la peste continue de faire des ravages dans les rangs des soldats et les troupes supportent de moins en moins l’éloignement de la France. Plusieurs unités à Alexandrie, Damiette et El Arish n’hésitent pas à se mutiner et à réclamer leur retour en France. De plus, les caisses de l’armée sont désespérément vides et les soldes ne sont plus payées depuis des mois (la question financière fut un problème récurrent pour les Français durant toute l’expédition d’Egypte). Au printemps 1800, une nouvelle armée ottomane de  50.000 hommes envahit l’Egypte et marche sur Le Caire. A la tête de seulement 12.000 hommes, Kléber parvient à battre les ottomans lors de la bataille d’Héliopolis le 20 mars 1800, sauvant ainsi la conquête française. Pourtant, trois mois plus tard, le 14 juin 1800, Kléber est assassiné par un étudiant syrien nommé Soleyman al-Halabi qui le poignarde au Caire. Ce dernier sera condamné à mort par empalement et exécuté trois jours plus tard.

Le successeur de Kléber est le général Jacques Menou (qui porte le nom d’Abdallah-Jacques Menou depuis sa conversion à l’Islam) qui va se révéler être un piètre administrateur et commandant en chef. Les Anglais qui souhaitent se débarrasser une bonne fois pour toute de la présence française en Egypte décident d’envoyer eux-même un corps expéditionnaire. Les troupes britanniques débarquent le 8 mars 1801 sur la côte égyptienne et battent Menou (qui n’a pas les talents militaires de Bonaparte ou Kléber) le 21 mars 1801 lors de la bataille de Canope. Cette défaite sonne la fin de la présence française en Egypte, Le Caire se rend le 27 juin et le général Menou capitule le 2 septembre 1801 avec les débris de l’armée d’Orient. Les Français obtiennent néanmoins une capitulation honorable, les soldats français étant ramenés en France avec armes et baguages par les navires britanniques. Toutefois, les savants français doivent remettre aux Anglais les objets et antiquités qu’ils ont trouvé en Egypte (ce qui permet aux britanniques de récupérer la fameuse Pierre de Rosette, toujours visible au British Museum de Londres aujourd’hui).

pierre-de-rosette
La légendaire Pierre de Rosette découverte en 1799. Contenant le même texte écrit en 3 langues (grec, hiéroglyphes et démotique), elle permit pour la 1ère fois de déchiffrer les hiéroglyphes.

3 années de campagne, mais pour quel résultat ?

Quel bilan peut-on dresser au final de la campagne d’Égypte ? Tout d’abord, sur le plan militaire, l’échec est total. Sur les 36.000 soldats que comptait l’armée d’Orient, 13.500 sont morts en Égypte et Syrie (en réalité, plus de la moitié sont morts de maladies, principalement de la peste, les autres sont morts au combat). Durant trois ans, la France a été privée d’une partie de ses meilleures troupes qui furent bloquées en Orient, loin des champs de batailles européens où elles firent cruellement défaut. Autre conséquence désastreuse, la marine française sort considérablement affaiblie de l’aventure égyptienne suite à la défaite d’Aboukir du 1er août 1798 où 11 des 13 bâtiments français furent coulés ou capturés. La France perdit la plus puissante flotte qu’elle possédait et fut privée de ses capacités militaires en Méditerranée pour plusieurs années.

Sur le plan diplomatique également, le bilan est négatif. En envahissant l’Égypte, la France a perdu un de ses plus ancien allié en Méditerranée. En effet, depuis les « Capitulations de 1536 » signées par François Ier et Soliman le Magnifique, la France et l’Empire Ottoman étaient liés par une alliance politique, militaire et commerciale  L’invasion de l’Égypte met fin à plus de deux siècles d’alliance entre la France et l’Empire Ottoman, renforçant un peu plus l’isolement de la France sur la scène diplomatique européenne.

Au final, le principal gagnant de l’expédition d’Egypte est Bonaparte lui-même. La campagne d’Egypte lui permet de renforcer considérablement son prestige auprès de l’opinion publique française tout en le tenant à l’écart des intrigues politiques qui secouent la France durant cette période. À son retour en France en octobre 1799, le peuple accueil Bonaparte comme un héros et comme le conquérant de l’Orient. Ses nombreuses victoires (et sa propagande efficace) on eu un immense écho en France et lui ont permis de renforcer son image de « sauveur de la nation ». En effet, les difficultés s’accumulent pour le Directoire, la reprise de la guerre en Europe contre la France a conduit à une succession de défaites qui mine un peu plus l’autorité et la popularité du gouvernement français. Un mois après son retour en France, Bonaparte organise son coup d’Etat du 18 brumaire (9 novembre 1799) et s’empare du pouvoir en devenant Premier Consul.

Conclusion

Le principal succès de la campagne d’Egypte reste son bilan scientifique. Sur les 167 savants de l’expédition, une vingtaine sont morts en Egypte. Mais leur bilan est considérable et l’expédition d’Egypte marque la naissance d’une nouvelle discipline ;  l’égyptologie. En étudiant le pays pendant trois années, les savants ont réuni une somme de connaissances considérables qui seront réunies au sein d’une œuvre gigantesque, La description de l’Egypte qui comptera 23 tomes. En Egypte, les scientifiques français fondèrent également l’Institut D’Egypte, une académie chargée de d’accumuler les connaissances sur l’Egypte et son histoire (l’Institut d’Egypte existe encore aujourd’hui). La plus fameuse découverte reste toutefois la fameuse « Pierre de Rosette » trouvée en 1799 par les Français, elle fut cédée aux Anglais en 1801 lors de la capitulation de l’expédition, mais ironie de l’histoire, elle fut déchiffrée en 1822 par le Français Champollion qui perça le mystère des hiéroglyphes.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s