La journée mondiale pour le droit à l’avortement.

« Je voudrais tout d’abord vous faire partager une conviction de femme – je m’excuse de le faire devant cette Assemblée presque exclusivement composée d’hommes : aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l’avortement. Il suffit d’écouter les femmes. C’est toujours un drame et cela restera toujours un drame. » Simone Veil, 26 novembre 1974

Sommaire

  1. INTRODUCTION
  2. QU’EST CE QUE L’IVG ?
  3. QU’EST CE QUE CETTE JOURNÉE ?
  4. ÉTAT DES LIEUX : L’IVG DANS LE MONDE.
  5. L’EFFET PERVERS : LA THÉORIE À L’ÉPREUVE DE LA RÉALITÉ.
  6. UNE LUTTE ISOLÉE ?

Introduction.

Après un beau travail d’Anna Demoz et Matthieu Desmoulins l’an passé, le Cheveu sur la Langue reprend du service pour cet exercice 2017-2018.

Avec à sa tête une nouvelle équipe surmotivée, le journal de Sciences Po entend bien poursuivre sur cette lancée.

Notre projet ? Une ligne éditoriale plurielle et hybride, constituée d’un flux numérique continu et d’une parution papier trimestrielle.

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Notre nouvelle équipe de rédaction, composée d’étudiant.e.s éparpillé.e.s entre la 1A et le M2, se divise en 5 pôles majeurs afin de vous éclairer au mieux sur des sujets divers et variés : politique, international, sport, culture et lifestyle.

Après une première publication physique, pensée pour les néo-grenoblois.e.s, le Cheveu tenait à inaugurer rapidement son feed online afin de vous proposer du contenu frais, régulier et intéressant.

Pour ce coup d’envoi, le bureau du Cheveu avait à coeur de mettre à profit le 28 septembre, journée mondiale pour le droit à l’avortement, pour revenir en détail sur le sens de cet évènement.

Qu’est-ce que l’avortement ? Est-il légal et pratiqué uniformément dans le monde ? La lutte pour son accession est-elle isolée ? Autant de questions auxquelles nous vous apportons ci-dessous des éléments de réponses… en attendant vos réactions, vos conseils, vos remarques et vos contributions ! Bonne lecture à toutes et tous !

2. Qu’est ce que l’IVG ?

“IVG”. Un terme qui résonne de manière claire dans la tête de chacun.e à la prononciation de ces trois lettres. Pourtant, la notion demeure dans le détail un acte assez flou, victime d’un manque d’information certain au coeur du paysage médiatique français. Campagnes et manifestations nationales abondent pour transmettre le savoir nécessaire sur l’Interruption Volontaire de Grossesse. Retour sur un vocabulaire utilisé voire récupéré par tous mais pas toujours compris par le commun des mortels.

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Questionnement universel, le terme “Interruption volontaire de Grossesse” ne possède cependant pas la même signification selon les pays où il est appliqué. En France, l’IVG endosse la définition d’un avortement provoqué, c’est-à-dire l’interruption avant son terme du processus de gestation, décidé pour des raisons non médicales, mais néanmoins élaboré dans un cadre légal strict (Loi Veil du 17 Janvier 1975, Loi Pelletier du 31 décembre 1979, Loi du 4 Juillet 2001). Au contraire, lorsque cet acte est motivé par des raisons médicales, on le désigne plutôt comme une interruption thérapeutique de grossesse (ITG) ou encore une interruption médicale de grossesse (IMG). Ces circonstances sont plurielles, et en voici un échantillon non exhaustif : dangerosité de la poursuite de la grossesse, embryon atteint de malformations ou de maladie grave et incurable au moment du diagnostic.

Dans ce processus délicat, la femme dont la grossesse est non-désirée demeure seule souveraine quant à la décision finale. Les raisons et motifs de la patiente sont propres à cette dernière. Ils peuvent être personnels ou économiques, être la conséquence d’un “accident de contraception”, ou liés à la barbarie du viol.

Il s’agit néanmoins d’une décision qui doit être réfléchie, le médecin ne provoquant pas l’arrêt de la grossesse dans la minute suivant la requête de la patiente. Une double consultation médicale s’impose, la première à visée informative chez un médecin, un gynécologue ou dans un centre de planning familial, la seconde ayant pour objectif de confirmer le choix de la patiente d’interrompre la grossesse. Entre ces deux rendez-vous, c’est-à-dire entre la prise de décision de l’avortement et la réalisation de l’IVG, un délai de réflexion de 7 jours en France était obligatoire. Depuis 2016, ce délai a été supprimé, seul le principe d’information et de choix éclairé de la femme restent en vigueur.

Au regard de l’âge, il n’y a pas de minimum légal ni de plafond juridique, l’IVG pouvant être sollicitée par la femme enceinte, qu’elle soit majeure ou qu’elle n’ait pas encore passé le cap solennel des 18 ans. Toutefois, dans ce dernier cas, le consentement écrit d’un adulte est nécessaire, parfois difficile à obtenir pour des jeunes femmes dont les parents ne seraient pas les plus compréhensifs. Secret professionnel oblige, le choix d’une personne majeure extérieure au cercle familial en guise d’accompagnateur jusqu’à la fin de la procédure demeure une roue de secours solvable si l’autorité parentale n’est pas un choix possible pour la femme en question. Le seul âge pris en compte est celui du foetus puisque l’IVG ne peut être pratiqué par un médecin au-delà des 12 semaines de grossesse. Le facteur âge aura également un impact sur la méthode utilisée pour réaliser l’IVG, qui se décline de deux manières : médicamenteuse ou chirurgicale (dite “par aspiration”).

  • IVG médicamenteuse

Ce protocole ne requiert aucun acte chirurgical, mais consiste au contraire à l’ingurgitation de deux pilules sous surveillance dans un établissement autorisé, couplée à des médicaments anti-douleurs afin que l’expulsion de l’oeuf, à la manière d’une fausse couche, ne s’imprègne pas comme un mal physique et moral inexorable. L’avortement médicamenteux est efficace dans environ 95% des cas, et possible jusqu’à 5 semaines de grossesse en France.

  • IVG chirurgicale « par aspiration »

Ce procédé chirurgical se pratique dans un centre spécialisé ou un hôpital, nécessitant dès lors une anesthésie. Il est réalisable jusqu’à la fin des délais légaux, soit 12 semaines de grossesse et recensé comme efficace dans 99,7% des cas. Comme son nom l’indique, un tube va être utilisé afin d’absorber le contenu de l’utérus, pendant une durée d’environ vingt (longues) minutes .

Les complications après une IVG sont rares, malgré la présence fréquentes d’effets secondaires peu appréciables. En aucun cas la pratique d’une IVG ne peut être liée à un risque de stérilité. Au contraire, la fertilité revient assez rapidement.

Au niveau du suivi post-IVG, une visite de contrôle est indispensable dans les deux ou trois semaines qui suivent l’intervention. Au niveau de l’aspect psychologique, souvent omis ou peu pris en compte dans cet évènement marquant, certains centres spécialisés proposent de manière régulière des entretiens avec des professionnels (psychologues ou autres analystes experts) avant et après l’intervention afin de s’assurer du suivi moral de la patiente.

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En France, Simone lève enfin le Veil sur l’IVG

26 Novembre 1974. Cette date peut sembler lointaine mais c’est pourtant la première fois, il y a 43 ans, qu’une femme s’est levée pour exposer sa prose devant l’Assemblée Nationale. Après Olympe de Gouges, qui en Septembre 1791 déclamait sa maxime la plus poignante et provocante :  “La femme a le droit de monter à l’échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la tribune”, qui de mieux que Simone Veil eût pu donner à ces mots un écho aussi retentissant ?

C’est en effet à la suite de son éloquent discours qu’en novembre 1974 l’Assemblée Nationale adopte enfin un texte légalisant l’avortement, après trois journées d’une lutte menée ardemment sur le front parlementaire par la néo Ministre de la Santé. Autrefois passible de prison, l’avortement, dont les actes clandestins provoque le décès de centaines de femmes chaque année (environ trois cent mille avortements par an), entre enfin sous l’égide d’un cadre légal.

Simone Veil précurseuse ? Pas vraiment. Trois ans auparavant, de nombreuses célébrités féminines évoquent leur propre avortement, dans une affaire qui fait grand bruit dans l’Hexagone. Dans ce manifeste des “343 Salopes”, avec pour chef de file Simone de Beauvoir, ces chanteuses, actrices ou écrivaines, parmi lesquelles Catherine Deneuve, Marguerite Duras ou Jeanne Moreau, dévoilent à la lumière du jour leur intimité. Veil tirera profit du tollé provoqué par ce corpus pour présenter son projet de loi au caractère exceptionnel, déclarant que ce moyen doit incarner “l’ultime recours des situations sans issue”.

Son élocution s’exécutera devant une Assemblée composée de 9 femmes et… 481 hommes, plus ou moins enclins à écouter le discours de la Ministre. Durant ces 72 heures de tempête, Veil ne se démonte pas, faisant fi de l’ignominie de ces attaques d’une bassesse rarement égale au sein de l’antre située rue de l’Université. Accusée de vouloir instaurer le droit de “l’euthanasie légale” (propos du député Alexandre Brolo), insultée de “nazie raciste” ou mise à mal par des références directes aux camps de concentration auxquelles Simone Veil aura échappé durant son enfance difficile, la lutte est rude mais n’en demeure pas moins belle.

Certains parlementaires iront même jusqu’à ramener un foetus dans un bocal ou à faire écouter sans scrupules les battements de coeur d’un foetus de huit semaines. Le 29 Novembre 1974, en pleine nuit, les actes déplacés des uns seront finalement compensés par l’humanité des autres, le texte étant adopté par 284 voix contre 189.

Le droit à l’avortement est aujourd’hui un acquis majeur des femmes (en France), le fruit d’un combat acharné pour disposer de leur corps, mené par Veil et soutenu par toute une large frange (féminine) d’une société largement patriarcale.

Depuis 1974 et cette loi sur l’IVG, nous sommes et demeurons tous des enfants de Veil.

3. Quel est le sens de cette journée mondiale pour le droit à l’avortement ?

Malgré les avancées globales de la lutte pour l’accès des femmes au droit à l’avortement, on constate qu’une mobilisation reste nécessaire, et ce même en Europe, puisque les femmes européennes ne sont pas égales dans leur accès à ce droit pourtant fondamental. C’est pour cela qu’une mobilisation européenne a lieue.

Ainsi depuis 2012, cette journée prenant place le 28 septembre s’est transposée en Europe sous l’appellation de la “journée mondiale pour le droit à l’avortement”. Cette journée, synonyme de mobilisation dans les pays participants, était déjà instaurée en Amérique du Sud auparavant. Les sud-américains avaient déjà choisi cette date du 28 Septembre extrêmement symbolique, car il s’agit initialement de la date de commémoration de la fin de l’esclavage au Brésil.

Depuis 2012, le mouvement s’est ainsi rapidement propagé en Europe. Les manifestations nationales dans certains pays qui ont vu leurs droits menacés ont permis de relayer cette mobilisation, avec notamment les exemples de l’Espagne de la Pologne ou encore de l’Irlande, respectivement en 2014, 2016 et 2017.

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La mobilisation se fait aujourd’hui par exemple sous l’impulsion d’un mouvement organisé, qui a pour but de promouvoir le droit à l’avortement et qui tente de fédérer autour de lui la lutte pour ce droit fondamental en Europe. Il s’agit d’un collectif féministe  unitaire qui en est à l’origine: “pour le droit à l’avortement en Europe, les femmes décident!”. Ce mouvement résume son engagement selon ces termes: “en solidarité avec l’ensemble des femmes européennes, après la lutte exemplaire des femmes espagnoles en 2014 et polonaises en 2016, nous exigeons que les droits des femmes, la liberté à disposer de son corps, le droit à l’avortement et à la santé soient respectés dans tous les pays européens et inscrits comme droits fondamentaux pour l’égalité en Europe”.

A ce collectif se sont logiquement alliées énormément d’associations partout en Europe, notamment par le biais d’une pétition disponible sur le site Avortementeurope.org. Ce site recense les différentes actions du collectif, ainsi que leurs motivations. Il propose donc aussi l’accès à une pétition. Cette pétition, fondée par le collectif “Pour le droit à l’avortement en Europe : les femmes décident!”, s’adresse aux gouvernements européens et s’intitule “Pour le droit à l’avortement partout en Europe!”. Parmi les près de 20.000 signatures actuelles se trouvent des associations de nombreux pays européens; une centaine d’associations Françaises, presque autant en Belgique, mais des associations également Suisses, Polonaises, Grecques, Espagnoles, Serbes, Albanaises, Turques, Italiennes, Portugaises… Ce qui donne une réelle amplitude européenne au mouvement. Une autre organisation incarne également ce mouvement, et ce en organisant une marche à Bruxelles ce jeudi 28 septembre.

La “Marche mondiale des femmes” est un réseau mondial d’actions et de lutte contre la pauvreté et la violence envers les femmes, qui a été fondé en 1996. C’est la frange belge de leur mouvement qui organise donc une marche dans le quartier européen de Bruxelles, qui mobilisera à n’en pas douter des milliers de personnes.

Ce genre d’initiative est à saluer, et constitue une nécessité absolue lorsque l’on observe les derniers développements concernant les droits des femmes à disposer de leur corps. Les mouvements conservateurs qui le mettent en danger sont en pleine recrudescence, et de mieux en mieux organisés. Il existe toujours des pays comme le Salvador, où l’IVG est punissable de 40 ans d’emprisonnement. Un quart de la population mondiale, située majoritairement en Amérique latine, en en Afrique et en Asie, vit dans un cadre législatif extrêmement restrictif concernant l’interruption volontaire de grossesse.

Aujourd’hui (le 28 septembre), des milliers de femmes et d’hommes se mobiliseront donc pour défendre le droit des femmes à disposer de leur corps, le droit à une IVG sûre et légale. Ce combat est nécessaire, pour éviter une hécatombe dans les pays les plus pauvre, et pour écarter la menace prégnante d’un recul des droits dans les pays occidentaux.

4. État des lieux : l’IVG aujourd’hui.

Interdiction, dépénalisation, autorisation sous contrainte, autorisation totale : la multiplicité des législations dans le monde…

  • Le droit à l’avortement majoritairement reconnu en Europe.

Le droit à l’avortement en Europe est laissé à la compétence de chaque État. Si la Cour européenne des droits de l’Homme ne reconnaît pas explicitement un droit à l’avortement, elle estime que les États ayant souverainement décidé de le reconnaître doivent en assurer l’effectivité. Le refus d’assurer un tel droit pouvant être constitutif d’une violation des articles 3 (droit de ne pas être soumis à des traitements inhumains et dégradants) et 8 de sa Convention (respect de la vie privée et familiale).

Si la majorité des pays européens l’autorisent, il reste totalement interdit à Malte. Assimilé à un acte criminel, l’avortement peut entraîner trois ans de prison pour la femme comme pour le praticien. La vie est considérée comme démarrant au moment de la conception, tenter de stopper ce processus revient donc à commettre un meurtre.

L’Irlande est le deuxième pays avec la législation la plus sévère en matière d’avortement. Celui-ci n’est possible qu’en cas de danger grave et substantiel pour la mère (y compris en cas de risque suicidaire). Une grossesse qui résulterait d’un viol ne peut donc être légalement suspendue. En juillet 2016 un projet de loi visant à légaliser l’avortement sans condition a été rejeté. L’espoir ne semble pas mort puisque ce mardi 26 septembre, le gouvernement irlandais a annoncé la tenue d’un nouveau référendum sur le sujet en mai ou juin 2018. On y croit !

Dans certains pays, il est autorisé seulement sous certaines (hautes) contraintes. C’est le cas de la Pologne où l’avortement n’est autorisé que dans trois circonstances : la grossesse résulte d’un acte illégal (viol ou inceste), il existe un risque pour la santé ou la vie de la femme enceinte ou une grave malformation du foetus a été repérée. Chypre a établi quasiment les mêmes conditions.

Dans les pays où l’avortement est, par principe, autorisé, il convient de distinguer ceux qui réclament certaines justifications (au Royaume-Uni par exemple il est nécessaire d’obtenir certains accords médicaux ou en Finlande où des conditions d’âge sont fixées) des autres.

Enfin, si la plupart des États ont fixé le délai maximal pour avorter à 12 semaines, celui-ci peut varier de 10 semaines à 24 (Royaume-Uni, Pays-Bas).

« N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant. » Les paroles de Simone de Beauvoir sont encore vraies aujourd’hui : s’il semble que l’avortement est plus facilement accessible en Europe que dans le reste du monde, il n’est pas rare que les avancées sociales fassent l’objet d’importants reculs.

Ainsi, le manque de structures hospitalières adéquates (Grèce, Bavière), le maintien de la clause de conscience des médecins (en Italie, quasiment 70% des médecins se disent « objecteurs de conscience » et refusent de pratiquer l’IVG), les restrictions de personnels et les diminutions des centres pratiquant l’avortement (France) ou encore l’élection de gouvernements conservateurs et rétrogrades sont tout autant d’événements pouvant remettre en questions le droit à l’avortement.

Tel est le cas par exemple en Espagne, où en décembre 2013, un projet de loi a été présenté par le gouvernement Mariano Rajoy pour interdire l’avortement sauf en cas de viol ou de danger pour la santé de la mère (ce projet a toutefois été retiré en septembre 2014 grâce à la considérable mobilisation des femmes). L’objectif n’a pas été entièrement abandonné puisqu’en septembre 2015, le Sénat approuve une réforme interdisant les mineures d’avorter sans consentement parental.

Également, en Pologne, un projet de loi de septembre 2016 prévoyait d’interdire totalement l’avortement : toute femme ou tout praticien qui le pratiquerait serait passible de cinq ans de prison. L’avortement resterait possible qu’en cas de danger pour la vie de la mère. C’est, une fois encore, grâce à la mobilisation populaire que le gouvernement a abandonné le projet.

  • État des lieux dans le reste du monde : un bilan mitigé.

Le 25 janvier 2016, les Nations Unies reconnaissent l’avortement en tant que droit humain. Cette reconnaissance, si elle peut avoir de l’influence, n’empêche toujours pas une grande diversité parmi les législations du monde relatives à l’avortement.

Afrique : interdire et faire mourir

En Afrique, seuls quatre pays (Cap-Vert, Mozambique, Tunisie et Afrique du Sud) autorisent l’interruption volontaire de grossesse sans restriction. L’avortement clandestin est largement la règle : 98 % des avortements pratiqués seraient «non médicalisés», selon l’Organisation mondiale de la santé. Les femmes issues des classes sociales les plus pauvres pratiquent elles-mêmes l’avortement : introduction d’objets pointus dans l’utérus, de produits chimiques ou de verre, ingestion de détergents voire même de soude… Ainsi, de nombreux avortements clandestins débouchent sur des complications : avortements incomplets, saignements excessifs, infections… L’Afrique est le continent où l’avortement est le plus mortel : 2/3 des décès liés à l’IVG ont lieu sur le sol africain.

Etats-Unis : un sujet toujours aussi passionnel

Aux Etats-Unis, la question de l’avortement n’a jamais cessé de déchirer le pays (pour moitié hostile à l’avortement). C’est en janvier 1973, par un arrêt de la Cour suprême (Roe v. Wade) que les Etats-Unis autorisent les femmes à décider librement d’une interruption de grossesse. Cette question passionnelle refait surface en juin 2016 lorsque la Cour suprême se voit obligée de réaffirmer avec force ce droit : est jugée illégale une loi de 2013 au Texas qui imposait des conditions particulières aux cliniques pratiquant des avortements.

Par ailleurs, l’actualité états-unienne ne peut que nous inquiéter : Donald Trump a récemment nommé Teresa Manning, une activiste anti-IVG à la tête de l’équivalent du planning familial en France. Le président américain a aussi promulgué une loi permettant aux Etats d’interdire le transfert d’argent public à toute clinique qui pratiquerait des IVG.

Amérique du Sud : la bataille ne fait que commencer

L’avortement y est majoritairement interdit sauf à Cuba, en Uruguay et en Guyane ainsi que dans la ville de Mexico depuis 2007 où l’interruption de grossesse est autorisée jusqu’à 12 semaines ou en cas de maladie grave. Le Nicaragua, le Chili, Honduras et le Salvador interdisent l’avortement quels que soient les motifs et les circonstances en le réprimant pénalement. Certaines mobilisations populaires et rapports de force font surface, notamment lorsque des cas ahurissants sont révélés par la presse : une jeune fille paraguayenne enceinte à 10 ans s’est vue interdite d’avortement, au Salvador, une trentaine de femmes seraient confrontées à des peines allant jusqu’à 40 années de prison pour avoir avorté. Toutefois, le tableau n’est pas tout noir et tend à s’éclaircir : face aux manifestations, certains pays réagissent. La République dominicaine et, plus récemment, le Chili, ont dépénalisé l’avortement.

Asie : un avortement sélectif

La Chine, l’Inde et d’autres pays d’Asie enregistrent une proportion élevée de garçons chez les nouveau-nés, liée notamment à des avortements sélectifs. Il naît près de 118 garçons pour 100 filles en Chine (alors qu’en moyenne, dans le monde, il naît 105 garçons pour 100 filles). Et les Nations unies estiment à environ 500 000 chaque année en Inde le nombre d’interruptions volontaires de grossesse destinées à éviter la naissance d’une fille. En effet, dans la culture de ces pays l’homme représente l’honneur, la religion et a la responsabilité de s’occuper du patrimoine familial.

L’IVG en 10 chiffres

  • 6,4 semaines de grossesse : durée moyenne à laquelle l’avortement est pratiqué en France
  • 27,5 ans : âge moyen auquel les Françaises avortent
  • 130 : nombre d’établissements pratiquant l’IVG qui ont fermé ce service en France, ces dix dernières années.
  • 191,74 euros : c’était le tarif forfaitaire moyen des IVG médicamenteuses (cette somme est désormais remboursée à 100% depuis le 1er avril 2013).
  • 47 000 : nombre de femmes qui meurent chaque année à la suite d’un avortement.
  • 220 000 : nombre d’IVG réalisées en France chaque année, en moyenne.
  • 8 millions : nombre de femmes qui souffrent de complications liées à un avortement à risque.
  • 21 millions : nombre d’avortements clandestins pratiqués par an, dans le monde.
  • 56 millions : nombre d’avortements estimés en 2014 sur la planète par l’Organisation mondiale de la Santé.
  • 225 millions : nombre de femmes n’ayant pas accès aux méthodes de contraception modernes

5. L’effet pervers : la théorie à l’épreuve de la réalité.

La question de l’IVG demeure particulièrement sensible aujourd’hui, tant elle se trouve confrontée à de profondes disparités entre les pays et en leur propre sein. En effet, la théorie se heurte dans les faits à une réalité qu’illustrent tristement les chiffres précédents (lesquels sont bien plus tragiques lorsqu’on dézoome à l’échelle planétaire).

Les différences de mentalité, les contrastes législatifs, les dissemblances économiques et les hétérogénéités politiques expliquent assez largement ces disproportions. Ces dernières se répercutent immanquablement sur les statistiques, parfois cruellement.

Au delà des chiffres, ces inégalités ont offert un terreau fertile au développement de l’avortement clandestin, au coeur d’un marché frauduleux particulièrement vicieux et dangereux pour les femmes.

Première question, qu’est ce qu’un avortement clandestin ? Au sens de la loi française, qui reconnaît l’IVG comme un avortement provoqué (et choisi) pour des raisons non-médicales, il s’agit tout simplement de toutes les formes d’interruption de grossesses pratiquées hors du cadre légal.

Deuxième question, pourquoi y avoir recours ? Pas de surprises à ce niveau là, les femmes qui se tournent vers l’avortement clandestin ne le font parce qu’il n’existe pas d’alternatives viables. Ces procédés interviennent en majorité pour deux raisons :

  • Parce que le recours à la contraception est difficile voire impossible dans le pays

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Sur cette infographie de RFI, qui a croisé les données de Médecins du Monde, de l’Organisation mondiale de la santé et de la Guttmacher institute, on peut voir que 74% des avortements à risque pourraient être évités par la seule utilisation de contraceptifs fiables. Cette donnée fait froid dans le dos quand on sait que plus de 200 millions de femmes n’y ont pas accès aujourd’hui dans le monde, notamment sur le continent africain où 95 avortements sur 100 ne sont pas sécurisés au regard des normes de l’OMS.

  • Parce que les pays en question ont conservé une législation rigide à l’endroit de l’IVG
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En Afrique, continent où le recours à l’avortement clandestin est le plus important, on remarque qu’une part non négligeable des pays voit l’IVG d’un mauvais oeil.

Que ce soit pour des motifs religieux ou éthiques, un grand nombre de pays n’a toujours pas légalisé l’IVG. Cet état de fait pousse immanquablement les ressortissantes des nations en question à se tourner vers l’avortement clandestin, puisque ce dernier est alors le seul recours possible.

NB : il existe des pays où l’avortement est légal (comme l’Inde) mais dans lesquels l’avortement clandestin demeure largement pratiqué tant les contraintes morales, géographiques et financières sont élevées…

Qu’il soit dû à une rigidité législative, à une difficulté d’accès aux moyens contraceptifs fiables ou même à des obstacles trop contraignants, l’avortement clandestin soulève des problèmes majeurs puisqu’il s’organise selon des méthodes malsaines qui nuisent à la santé (clinique et psychologique) des personnes qui s’y adonnent. On peut citer par exemple :

  • l’utilisation de produits chimiques
  • l’utilisation d’objets contondants (le cintre étant le plus fameux) pour percer l’oeuf
  • l’ingurgitation de plantes avec un résultat plus ou moins efficace
  • l’absorption de médicaments en grande quantité
  • la réalisation d’exercice physique intense voire le choix de pratiques violentes (coups dans le ventre etc.)

Au-delà de l’efficacité très relative de ces méthodes, des conséquences tragiques en découlent, allant des avortement incomplets et des infections aux décès en passant par des septicémies, des hémorragies utérines ou des stérilités.

Résultat : plus de 45.000 femmes meurent chaque année des suites d’avortements clandestins non maîtrisés.

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Bien qu’il ne soit plus tout jeune, ce document de la Guttmacher Institute illustre les tendances lourdes des taux d’avortements “safe et unsafe” dans le monde et dans les pays développés et non-développées. On réalise assez rapidement que les pays en voie de développement sont ceux qui possèdent les plus larges taux d’avortement dont une immense partie se fait dans des conditions insécurisées.

Autre effet pervers : des pseudo-médecins et autres imposteurs facturent des prestations souvent médiocres à des tarifs hallucinants et un véritable marché noir de produits d’avortement s’organise à l’échelle de la planète, résultant notamment sur un trafic de foetus particulièrement abject.

Par ailleurs, ces avortements servent parfois des logiques nauséabondes que l’on pourrait assimiler à de l’eugénisme. En effet, l’usage de l’interruption “volontaire” de grossesse s’éloigne parfois de son but principal, et se met au service d’idéologies qui sont plus politiques et idéologiques que médicales. Par exemple, l’Inde, le Népal, la Chine ou encore Taïwan (pour ne citer qu’eux) utilisent l’IVG pour servir des idéaux sexistes selon lesquels il faudrait privilégier la naissance de garçons. Ces procédés (bien qu’illégaux), ont pris des proportions telles que le continent asiatique est devenu le premier à être majoritairement composé d’hommes, souffrant d’un déficit féminin très conséquent.

6. Une lutte isolée ?

Vous l’avez compris, l’IVG est avant tout un acte médical et physiologique. Néanmoins, les débats qui secouent son encadrement juridique et sa généralisation à l’échelle du globe ont amené ce dernier dans la sphère publique jusqu’à en faire un véritable sujet de société.

Loin d’être une lutte isolée, la conquête de ce droit à l’avortement s’inscrit pleinement dans le cadre du mouvement et des luttes féministes.

L’argument phare utilisé par les adeptes du droit à l’IVG provient directement de l’article 4 d’un texte fondamental : la déclaration des droits de l’Homme (au sens humain du terme…) et du Citoyen. En son article 4, celui-ci indique : “La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi.”

Ce passage induit une liberté que revendiquent plus ou moins implicitement toutes les femmes souhaitant avorter : la libre-disposition de son propre corps.

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Campagne lancée par Amnesty international.

Olympe de Gouges, dans sa célébrissime Déclaration des droits de la Femme et de la Citoyenne, a d’ailleurs modelé cet article 4 (lequel semble donner à l’avortement une valeur constitutionnelle) pour lui donner la forme suivante et peut-être plus convenable : “La liberté et la justice consistent à rendre tout ce qui appartient à autrui ; ainsi l’exercice des droits naturels de la femme n’a de bornes que la tyrannie perpétuelle que l’homme lui oppose ; ces bornes doivent être réformées par les lois de la nature et de la raison.”

L’argument inverse, prôné par les détracteurs de l’avortement, suggère que le foetus est d’ores et déjà un individu et qu’il a de ce fait une légitimité suffisante pour invoquer ce même droit à la libre disposition de son “corps”.

C’est précisément l’un des points qui cristallisent les débats tiraillant les sociétés modernes, opposant dès lors les “pro-life” (considérant l’embryon comme un être vivant) et les “pro-choice” (revendiquant le droit à l’avortement).

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Les manifestations Pro-Life sont récurrentes aux États-Unis… et leurs protagonistes font preuve d’inventivité au niveau des slogans !

Un autre argument, fréquemment avancé, est celui de la santé publique. On peut en mesurer l’esprit dans cet extrait d’un communiqué des “Chiennes de garde”, association féministe dont le crédo est « décrypter, dénoncer, résister » ! Je les cite :

« Être favorable à la légalisation de l’IVG, c’est, tout simplement, être sensible à un problème de santé publique (et donc, économique) : car une femme qui veut avorter le fera, dans n’importe quelle condition, quitte à mettre sa santé ou sa vie en danger, et quoi qu’en dise la loi. Ainsi, dans les pays où l’IVG est pénalisée, les femmes avortent autant que dans les pays où elle est légale : interdire l’IVG n’a jamais fait baisser le taux d’avortement. En revanche, interdire l’IVG fait augmenter de manière dramatique le taux de décès des suites d’avortements clandestins : où l’IVG est illégale, le taux de mortalité est de 330, en moyenne, pour 100 000 avortements. Où l’IVG est légale, en revanche, le taux de mortalité oscille entre 0,2 et 1,2 pour 100 000 avortements. (…) Ce que chacun(e) pense du statut de l’embryon, du commencement de la vie humaine ou de l’existence de l’âme ne devrait même pas faire l’objet d’un débat et ne devrait relever que des convictions intimes n’ayant strictement rien à voir avec la législation. »

Néanmoins, cet argument peut s’avérer “impertinent” voire décevant car il admet la grossesse comme source de souffrance potentielle à défaut de souligner le choix de la femme, a priori central dans ce genre de décisions.

Un article (propre au cas français) tiré de la « Revue des Droits de l’Homme » expose cette ambiguïté. Dans ce texte de Laurie Marguet, intitulé « Les lois sur l’avortement (1975-2013) : une autonomie procréative en trompe-l’oeil ? », on peut lire :

“ Cette ambivalence entre protection de l’accès (à l’IVG) et dénégation de la grossesse non désirée comme atteinte à l’intégrité physique résulte en partie du fait que la question a été construite comme une problématique de santé publique. C’est en effet dans le but de protéger la santé des femmes que l’avortement est dépénalisé puis aménagé à partir des années 1970. Ce nouvel objectif nécessite la mise en place d’une organisation sanitaire permettant aux femmes dans une situation de détresse d’interrompre leur grossesse. On admet ainsi indirectement que la grossesse puisse être dans certaines circonstances une source de désarroi pour certaines femmes et qu’il est nécessaire de les protéger. Contre cette détresse elle-même et contre les actes qu’elle pourrait provoquer (tels que des avortements clandestins au risque de leur vie et de leur santé), on aménage l’IVG dans une perspective de santé publique. Le dispositif juridique est ainsi construit à l’aide d’une rhétorique fondée sur la médicalisation. Dès lors, cela ne permet que difficilement de penser la grossesse non désirée comme un possible préjudice puisque le paradigme fondateur n’est pas historiquement celui du choix”.

Concrètement, la légalisation de l’avortement en France s’est faite “de côté”. À la base, il ne s’agit pas d’un choix accordé au libre-arbitre féminin mais bel et bien d’une légitimation pour des raisons de santé, l’Etat nationalisant ainsi le corps des femmes en se posant comme garant de leur santé. Plus loin dans l’article, on trouve un passage qui éclaire ce phénomène :

“Il ne s’agit pas de considérer comme nécessairement « négatif » le paradigme de santé publique, ni de l’opposer de manière manichéenne à celui d’autonomie, car il permet souvent un accès plus effectif à l’IVG que dans les pays où s’opposent les principes de « droit à la vie » et « d’autonomie de la femme » (comme en Allemagne par exemple). De plus, redéfinir les contours d’un « soin » offert par le service public est moins « visible » que redéfinir le contenu d’un « droit individuel », ce qui permet une amélioration plus efficace (car moins « inquiétante ») de l’accès à l’IVG. (…). Ainsi, s’il ne s’agit pas de « critiquer » ce paradigme, il ne s’agirait toutefois pas non plus d’occulter le fait que cette construction sanitaire permet un contrôle étatique qu’on oublie bien souvent. En effet, alors que les dispositions du droit de la santé imposent une obligation d’information de la part du médecin et une obligation de consentement de la part du patient (ce afin de garantir au maximum l’autonomie du patient), elles ont été historiquement instrumentalisées en matière d’IVG : sous couvert d’une protection du fœtus à partir de 1975, l’information visait à dissuader les femmes, et le consentement toujours soumis à un délai de réflexion perpétue l’idée selon laquelle les femmes ne sauraient être « simplement » sûres de leur choix. L’Etat continue alors à exercer un contrôle sur les corps procréateurs, féminins en particulier, par le biais d’une délégation au corps médical. Abandonnant le droit pénal et un contrôle direct et contraignant, il se produit un changement de paradigme dans les modes de contrôle. La répression n’est plus l’outil phare de la surveillance des corps, il s’agit maintenant de la médicalisation. C’est ainsi « l’ombre de l’Etat qui se profile derrière les professionnels de santé ». Pour reprendre les termes de Michel Foucault, il s’agirait moins aujourd’hui de punir que de surveiller.”

Aujourd’hui, les luttes intellectuelles, morales et juridiques (dans les pays où l’accès à l’IVG est acquis et où les droits des femmes sont respectés à minima) se font donc moins sur le terrain médical que sur le champ philosophique. On peut en effet considérer que les avancées des années 70 (dans le climat et l’état d’esprit de l’époque) se doivent d’être aujourd’hui mises à jour pour que l’avortement soit non seulement toléré, permis et légal, mais aussi le fruit d’un choix personnel non-induit et non-orienté par l’État ou le corps médical.

Que faire à son échelle ?

À notre échelle, c’est à dire à l’échelle de jeunes êtres vivants plutôt privilégiés, notre devoir prioritaire est d’avoir conscience de la chance qui est la nôtre de vivre dans un pays où les moyens de contraception sont fiables, bon marché et accessibles on ne peut plus facilement. C’est également de mesurer le privilège qui nous est donné d’avoir à disposition un système de santé de qualité, efficace et (le plus souvent) gratuit. Nous vivons dans un pays où l’accès à l’avortement est assez simple, accompagné et remboursé, ce qui est incontestablement un luxe au regard des statistiques que vous avez eu l’occasion de voir plus haut.

Par respect, il nous incombe donc d’être reconnaissant et d’oeuvrer pour que la situation dans laquelle nous sommes se généralise au maximum.

Pour ce faire, deux solutions existent :

  • joindre un collectif : des centaines d’associations maillent le territoire à toutes les échelles possibles et imaginables. Rien que sur le sol Grenoblois, le planning familial, Osez le féminisme, Solidarité femmes, La maison pour l’égalité, Les voies d’elles ou encore nos ami.e.s d’En tout Genre oeuvrent au quotidien pour que ces questions émergent et que les débats fassent avancer les choses. Un engagement dans l’un de ces groupes peut être une belle façon d’offrir un peu d’huile de coude pour construire de meilleurs lendemains.
  • les dons : si vous n’avez pas de temps à consacrer à ces équipes, les aider financièrement dans leurs actions peut être une alternative cohérente et salvatrice pour qu’ils mettent en place leurs projets.

Coups de coeur de la rédac’

  • Film :

Vera Drake (2004) de Mike Leigh // Grande-Bretagne, 1950, époque où l’avortement est totalement interdit. Vera Drake, mère de famille exemplaire et totalement dévouée à son entourage, cache derrière son quotidien, apparemment banal, une activité secrète : elle aide certaines femmes à mettre fin à leur grossesse…

“C’était hier mais ça ressemble à aujourd’hui. Et c’est ce qui est beau et terrible à la fois.”

  • Livres :

Le Deuxième Sexe (1949) de Simone de Beauvoir.

Le choeur des femmes (2009) de Martin Wincler // Rédigé sous forme romanesque, ce livre constitue une mine de renseignements sur le corps de la femme, les peurs et angoisses qu’il peut susciter, la contraception et ses difficultés, l’écoute des patientes. Mais plus encore, à travers des centaines de témoignages, Martin Winckler lutte contre la violence médicale et obstétricale. Recommandé !

Naissance (2013) de Yann Moix.

L’Enfant (1883) de Guy de Maupassant.

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