Le revenu universel : kesako ?

En cette période de campagne électorale, la carte du « revenu universel » est régulièrement posée sur la table du débat. Si cette idée est, dans l’inconscient collectif, principalement portée par la gauche, les hommes et femmes politiques du bord opposé ont aussi leur mot à dire là-dessus. Retour sur une mesure qui agite la scène politique.

Le revenu universel c’est quoi ?

Le revenu universel – également appelé revenu de base – est une somme d’argent versée tous les mois à chaque individu sans aucune condition. Tout le monde en est donc bénéficiaire, de l’enfant au retraité. Ce mécanisme est actuellement expérimenté en Finlande sur un échantillon de la population afin d’évaluer son efficacité.

Qui est pour ?

Le revenu de base est l’une des mesures phares du programme du candidat socialiste à la présidentielle Benoit Hamon. Il propose d’établir progressivement le revenu universel s’il est élu. En 2018, le revenu de solidarité active serait revalorisé à 600 euros et distribué aux 18-25 ans; entre 2018 et 2020, le candidat promet d’élargir le RSA aux 50 millions d’adultes que compte la France, ce qui en ferait un revenu universel. Ce revenu de base atteindrait par la suite 750 euros.

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Benoit Hamon, candidat à la primaire de la Belle Alliance Populaire, revendique la mise en place d’un revenu universel en trois étapes. Photo : Parti Socialiste.

Pour Benoît Hamon, le but de ce revenu est de lutter contre le chômage en partageant les emplois disponibles. Cette mesure permettrait selon lui une réduction du temps de travail et donc une augmentation du temps libre, ce qui boosterait la consommation et permettrait de faire des économies de santé car les individus auraient plus de temps pour s’occuper de leur famille et faire du sport.

Jean Luc Bennahmias, candidat à la primaire de la gauche, veut également mettre en place un revenu universel de 800 euros par mois. Il considère que ce revenu – bien qu’il ne soit associé à aucune condition – peut permettre aux travailleurs en difficulté (le candidat prend l’exemple des agriculteurs) de continuer leur activité. Cette mesure permettrait également aux individus de se former et de se rassurer face aux imprévus de la vie professionnelle.

Le candidat d’Europe Ecologie Les Verts Yannick Jadot, envisage, lui, l’expérimentation d’un revenu de base définie dans le cadre d’une conférence de consensus et d’un débat national. Comme Benoit Hamon, il souhaite étendre le RSA aux 18-25 ans qui en sont exclus.

À droite, le député Frédéric Lefèvre souhaite remplacer les allocations par un revenu universel de 800 à 1000 euros pour éradiquer la pauvreté et remplacer un système d’allocations trop complexe et trop coûteux. Jean-Frédéric Poisson et Nathalie Kosciusko-Morizet étaient également en faveur du revenu de base, cette dernière ayant proposé que chaque individu paye un impôt dès le 1er euro de revenu afin de mettre en place en contrepartie un revenu de base de 470 euros par mois dès 18 ans.

Qui est contre ?

Des associations comme Le Secours Catholique ou Attac s’opposent à l’idée d’un revenu universel; elles craignent en effet que les entreprises en profitent pour baisser les salaires.

Vincent Peillon s’oppose, lui, au revenu de base pour des raisons idéologiques, la solidarité consistant pour le candidat à la primaire de gauche à aider ceux qui en ont besoin. Il pense que cette mesure qui serait financée par des impôts coûte trop cher (estimée entre 300 et 450 milliards d’euros).

Manuel Valls pense que le revenu universel encouragerait à la paresse, il préfère ainsi un « revenu décent » réservé aux plus modestes. Arnaud Montebourg rejoint l’argument de l’ex-premier ministre et se dit pour « une société du travail »: pour lui, c’est par le travail qu’on évite la pauvreté ou qu’on en sort.

A l’antenne d’Itélé, le secrétaire général du mouvement d’Emmanuel Macron, En Marche ! a récemment fait part du rejet du candidat à la présidentielle de ce qu’il considère comme le « financement durable d’un chômage de longue durée ».

Également, François Fillon préfère fusionner toutes les aides sociales existantes en plafonnant le cumul de toutes ces aides en dessous du Smic.

Jean Luc Mélenchon s’oppose au revenu universel car il servirait à supprimer les différentes allocations et serait en dessous du seuil de pauvreté. Il préfère œuvrer pour le plein emploi et une réduction du temps de travail. Il considère que le revenu universel est une manière d’abandonner la lutte contre le chômage.

Marine Le Pen hésite : elle admet le revenu universel a des avantages, comme celui, entre autre, de permettre de « mettre une place une vraie grande politique familiale » mais cela ne pousse pas les gens à travailler, ce qui n’est pas « sain » selon la candidate du Front national. Finalement, Mme Le Pen ne le propose pas dans son programme.

Marianne Coulavin

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Auteur : lecheveusurlalangue

Journal de SciencesPo Grenoble (Isère, 38) et de ses étudiant.e.s

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