OSER / UNEF : Entre rencontre et portrait chinois !

Mercredi soir, j’ai eu la chance rencontrer quelques membres des listes OSER et UNEF pour une interview à la table ronde, loin de l’effervescence du débat. Etaient présents pour l’UNEF : Arthur (tête de liste pour le CA premier cycle), Céline (tête de liste pour le CEVIE) et César (tête de liste CA 1er cycle). Quant à OSER : Loïc (tête de liste CA 1er cycle) et Estelle (en 2ème position pour le CEVIE).

L’interview a commencé par un petit point technique concernant les règles de l’élection. Ne me dites pas que je suis la seule à ne pas comprendre comment ça marche. Nos aimables candidats ont eu la gentillesse de m’expliquer tout ça.

Le point « règles du jeu »

            Nos élus seront donc élus à la proportionnelle. Selon le nombre de voix, leur sera attribué un certain coefficient. Par exemple une liste au coefficient 2.75, aura droit à un minimum de deux élus. Ensuite le plus fort gagne ! Si les autres listes sont à 2.65 et 2.55, c’est notre première liste qui gagnera l’élu de plus. Et ainsi de suite jusqu’à ce que toutes les places soient pourvues. C’est bon c’est compris ? Ensuite, celui qui obtient le plus de voix parmi les élus étudiants siègera à la COMUE.

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L’équipe d’OSER. Photo : Déclics IEPG.

Quels sont les points concrets qui vous différencient ? Pourquoi vous présenter l’un contre l’autre ?

OSER : On ne se reconnaissait pas dans le projet proposé par l’UNEF. On avait la volonté de créer un collectif, et non un syndicat, et donc sans orientation politique ou ordre national. L’important pour nous c’était d’être indépendants. Nous voulons proposer un projet concret, plus en phase avec le quotidien des étudiants. C’est pourquoi nous avons mis en place un système d’engagements – qui seront réalisés – et de propositions -pour lesquelles on ne peut rien promettre.

UNEF : Nous avons un bon bilan à défendre, avec une présence au quotidien, reconnue par les personnes que nous avons aidées. On veut toujours faire croire qu’on est influencés par l’UNEF nationale, ce n’est pas le cas. Nous sommes fiers de défendre les valeurs de l’UNEF mais seulement 5 membres de notre liste ont leur carte à l’UNEF. L’UNEF est plus un outil pour nous qu’une contrainte. On représente aussi toutes les promotions de façon équitable, et bien sûr avec des mesures un peu plus sociales, d’ouverture.

Concernant le premier cycle quelles réformes pédagogiques souhaitez vous mettre en place ?

UNEF : Nous voulons remettre les CF à leur place, les réinventer, avec plus d’écoute, d’interaction. Nous voulons avoir le contenu des cours à l’avance. C’est possible de le faire cette année car on a enfin le recul nécessaire pour les évaluer. Nous souhaitons aussi rajouter des CF/CS de géopolitique, et d’histoire des idées politiques. Ces connaissances sont quand même importantes pour un étudiant d’IEP. Nous proposons aussi de revaloriser les crédits pour les engagements étudiants, au moins de 4 crédits, et de l’étendre aux masters.

OSER : Nous voulons mettre en place des responsables pédagogiques pour chaque promotion du 1er cycle pour désengorger la direction des études. Concernant les langues : des CF en anglais ou au moins quelques séances des la 1A, mais aussi le TOEFL gratuit pour tous les étudiants jugés prêts par leur professeur. Il y a aussi la mise en place de referendums d’initiative étudiante. La première consultation portera sur les CF et leur réforme, pourquoi pas un format d’une heure avec les cours au préalable. Il y a aussi la transparence pour les sélections des mobilités, des séminaires (avec un retour au choix par les professeurs) et des présentations vidéo pour les masters, séminaires et CS. On tient aussi à rendre l’expérience professionnelle obligatoire en 1er cycle, avec l’accompagnement de l’espace carrière. Nous aussi nous souhaitons élargir les crédits pour l’engagement étudiants, aux membres hors bureaux, mais aussi augmenter ce nombre de crédit, avec une clarification du dispositif. En effet normalement les non-membres du bureau y ont droit, mais certain se le sont vu refuser. Enfin, nous voulons rendre la plateforme Ma Mobilité Internationale obligatoire à remplir au retour de 2A et la clarifier.

UNEF : En ce qui concerne la plateforme, nous n’avons pas le recul nécessaire pour la réformer, elle vient d’être lancée. Et pour l’obligation à la remplir, c’est en discussion avec les RI et la direction des études. Mais cela dit, des membres de votre liste ne l’ont toujours pas remplie…

Quel est l’intérêt pour les sciences pistes d’un rapprochement avec l’UGA/ la COMUE ?

            UNEF : Je (Arthur) représente l’IEP au sein de la COMUE. Ca permet aux associations d’avoir plus de visibilité pour les demandes de subventions, surtout quand un étudiant de l’IEP siège, et porte leurs voix. La COMUE donne des sommes que l’IEP ne pourra jamais donner. On a besoin de ce rapprochement pour le sport, et aussi si on veut mettre en place des droits étudiants. Les établissements ne veulent pas rédiger eux mêmes leur charte alors que l’école voisine en aura une autre.

OSER : Ça permet une dynamique autour du projet IDEX, le projet d’université d’excellence auquel l’IEP a contribué. Pour le sport c’est important également, mais aussi pour la mutualisation des CS et pour l’aspect associatif. C’est l’occasion pour les associations de prendre de l’ampleur, et donc d’avoir d’avantage de subventions. De plus, la COMUE a pour but de contribuer au rayonnement international de Grenoble, c’est essentiel dans le cadre du choc de la simplification, si on veut faire de Grenoble une métropole.

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Les candidats de l’UNEF. Photo : Déclics IEPG.

La Charte égalité HF, qu’est ce que ça pourrait changer concrètement pour les étudiants de l’IEP ?

            OSER : Nous organiserons une semaine de l’(in)différence pour montrer qu’à l’IEP il y a une vraie influence du regard de l’autre, accentué par l’effet de communauté. Les membres d’une minorité sont reconnus et le sexisme est parfois banalisé, par du trolling. J’espère que l’on pourra travailler avec l’UNEF et le centre de santé sur cette question.

UNEF : On aimerait faire prendre conscience que dans les CM, c’est une majorité d’homme qui prend la parole proportionnellement au nombre de filles. Pour cela nous envisageons l’utilisation pendant une journée d’une application mesurant le temps de parole de chacun afin d’éveiller les consciences au sexisme ordinaire.

OSER : Nous organiserons des tables rondes, des conférences, des stand-up, et oui pourquoi pas des expériences. Sur la charte on se basera sur le modèle de la conférence des présidents d’université.

UNEF : Cette charte devra être signée par l’ensemble des associations. Si elles l’enfreignent, il y aura des sanctions.

OSER : On est d’accord, une charte sans contrainte c’est sans intérêt.

Est ce que vous pensez qu’un élu étudiant peut être apolitique ?

OSER : Nous sommes un collectif transpartisan mais avec un socle de valeurs communes : européens, réformateurs, pragmatiques, progressistes. Cela dit, aucune étiquette politique particulière. Sur des problématiques à l’échelle de l’IEP, une philosophie politique est nécessaire mais pas nécessairement tout le squelette idéologique qui va avec.

UNEF : On ne pense pas que la politisation soit à craindre, car les décisions prises seront politiques. Ca peut être complémentaire et cohérent d’être engagé à l’IEP et en dehors. On a tous une fibre de gauche, mais une gauche très large, et pas tout le monde est encarté. Il y a surtout des valeurs communes. Mais la vie politique est aussi le prolongement de l’engagement étudiant.

L’espace détente et les canapés, ils seraient où concrètement ? Et qui va payer les canapés ?

            UNEF : Céline a proposé de les récupérer chez Emmaüs. Avec la doc’ qui va être agrandie, et le coin revue et DVD qui n’est pas très utilisé, pourrait y installer quelques chaises longues pour se reposer. Il n’y a pas de budget pour, mas pourquoi pas changer le mobilier actuel de l’IEP, on pourrait mettre des fatboys, des poufs, ça serait sympa.

OSER : Ca sera à faire en fonction du futur aménagement. On peut en effet renouveler le mobilier, les bancs des patios doivent avoir le même âge que ceux des amphis… Pourquoi pas à la doc’ mais je pensais aussi à dans les couloirs, car on aura plus de place.

UNEF : L’idée d’un babyfoot émerge aussi.

OSER : Pourquoi pas mettre en place une bibliothèque libre également.

UNEF : Le nouvel espace cafétéria sera déjà plus convivial, plus lumineux.

Quels sont les obstacles aux inscriptions en ligne ?

            OSER : L’administration n’est pas encore passée au XXIème siècle. On tient le bon bout avec les inscriptions pédagogiques en ligne cette année pour les 3A. En effet cette question ressort tous les ans, mais il faut avoir l’honnêteté de dire que ce n’est pas la faute des élus étudiants.

UNEF : L’IEP a investi dans un logiciel de scolarité, ils veulent le rentabiliser encore quelques temps, de plus il n’y a pas de terminal de paiement en ligne. Mais ça revient à chaque CA et à chaque CEVIE, et à chaque fois on nous dit que c’est compliqué.

OSER – Les référendums d’initiative étudiante, ils seraient de l’initiative de qui exactement ?

OSER : Ca sera un référendum organisé par les élus, et d’ordre consultatif, pour défendre au mieux certaines situations. Les étudiants pourront également proposer des questions aux élus. Le vote se fera sur 48h, avec une urne. Ce n’est pas compliqué mais c’est essentiel pour refaire communauté et impliquer les étudiants.

UNEF – Qu’est ce que ça change de faire partie d’un réseau national ?

UNEF : Nous sommes présents dans tous les IEP, c’est une force. Pour les frais d’inscription on a appelé Paris, Lyon, Bordeaux pour savoir comment ça se passait là bas. On connait aussi bien les dossiers des droits des étudiants, pendant les examens par exemple. Avoir un syndicat qui structure ça nous permet aussi de prendre du recul, de ne pas rester centrés sur l’IEP. On peut aussi fournir une aide en cas de besoin de défense individuelle, par rapport à un problème de bourse par exemple, l’UNEF est là pour nous aider, à travers des élus d’autres régions par exemple.

OSER – L’expérience professionnelle obligatoire en 1er cycle, vous verriez ça au terme d’une année particulière ou quand on veut ? Quelle durée ?

OSER : Pendant le premier cycle en général, et sans durée minimale. Aujourd’hui on a des étudiants qui arrivent en fin de 3A sans expérience professionnelle et c’est un problème. On critique l’étudiant de Sciences Po comme étant hors sol et loin des réalités, ça casserait cette image.

Que proposez vous de nouveau pour le POS ?

OSER : Ca ne figure pas dans notre projet, quand les choses fonctionnent bien, pas besoin de les changer. Monsieur Lignereux s’occupe très bien du POS. Il y a en effet des problèmes de communication avec les lycées à corriger, mais ce n’est pas forcément du ressort de l’IEP. On n’est pas là pour réformer tout et n’importe quoi, le POS marche, et on le soutient.

UNEF : Nous ne sommes pas aussi optimistes. Le manque de communication est problématique de la part de l’IEP, l’info arrive souvent trop tard. L’IEP s’adresse aussi plus aux lycées de centre ville que de campagne. Il y a aussi un problème de communication dans l’IEP avec la difficulté de trouver des parrains. Il faut aussi se pencher sur les critères de sélection des lycéens. Aurélien Lignereux porte le projet à bout de bras, cette année encore pas de service civique pour s’en occuper, il faudra quelqu’un qui bosse dessus, qui a envie, et tout le monde n’est pas d’accord avec la logique du POS.

Un bar à l’IEP, une doc qui ne ferme pas si tôt : le rêve ! A quel horizon est il possible selon vous ?

UNEF : Il faudrait déboulonner certaines personnes de l’administration ! Dans plusieurs autres écoles il y a des bars. Pourquoi pas à Sciences Po ? Mais on a EVE juste à coté, on ne pense pas que ce soit une priorité. Cela dit nous ne sommes pas fermés à la discussion.

OSER : L’idée ne nous est pas venue. Au-delà de ça je pense qu’il y a des propositions qui font partie du quotidien mais qui ne réforment pas en profondeur l’IEP.

Pour terminer : un portrait chinois ! Si vous étiez …

Un animal :

UNEF: Le panda roux, parce que tout le monde veut nous voir, on attire les gens.

OSER: Le Lynx, parce qu’on a un regard de lynx sur les problèmes de l’IEP.

Un ouvrage :

UNEF: L’insoutenable Légèreté de l’Etre de Milan Kundera

OSER: Petite Poucette de Michel Serres

Une sauce dans le tacos :

UNEF: Algérienne-sauce blanche

OSER: Samouraï

Un arrêt de tram :

UNEF: MC2 Maison de la culture

OSER: Vallier libération

Une chanson :

UNEF: I’m A Sigle Lady de Beyoncé, pour notre coté féministe.

OSER: Dog Days Are Over de Florence and the machine.

Un patio :

UNEF: Le patio 3, après travaux.

OSER: Patio 2 c’est là que tout se passe.

Un dieu de la mythologie :

UNEF: Zeus

OSER: Athena

Un tome d’Harry Potter :

UNEF: Le 7 : Les Reliques De La Mort

OSER: Le 5, L’Ordre Du Phoenix

Un personnage de Game of Thrones :

UNEF: Tyrion quand il rejoint Daenerys.

OSER: Daenerys.

Un des OSS 117 :

UNEF: Rio ne répond plus

OSER: Le nouveau… on est dans l’innovation.

Anna DEMOZ

 

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