Les migrants du campus résideront dans la tour Arpej

Alors que le démantèlement de la jungle de Calais s’est achevé, les migrants sont arrivés à Grenoble et seront logés sur le campus, dans la tour Arpej. L’UNEF félicite tandis que l’UNI fustige. 

Le campus de Grenoble-St Martin d’Hères va accueillir une centaine de migrants venant de la jungle de Calais suite au démantèlement de ce campement. Le 28 octobre dans la nuit, les premiers demandeurs d’asile ont foulé le sol grenoblois. Ces migrants d’Erythrée, d’Afghanistan et de Syrie, dont la majorité est constituée d’hommes seuls, seront ici le temps de régulariser leur situation auprès de l’administration. Cette démarche peut durer jusqu’à trois mois en raison du très grand nombre de demandes selon le sous-préfet Yves Dareau.

En raison de leur situation irrégulière, les migrants n’ont pas le droit d’étudier ou de travailler. Lors de la réunion publique sur l’accueil des migrants du 10 octobre en amphi Weil, la question de pouvoir donner des cours, de langue notamment, et d’intégrer de potentiels étudiants à un cursus universitaire a été posée par les étudiants. Cependant, nous ne connaissons pas encore le niveau de français de ces nouveaux arrivants et cela compliquerait leur possible intégration sur le campus.

Ils seront logés dans l’une des tours Arpej, deux bâtiments qui se situent à deux pas de l’université Pierre Mendès France et de la Résidence Condillac. Ces dernières étaient vouées à la démolition car, sans être insalubres, elles n’était plus aux normes pour le logement des étudiants ; le bâtiment a donc été transformé en CAO, ou Centre d’Accueil et d’Orientation. Les chambres de la tour Arpej étant petites, il n’est pas possible d’y héberger des familles, et c’est donc pour cette raison que les migrants accueillis sont uniquement des individus seuls. Une fois leur demande d’asile déposée, ils quitteront le campus pour un nouveau centre, selon le sous-préfet. Le CAO de Saint- Martin d’Hères restera donc ouvert pour une durée limitée et sera géré par l’association iséroise La Relève.

Les réactions face à cet accueil sont mitigées. Si le syndicat étudiant l’UNEF « salue l’initiative d’accueil temporaire de migrants » sur son site internet, les étudiants des Républicains et de l’UNI – syndicat universitaire de droite – ne cachent pas leur mécontentement. Dans une interview du Dauphiné Libéré, ces derniers demandent, entre autres, pourquoi les logements de la tour Arpej ne sont pas « loués avec des loyers modérés à des étudiants français dans le besoin » et s’inquiètent pour la sécurité des étudiants sur le campus. Le Front national a également appelé à protester contre l’accueil des réfugiés en Isère. Une contre-manifestation s’est d’ailleurs organisée en réponse le vendredi 4 novembre sur le campus, défendant une France mixte et sans raciste.

Le campus n’est pas le seul à accueillir des migrants de la jungle de Calais. À Villeneuve-d’Ascq (59), ce sont quelque 80 migrants qui ont été accueillis sur le campus, à la seule différence qu’ils ont la possibilité d’y étudier.

Marianne COULAVIN

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Auteur : lecheveusurlalangue

Journal de SciencesPo Grenoble (Isère, 38) et de ses étudiant.e.s

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