Jungle de Calais : Arrêtons d’appliquer la politique de l’autruche !

Lundi 24 Octobre – Matin. Les chaînes et sites d’information diffusent en boucle les images de bus quittant la « jungle de Calais » pour illustrer le démantèlement du camp par les autorités. La jungle de Calais a fait son temps et il était urgent de mettre fin au traitement inhumain réservé à ses résidents. Ce sont quelque 6400 migrants qui sont sommés d’évacuer la zone, tout d’abord sur la base du volontariat, avant d’être répartis dans toute la France.

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« J’ai besoin d’aller au Royaume-Uni » écrit sur une toile de tente dans la jungle de Calais. Photo : Malachybrowne/Creative Commons

Tout se passe bien pour le moment. Tel est sommairement le message qui a été envoyé à la mi-journée par le ministre de l’Intérieur. Certes, l’évacuation de la jungle en elle-même se déroulait bien, mais au sein du vulgate médiatique ne figurent que peu les enjeux sous-jacents de cette concentration de migrants à la frontière avec le Royaume-Uni. Comme le révèle le magazine l’Express sur son site internet, certains ne sont pas disposés à rester en France et désirent passer de l’autre côté de la Manche à n’importe quel prix. Préférant aller vivre du fruit de leur labeur au Royaume-Uni plutôt que de bénéficier d’un système social plus avantageux en France, ils contribuent à contredire l’image d’assistés qui leur est attribuée de manière récurrente visant à les clouer au pilori par leurs détracteurs – notamment sur Twitter.

Ce comportement en dit également long sur l’image du marché du travail français véhiculée sur la scène internationale pour l’éditorialiste pour « L’Opinion », Olivier Auguste. L’image d’un pays où, avec un statut de migrant et un taux de chômage de 10% mâtiné de contraintes qui pèsent sur les entreprises, l’embauche est chimérique. Néanmoins, personne ne semble s’indigner qu’un Afghan, un Syrien ou même un Érythréen soit enclin à défier les législations européennes sur les demandeurs d’asile instaurées par l’ex-Convention de Dublin pour optimiser leurs chances d’accéder à l’emploi sur le sol européen.

Ainsi, cet épisode qui est sur le point de s’achever ne doit en aucun cas rester tel quel et doit pousser le gouvernement à se questionner sur le marché du travail en France et les réformes impérieuses à implémenter au lieu d’appliquer la politique de l’autruche.

Matthieu DESMOULINS

Auteur : lecheveusurlalangue

Journal de SciencesPo Grenoble (Isère, 38) et de ses étudiant.e.s

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