Droit de réponse de Solidaires étudiant-e-s


L’édito de notre dernier journal papier s’élevait contre les méthodes employées par le syndicat Solidaires étudiant-e-s, qui avait appelé dans un communiqué à « transformer » la conférence-débat que nous organisions en « forum critique ». De mon point de vue, l’appel du syndicat étudiant conduisait à modifier la nature de notre événement. C’était manquer de respect aux organisateurs.

Nous précisons que notre journal n’est pas partisan : la diversité des opinions s’y exprime et y est représentée. Nous ne nous opposons pas aux idées défendues par Solidaires étudiant-e-s, mais aux méthodes qui ont été employées.

Par ailleurs, nous souhaitons rappeler à nos lecteurs que, contrairement à ce que suggère la mention « sic » dans le communiqué du syndicat, « après que » se construit avec l’indicatif.

Emmanuel Samaniego


Communiqué de Solidaires étudiant-e-s :

Qui ne dit rien consent, qui annule assume

Solidaires Etudiante-e-s Grenoble dément catégoriquement les accusations portées à son encontre par l’éditorial de février du Cheveu sur la langue, concernant l’annulation de la venue de Geneviève Fioraso à l’IEPG le 30 janvier dernier. En effet, à aucun moment notre syndicat n’a entrepris de « réduire au silence » Mme Fioraso et les étudiant-e-s, puisque notre appel du 27 janvier -objet dudit éditorial- invitait précisément nos sympathisant-e-s à venir porter la contradiction à la secrétaire d’Etat. L’un de nos militants a d’ailleurs tenté de contacter l’équipe du Cheveu au préalable pour l’en informer et en discuter ensemble, mais sans réponse de sa part…

« Après que la conférence a été [sic] annulée, il [notre syndicat] s’est réuni pour proposer sa propre rencontre. Un entre-soi, qui confine à l’autisme, a été préféré au débat pluraliste et serein.« 

Ces propos relèvent de la diffamation : rien, dans notre second communiqué du 29 janvier, ne vous autorise à affirmer cela ; loin de nous réjouir, le choix systématique de Mme Fioraso de fuir le débat pluraliste nous consterne et ne relève que de sa propre responsabilité.

Vous établissez donc, désormais, que notre mobilisation est à l’origine de l’absence de Mme Fioraso. Dans ce cas, pourriez-vous expliquer à vos lecteurs/lectrices le sens de votre post du 28 janvier sur la page Facebook de l’événement, justifiant l’annulation de votre conférence par « une évolution de l’agenda de Madame la ministre » ; sans quoi, il pourrait passer pour une « couverture » de sa dérobade, avant qu’un article de vos éminents confrères du Daubé ne vienne mettre en doute votre explication.

« Avec un niveau de représentativité des étudiants proche du niveau de la mer, le syndicat semble réduit à jouer à plein de son pouvoir de nuisance. » Bien au contraire, c’est par choix que nous privilégions les luttes collectives de terrain -pardon, notre « pouvoir de nuisance« – plutôt que la prétention à la « représentativité » ; nous nions du reste avec constance le caractère prétendument légitime, démocratique et représentatif des différentes instances de l’ESR chargées de gérer la pénurie (ne serait-ce qu’au vu de la sous-représentation des étudiant-e-s, qui boycottent d’ailleurs massivement le cirque électoral.) Nous ne prétendons pas tirer notre légitimité d’autre chose que de notre investissement de terrain (où nous sommes -et de loin- le principal syndicat sur le campus), au quotidien, pour défendre efficacement et sans concession les intérêts des étudiant-e-s.

Votre journal se pose ensuite, avec une grandiloquence qui semble un peu bouffonne, en courageux défenseur de la liberté d’expression face au « terrorisme intellectuel » que nous incarnerions… Passons sur le caractère franchement orienté de ce concept douteux, mais nous vous demandons, au vu de nos propos et de notre attitude, de bien vouloir motiver une telle accusation.

L’ESR  subit en ce moment un processus qui ne laisse nulle place au débat : celui d’une politique de marchandisation du savoir et d’asphyxie budgétaire, et l’ex-ministre G. Fioraso se place dans la droite ligne de ses prédécesseurs. Au vu d’un tel processus, qui détruit de plus en plus l’ESR et entend le soumettre aux intérêts privés, on ne peut pas se contenter d’un simple débat une fois l’an : nous devons mettre en place un rapport de force. Ce rapport de force est la seule façon d’influer sur la politique actuelle, plutôt que par des questions pseudo-critiques à l’issue d’une tribune libérale offerte à l’ex-ministre.

Nous invitons pour finir Le cheveu sur la langue à relayer les problèmes réels des étudiant-e-s et les conséquences de la baisse des moyens alloués à l’ESR, plutôt que d’attaquer des organisations qui combattent au quotidien sa destruction méthodique et accompagnent personnellement chaque année des centaines d’étudiant-e-s pour régler leurs problèmes avec le CROUS, leur employeur ou l’administration.

Publicités

Auteur : Emmanuel SAMANIEGO

emmanuel.samaniego@sciencespo-grenoble.fr

2 commentaires

  1. Bonne réponse les copains mais vous demandez à science po l’élitiste d’arrêter de faire du science po c’est un peu « pléonasmique » non ? De plus l’imbécilité bourgeoise du « président-directeur » à vouloir hystériquement corriger les fautes montre bien ce qu’est science po: un refuge bourgeois loin des réalités qui aime se faire mousser! Continuez comme ca les zozos le FN arrive bientôt…

  2. Bravo de parler de Terrorisme ceux qui veulent faire un vrai débat d’idée à la place d’une fête de la pensée unique… N’oubliez pas que Fioraso n’aurait jamais accepté de rencontrer ce syndicat dans ce type de débat…

    Belle preuve de courage idéologique que d’annuler cette conférence, vous avez peur que des personnes encagoulées arrivent avec des kalash ?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s