Biodiversité européenne (4/10)

C’est la lutte finale
La Nationale !
Levons nous et demain,
Le populisme
Sera le genre humain !

 

Strasbourg, le 22 mai 2014 – C’est le doux chant que fait, en ce printemps 2014, résonner un petit oiseau migrateur d’Europe, le Populo-Euroscepticus Vulgaris. A l’origine pas plus gros qu’un moineau, notre oiseau a su grossir en se nourrissant des charognes, notamment dans les cimetières où furent enterrés M. Schumann, Monnet, De Gasperi, ou même Hugo.

Drôle d’oiseau européen

D’abord implanté en Autriche, sous le nom de Populo-euroscepticus Jorghaideris, l’espèce a été capable de rapidement envahir l’ensemble du continent grâce à ses formes très avancées de camouflages : parfois se faisant passer pour un republicanus vulgaris ou un socialus democraticus. De sorte qu’il est aujourd’hui devenu un dangereux prédateur pour d’autres espèces comme le béat-europhilus pacificus, qui est aujourd’hui répertorié par Greenpeace sur la liste des animaux menacés d’extinction. Surtout connu pour son caractère difficile, le populo-euroscepticus a pris l’habitude de s’attacher à son territoire au point de ne plus y tolérer d’intrusions étrangères ; allant jusqu’à assourdir de piaillements quiconque oserait s’opposer à ses chants sur son terrain de chasse. Opiniâtre, le populo-euroscepticus, sous des apparences parfois charmantes et amicales, peut se révéler dangereux et soudainement attaquer les personnes lui paraissant les plus faibles. Les spécialistes conseillent ainsi de ne pas trop l’approcher, surtout dans les périodes électorales qui coïncident quasiment toujours avec sa période de reproduction.

Expansion et menace pour la biodiversité

Phénomène nouveau qui tourmente les experts, les différentes variantes du populoeuroscepticus migrent toutes vers un point proche de Strasbourg en France. Le professeur Kahn, expert en oiseaux exotiques explique : « Des vautours qui errent pour trouver des cadavres, j’en connais, mais là je n’avais jamais vu ça ! Ils restent autour du Parlement européen à tourner comme s’ils attendaient de récupérer les charognes que laissera la prochaine élection. Fascinant ! ». Plus inquiet, Monsieur Bar-aux-os, docteur portugais en Ornithologie et amateur de cinéma, parle « d’une crise possible de la biodiversité européenne ». « Mon diagnostic n’est cependant pas encore tout à fait fixé, ajoute-t-il. Pour prendre des métaphores cinématographiques, je dirai que nous ne savons pas encore ce qui tient de Psychose ou si nous allons bientôt voir se rejouer Les Oiseaux aux portes du Parlement ». En attendant le 25 mai, le zoo de Socialopolis a annoncé avoir recueilli plusieurs dizaines de béat-euphilus pacificus blessés. Le dernier arrivant, le petit Schultz (c’est le nom que lui ont donné ses soigneurs) est un de ceux qui ont le plus violemment subi l’expansion des zones de chasse des populo-euroscepticus, et représente, selon le directeur du zoo, François Simplet, « un des derniers espoirs de sauvegarder la biodiversité européenne ».

Benjamin Vezzu et Charles Corval

Image : http://www.voxeurop.eu/fr/content/article/4236291-ecoutons-aussi-les-eurosceptiques

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Auteur : lecheveusurlalangue

Journal de SciencesPo Grenoble (Isère, 38) et de ses étudiant.e.s

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