Compte-rendu

… la semaine du handicap à Science Po Grenoble

La semaine dernière la  « semaine du handicap », organisée par Grenoble Handi Mention (GHM), s’est déroulée au sein de l’IEP. L’occasion vous a manqué d’assister à tous les ÉVÉNEMENTS ?

 

Nous vous proposons un aperçu des questions qui ont pu être abordées sur le thème du handicap en entreprise, et de ce qu’une ex-novice du sujet a décidé d’en retenir.

Le mardi 25 mars, en amphi C, une conférence sur la problématique du handicap en entreprise s’est tenue, en présence des employés de STMicroelectronics du pôle responsabilité sociétale en entreprise (leur site ici) (RSE), ainsi que deux employés de la Sameth (leur site ici)Un cas managérial a fait écho à cette conférence, animé par ERDF.

972843_10203706708371400_803641514_n

Deux questions centrales sont ressorties de ces deux événements :

1) Du point de vue de l’entreprise, comment aborder la question du handicap ?

– Des agents et des pôles spécialisés

Le rôle de la RSE

Incluse dans les fonctions des ressources humaines, la RSE permet à l’entreprise de prendre en compte toutes les questions d’ordre social dans l’entreprise et notamment celle du handicap. Elle veille à la diversité dans l’entreprise, prévient les risques psycho-sociaux. C’est donc un organe qui tente d’intégrer la notion de bien-être au travail dans l’entreprise.

La mission handicap

Au sein de la RSE, la mission handicap mène une politique volontariste de maintien et d’intégration des personnes en situation de handicap. Chez STMicroelectronics, cette mission date de 2003, elle est donc récente au regard de la mise en place plus précoce de cette même mission dans d’autres entreprises. L’intervenant se “dédouane” cependant, faisant état d’une nette avancée de l’entreprise depuis 2003 sur la situation du handicap, démontrant par cela, qu’une politique volontariste peut être efficace. C’est par des séries d’accords que sont fixés les termes et les objectifs de cette mission handicap dans l’entreprise, qui compte aujourd’hui 4.3% de salariés en situation de handicap alors qu’elle en comptait 0% en 2003.

10152247_10203706708611406_1928383651_o 10154785_10203706709651432_280306614_n

– Difficultés et avantages du recrutement et du maintien à l’emploi de travailleurs handicapés.

Les difficultés que l’entreprise peut rencontrer

Les préjugés des autres salariés peuvent être un frein à l’insertion du travailleur handicapé. Les postes doivent être adaptés pour les travailleurs, ce qui implique un coût, un temps d’adaptation. Certaines entreprises peuvent alors être réticentes à recruter un tel travailleur. Le problème central reste la qualification : la majorité des travailleurs en situation de handicap ont un niveau de CAP, les entreprises qui recrutent des personnes hautement qualifiées ont alors d’autant plus de mal à recruter des personnes compétentes.

Les avantages qu’elle peut tirer de l’emploi d’une personne en situation de handicap.

La motivation de l’entreprise ne doit pas être financière, mais sociale, selon les intervenants. En effet, s’intéresser aux travailleurs handicapés dans une entreprise prouve l’intérêt qu’a celle-ci pour les questions sociales. Ces questions ne touchent pas uniquement les personnes en situation de handicap, mais tous les employés. Cela peut d’autant plus être rassurant que tout individu risque un jour d’être touché par le handicap. Être dans une entreprise qui se soucie du maintien en poste de ses travailleurs en situation de handicap est alors un gage de sécurité. De plus, face à un travailleur handicapé, les autres salariés, nous dit-on, bénéficient d’une meilleure cohésion de groupe, d’une plus grande humilité et relativisent les situations problématiques. (Et ce, paradoxalement, « grâce » aux préjugés misérabilistes qui entourent le mot « handicap ».)

2) Quels sont les moyens à disposition des entreprises pour accueillir des travailleurs en situation de handicap ou les maintenir en poste ?

– Des institutions

Le rôle de l’agefiph

L’agefiph est l’institution en France qui s’occupe de la question du handicap dans les entreprises du secteur privé. Elle fixe les redevances que doivent payer les entreprises qui n’atteignent pas les six pourcents fixés par la loi de 2001, complétée par celle de 2005.

Le rôle de la Sameth

L’objectif de la Sameth est le maintien d’un travailleur en situation de handicap dans l’entreprise. Cela passe par l’adaptation du poste au travailleur, notamment. La question du financement des aménagements est centrale, en fonction de l’utilité des aménagements dans l’entreprise en général, il sera réparti entre l’entreprise et l’agefiph.

Sous-traitance de certaines activités

Les entreprises qui ont des difficultés à trouver des salariés handicapés hautement qualifiés, dans le cadre des 6% requis, peuvent avoir recours à des établissements de service et d’aide au travail (ESAT). Ce sont des établissements qui emploient des personnes handicapées dont le handicap les empêche de travailler pour d’autres structures. Les entreprises peuvent faire appel à ces structures pour des tâches comme l’entretien des espaces verts. Les entreprises peuvent de même sous-traiter certaines activités grâce à l’intermède d’entreprises adaptées

– Moyens pratiques

Les moyens pour adapter les postes peuvent être humains ou matériels. Cette adaptation des conditions de travail pour les travailleurs en situation de handicap vise à rendre invisible le handicap au quotidien, afin que le travailleur puisse poursuivre ses activités au même titre que ses collègues L’entreprise STMicroelectronics a par exemple développé un GPS adapté au non/malvoyants pour qu’ils puissent se déplacer dans les réseaux de transports en commun de Grenoble. Lors du cas managérial, le cas d’un traumatisé crânien a été abordé. Un intervenant salarié d’ERDF a demandé aux étudiants de Science Po participants quels moyens ils mettraient en place afin d’adapter son poste d’attaché de clientèle à son handicap. Les étudiants ont proposé des moyens à dominantes technologiques (assistance grâce à des tablettes), alors que l’intervenant, lui, avait mis en place dans son entreprise, pour ce même cas, des moyens humains (suivi journalier).

10154623_10203706710091443_353866517_n

Quelques notions à retenir :

– Une personne en situation de handicap est engagée pour ses compétences et non pour son “statut” d’handicapé.

– Les entreprises de plus de 20 salariés doivent atteindre une part de 6% de travailleurs en situation de  handicap.

– Seulement 10 à 15% des travailleurs en situation de handicap ont des handicaps “visibles”.

– Plus de 80% des handicaps s’acquièrent au cours de la vie : tout individu est un handicapé potentiel.

-Un « travailleur handicapé » est à distinguer d’une « personne handicapée ».

La semaine du handicap « côté coulisses » :

L’organisation de la semaine du handicap a été minutieuse et efficace. Nous avons pu apercevoir des affiches jusque sur la BU et dans les toilettes (!), l’événement a été relayé par le site de l’IEP, l’amphi C était décoré des couleurs bleue et jaune… Toute la semaine, de deux à trois événements par jours étaient prévus.

Comment les étudiants s’y sont-ils donc pris ? Eglantine, membre de GHM relate :

« Pour préparer la semaine, les membres de l’équipe -nous sommes 7- ont d’abord suivi un cycle de sensibilisation en participant à des rencontres organisées dans le cadre du mois de l’accessibilité et des HanDix rencontres. Ensuite, nous avons commencé à imaginer la semaine et avons préparé un planning prévisionnel. Cela a donné lieu à des rencontres avec les groupes de Grenoble Handi’Mention présents à l’UPMF, à l’INP et à l’IUT2. Puis est venu le temps de contacter les intervenants. Nous avons contacté nos entreprises partenaires ainsi que des associations dédiées au handicap telles qu’EASI, AVH ou l’APF. Nous avons alors adapté le planning en fonction des disponibilités des intervenants. »

10156426_10203706710131444_1200843665_o

La question du handicap est souvent peu abordée dans les débats liés aux problématiques de discrimination en entreprise. Cette semaine a été l’opportunité pour les étudiants d’en découvrir les enjeux, espérons que cette initiative se renouvellera l’année prochaine !

 

Isaure Magnien

Publicités

Auteur : lecheveusurlalangue

Journal de SciencesPo Grenoble (Isère, 38) et de ses étudiant.e.s

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s