La victoire côté sympathisants

Plongés au cœur des militants et des sympathisants de la liste menée par Eric Piolle, nous vous proposons un aperçu la soirée électorale sous leur angle de vue.

 

19h20, une foule clairsemée est présente sur l’esplanade, lieu de rendez-vous fixé par la liste menée par Eric Piolle.

Parmi eux, Armand et Isabelle, qui devront attendre 21h pour obtenir les résultats. Ils ne dissimulent pas leur appréhension mais affichent leur confiance. Tous les deux soutiennent Eric Piolle, convaincus qu’il incarne un renouvellement démocratique et social. Pour Armand, « le rassemblement citoyen est plus important que l’étiquette. Syndicats, associations et une partie de la gauche se sont rassemblés autour de la candidature d’Eric Piolle. ». Et à ce Voironnais de préciser que pour lui les élections de Grenoble acquièrent une forte dimension symbolique sur le plan national. Lorsqu’on l’interroge sur la désaffection des classes populaires pour la gauche, Isabelle insiste sur la nécessité pour les décisionnaires politiques de manifester un plus grand intérêt pour cet électorat. « Soutenir les sans-papiers, réduire les indemnités des élus, même si ce n’est que symbolique, permettrait de réduire la distance entre une partie des électeurs et la classe politique. » Armand, militant depuis cinquante ans, souligne qu’il se passionne pour la première fois pour un scrutin municipal.

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Les raisons du succès d’Eric Piolle à Grenoble ?

Même son de cloche du côté de Jérémy, ancien élève de l’IEP et sympathisant écologiste. Venu avec sa jeune fille et sa compagne, il explique : « J’observe une ferveur positive et inédite qui s’est amplifiée depuis une semaine à Grenoble. » Les raisons du succès d’Eric Piolle à Grenoble, selon lui ?  «  Il renvoie l’image de quelqu’un de calme, il ne se donne pas de grands airs, ce n’est pas un professionnel de la politique ». Le profil d’Eric Piolle détonne parmi la classe politique. Issu du milieu de l’entreprise, il rejoint Europe Ecologie Les Verts (EELV) en 2010.

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« Je vote le PS depuis toujours, mais là je suis contente de voter pour les Verts. »

20h45 : Nous échangeons avec Elisabeth, dont les deux fils étudient à Science Po Grenoble. Entre temps, des Grenoblois viennent grossir les rangs des sympathisants d’Eric Piolle. Certains brandissent des drapeaux d’EELV, et d’autres du Che. « Je vote le PS depuis toujours, mais là je suis contente de voter pour les Verts. », témoigne Elisabeth. Elle se dit heurtée par le tour qu’a pris la campagne ces derniers jours. « Si j’hésitais encore à voter Safar entre les deux tours, l’attitude du PS a fini de m’en dissuader », ironise-t-elle. A la MC2, lors d’un meeting d’Eric Piolle, elle affirme avoir découvert un candidat « très frais, sympathique, et pas politicien. »

 

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Le verdict tombe

21h, les résultats tombent et Elisabeth laisse exploser sa joie ; elle appelle son fils pour lui communiquer les résultats. Sur l’esplanade, tout le monde manifeste la même émotion. « Je suis enchanté ! C’est une victoire fantastique, explique un jeune retraité. Safar a discrédité son propre camp par une campagne clientéliste. Piolle a mis en avant des qualités humaines et a bénéficié du soutien des milieux associatifs. »

Grenoble, laboratoire de l’écologie politique

Chez tous, Eric Piolle a suscité une grande espérance. A la question de savoir si la déception ne pourrait pas succéder à un engouement trop fort, tous apportent la même réponse : « Tout le monde aura les yeux rivés sur lui » explique-t-on. Grenoble devient un « laboratoire » pour l’écologie politique en France. Même si certaines attentes peuvent être déçues, ils considèrent que ce qui sera mis en place dans la ville ira dans le bon sens. En outre, « tout ne dépend pas des politiques municipales, en matière d’emploi par exemple. Beaucoup de compétences sont dévolues à l’Etat, ou aux communautés d’agglomération. », renchérit Armand.

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Pour ces sympathisants, Grenoble s’inscrit avec ces résultats dans le droit fil de la « tradition révolutionnaire ». Outre cette filiation historique, Armel justifie cette victoire par le taux de pollution particulièrement élevé à Grenoble, une ville où la sensibilité aux questions environnementales est d’autant plus forte que ses habitants sont « tournés vers la montagne ».

Isaure Magnien, Amélie Payre et Emmanuel Samaniego

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Auteur : lecheveusurlalangue

Journal de SciencesPo Grenoble (Isère, 38) et de ses étudiant.e.s

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