galerie Les futurs leviers de la croissance

… transition énergétique et Smart Cities

 La Conférence du mardi 4 février 2014, qui mettait en présence Jean-Pascal Tricoire, PDG de Schneider Electric et Monsieur le Maire Michel Destot, portait sur l’impératif d’une transition énergétique organisée ensemble et par le développement de nouvelles technologies, employées pour construire ce que Jean-Pascal Tricoire défend, des villes intelligentes.1622690_595550773833133_154227609_n

Présentons d’abord son entreprise. Autant le dire tout de suite, elle fait rêver. Elle semble représenter un îlot utopique, ou même d’espoir, dans ce marasme ambiant. Elle combine fabrication sur le territoire grenoblois où elle travaille avec 6 000 PME partenaires, et ouverture internationale, d’abord avec la Chine, où elle a 30 000 collaborateurs, puis l’Inde et le Japon. En effet, au dernier forum économique mondial, à Davos, elle a été classée parmi les premières sociétés toutes catégories confondues, au niveau mondial, pour sa performance en développement durable. Comme l’a rappelé M. Tricoire, elle tient à s’engager sur la voie de l’écologie, ou plutôt du développement durable, ce que Michel Destot préfère appeler le « développement humain », un équilibre entre l’économique, le social et l’environnemental. M. Tricoire est persuadé que le développement des nouvelles technologies, d’internet, permettra ce qu’il recherche avec son entreprise, soit constituer, un « monde de l’énergie ».

Schneider Electric prône une économie basée sur un « nouveau paradigme de l’efficacité pour conduire le développement durable sur le long terme ». Ce serait un développement durable fondé sur les nouvelles technologies. Les villes sont des espaces où tout se décide, notamment la conduite de la transition énergétique; elles sont le phénomène en termes d’urbanisation le plus irréversible et le plus massif du siècle et doivent être gérées par « la convergence des technologies ». Cette convergence signifie la connexion non pas des personnes, 2,5 milliards sont déjà reliées dans le monde, mais des objets, des machines, des infrastructures, de sorte à créer des « bâtiments intelligents ». Qu’est-ce que c’est ? C’est en quelque sorte relier un établissement à un système internet afin d’adapter sa consommation énergétique à son activité réelle. Par exemple, imaginons que l’IEP soit connecté à un système de nouvelles technologies consistant justement à déterminer si l’établissement est en inactivité, (la nuit, les vacances, un jour férié). Son impact énergétique serait alors annulé lors de ces périodes d’inaction, par l’arrêt de tout appareil consommant de l’énergie (lumières inutiles apr exemple). Bref, l’efficacité est ici liée à une moindre consommation d’électricité, basée sur la réduction des gaspillages par la technologie. Une fois les infrastructures connectées, on les partage entre villes, afin de mieux gérer l’énergie, mais aussi les embouteillages, la sécurité… Et plus généralement, cela permettrait ensemble de mieux remédier aux problèmes globaux actuels.               M. Tricoire estime que cette « révolution » entraînera des progrès d’efficacité à hauteur de 30% d’économies d’énergie. Il justifie également la transition énergétique par le fait qu’elle pourra alléger nos dépenses, mais aussi laisser plus de place aux autres pays pour se développer, car après tout, on partage l’atmosphère avec tout le monde.

Seulement, il y a des barrières à la diffusion de ces technologies : des barrières surtout humaines. La principale question qui se pose est en effet de savoir si on a les bons talents, les bonnes personnes aptes à conduire cette « révolution ». Il faut donc réorienter le système éducatif. Schneider Electric a par conséquent créé une école pour permettre aux jeunes de se former à ces nouvelles technologies. Par ailleurs, M. Tricoire met en évidence un des maux français, qui est la déconnexion entre l’éducation et le monde de l’entreprise, comme celle entre l’entreprise et la politique. Il faut savoir que peu de parlementaires sont passés par le privé. Ces déconnexions vont à l’encontre du bien-être type de l’entreprise. Celle-ci ne peut vivre effectivement qu’avec du capital, de bons talents et un bon environnement. De plus, la classe économique et la classe politique ne semblent pas assumer « le fait que le monde a des effets sur ce qu’elles doivent faire », et donc ne semblent pas agir dans des circonstances d’économie intégrée et globalisée. M. Destot le reprend en relevant le problème des Français : le collectif. L’international ferait peur et l’indifférence des Français n’aiderait pas la France à être compétitive. Schneider l’a compris en localisant en France son activité, en l’amplifiant et en la développant à l’extérieur, en allant investir en Chine tout en achetant des produits français. L’opposition entre les grandes entreprises françaises, plutôt mal vues, et les PME et petites entreprises n’est pas justifiée puisque « si les grandes entreprises vont mal, les PME vont mal ». Les deux doivent travailler ensemble et on doit apprendre aux PME à s’internationaliser, ce qu’a du mal à faire la France. Celle-ci est par ailleurs assez en retard en matière de transition énergétique par rapport aux pays scandinaves et européens, notamment dans l’énergie solaire.

Que fait la municipalité ? Que propose l’action publique territoriale qui se modernise pour construire une ville intelligente ? Quel projet pour l’énergie dans les administrations publiques ? Michel Destot relève l’évolution incroyable du quotidien des citoyens : l’homme moyen se déplace aujourd’hui de 50 km par jour, contre 5 km il y a trente ans. L’impératif est donc de faire que ces déplacements soient les plus écologiques et les plus économiques possibles. Cet impératif s’étend à l’échelle de l’aire urbaine qui est le domaine de travail de la collectivité. En ce qui concerne les bâtiments en eux-mêmes, il faut évaluer année par année ce qu’ils consomment. Sur un an, l’administration grenobloise a ainsi permis d’économiser 2,5% d’eau et 5% d’électricité. Sur 550 000 tonnes de CO2, elle a économisé 20% avec le développement du transport en commun, la réhabilitation de bâtiments anciens et la construction d’habitats plus écologiques comme à la Caserne de Bonne.

Mais il y a cependant une ombre au tableau avec les budgets publics limités par la discipline budgétaire imposée actuellement. Michel Destot nous rassure : la collectivité respecte toujours la règle d’or, le « petit équilibre » que les collectivités territoriales doivent suivre. Seulement, il met en garde : il ne faut pas que la barrière d’ajustement soit l’investissement, mais le fonctionnement, de sorte à pouvoir privilégier l’investissement. Et c’est ce que le maire a fait. A Grenoble, cinquième ville innovante au monde, grâce à ses nanotechnologies et à ses pôles de compétitivité, les investissements privés et publics représentent 1,3 milliards d’euros, car  « on sait que sur vingt ans, on sera à la tête de la course, pour payer ces politiques environnementales, de logement, d’éducation… ». Michel Destot montre par-là que la qualité de métropole est essentielle pour faire de Grenoble une ville intelligente, toute dans cette idée de connexion, de partage, mais aussi d’attraction des intelligences du monde entier, par le développement de l’attractivité de la ville. Les investissements colossaux pour anticiper ces prochaines dépenses sont révélateurs en fait de ce qu’il appelle « le cercle vertueux de la métropole ». S’il voit tant de vertus dans celle-ci, c’est qu’il se représente la ville comme vecteur de la transition énergétique, à travers ce partage des intelligences et cette convergence des technologies qui feraient d’elle une ville intelligente. La métropole, où toute commune partagerait ses ressources, serait en mesure de répondre à l’impératif de toute aire urbaine, celui d’offrir une qualité de vie correcte et de disposer d’une certaine capacité d’accueil.

Finalement, si on reprend l’intitulé de la conférence, Le futur levier principal de la croissance, dans un monde où les ressources énergétiques s’épuisent, est ce concept de Smart Cities, chargées de conduire la transition énergétique, indispensable pour nous emmener vers un « monde de l’énergie », notre avenir.

Claire Mangiante

 

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