Frais d’inscription

Hausse des frais d’inscription dans notre IEP

La direction de l’IEP a annoncé mardi 3 décembre qu’allait être votée au Conseil d’Administration du mardi 10 décembre une augmentation des frais d’inscriptions en 1er et 2nd cycles. Jugée indispensable à la survie financière de l’IEP par la direction, cette mesure est vivement critiquée par les élus étudiants UNEF-Fac Verte et Alternatives. Elle l’est également par les étudiants, qui ont majoritairement voté le rejet de cette hausse mardi midi lors de l’Assemblée Générale. Nous avons pris contact avec la direction et les élus étudiants des deux listes pour essayer d’y voir plus clair.

Frais-d-inscription
Dessin de BOX

1300€, sans la Sécu. Si la mesure d’augmentation des frais d’inscriptions est validée au CA mardi 10 décembre, ce sera désormais le prix d’une année d’études à Sciences Po Grenoble. L’objectif de cette mesure est de combler le déficit budgétaire de l’IEP qui s’élève à quelques 190 000€ en demandant une participation supplémentaire aux étudiants et à leur famille. En alignant les frais d’inscriptions de chaque année sur ceux de la cinquième année, la direction espère compenser la baisse de 5% de la dotation du Ministère de l’Enseignement Supérieur. Actuellement, les frais d’inscriptions sont de 960€ par an en 1er cycle, de 1100€ en quatrième année et de 1300€ en cinquième année, ce qui représenterait une augmentation de 35% pour le 1er cycle, et de 15% pour la quatrième année. Une augmentation conséquente donc. Cette hausse se ferait de manière progressive. Les étudiants déjà dans le cursus ne verraient leurs frais d’inscriptions s’élever qu’à « seulement » 1100€ en 1er cycle, l’augmentation à 1300€ ne concernant que les 1A de la rentrée 2014/2015. De plus, les boursiers seront toujours exonérés de frais d’inscriptions.

La direction assure que toutes les mesures possibles ont déjà été prises pour éviter une hausse de ces frais durant la première année de leur mandat : réduction des coûts de fonctionnement globaux & de la masse salariale et effort financier demandé à chaque directeur de master afin de réduire de 5 à 10% les dépenses. Si le contrôle des dépenses ne peut pas résoudre le problème, il faut alors trouver des ressources supplémentaires, ce qui passe par les frais d’inscriptions.  La direction plaide également que la qualité du cursus s’est améliorée, sans pour autant toucher aux frais d’inscriptions : « les frais d’inscription à l’IEPG n’ont pas augmenté de manière significative depuis 2005. Tout se passe donc comme si on avait démultiplié l’offre de formation aux étudiants depuis dix ans, avec des dépenses croissantes afférentes, sans vraiment répercuter ces coûts sur les étudiants et leurs familles. » nous dit M. Petiteville, animateur de la commission de réflexion sur les droits, qui a abouti à cette augmentation. L’offre de master a en effet été démultipliée, l’IEP proposant 22 masters aujourd’hui. Il insiste également sur le fait que cette hausse est limitée, comparée aux autres IEP qui sont contraints eux aussi de procéder à des augmentations des droits : jusqu’à 6000€ à Bordeaux en cinquième année. Cette hausse conséquente devrait également permettre un gel des frais d’inscriptions pour les prochaines années. Enfin, l’urgence d’une telle mesure est mise en avant par la direction. Pour être effective à la rentrée 2014, cette décision doit à tout prix être votée en 2013. Le dernier CA pouvant se tenir en 2013 est celui du 10 décembre. Un report aurait, selon la direction, des conséquences graves sur l’IEP, pouvant aller jusqu’à la mise sous tutelle de l’établissement.

 

Les alternatives à la hausse.

D’autres solutions peuvent pourtant être envisagées. Les élus étudiants d’Alternatives demandent à la direction de mener une politique plus volontariste dans les domaines du mécénat et de la taxe d’apprentissage, mais également d’intensifier la pression sur le Rectorat afin de forcer l’Etat à se réengager dans l’enseignement supérieur. De plus, cette mesure ne prend pas en compte les économies déjà réalisées et qui ne prendront effet qu’en 2014, comme la baisse mécanique des dépenses suite à la réforme de la deuxième année.

La solution pourrait se trouver dans un rapprochement avec les autres universités. Les élus UNEF-Fac verte défendent une fusion financière entre l’IEPG, l’UPMF, l’UJF et Stendhal dans le cadre de la formation de la Grande Université de Grenoble en 2016. Une telle fusion permettrait à l’IEP de s’alléger de certains coûts de fonctionnement, par le biais d’économies d’échelles notamment.  Une politique de coopération plus poussée entre l’UPMF et l’IEP pourrait également permettre de réaliser des économies substantielles, en proposant par exemple des cours communs avec l’UPMF.

De son côté, Alternatives souhaite engager l’établissement dans une mutualisation avec l’UPMF. Cette mutualisation se ferait sur les domaines où l’offre de formation de l’IEP est en concurrence avec d’autres établissements, comme par exemple le master Tourisme, proposé par 4 établissements sur le campus. Les deux listes s’accordent pour dénoncer l’incohérence de l’offre de masters proposée. Trop de masters n’apportent pas une réelle valeur ajoutée par rapport  ce qui se fait déjà dans les autres universités de Grenoble, d’où l’intérêt de rentrer dans un processus de mutualisation des masters.

 

La méthode fortement critiquée.

Tout autant que le fond, c’est la forme qui révolte les élus étudiants. La commission de réflexion sur les droits d’inscriptions s’est réunie deux fois. La direction parle d’un compromis sur la question adoptée lors de la seconde réunion du 7 novembre. Du côté étudiants, on dénonce des conclusions imposées par la Direction sans véritable débat. Alternatives parle de « dictature participative » tout en faisant remarquer que la méthode est toujours la même : un dialogue de façade qui aboutit à des conclusions imposées par la direction. UNEF-Fac Verte parlent aussi de méthodes « scandaleuses ».

UNEF-Fac Verte dénonce de son côté une opacité budgétaire totale. Il est difficile d’avoir une estimation fiable du déficit de l’IEP : le déficit annuel est de 190000€, auquel il faut ajouter les dettes déjà contractées. Le chiffre pourrait s’élever alors, selon UNEF-Fac Verte à 800 000€ (chiffre contesté par Alternatives). Dans ces conditions, comment demander aux étudiants un effort supplémentaire lorsqu’il est impossible de savoir à quels usages seront consacrés ces frais, ni si ils seront suffisants pour améliorer la situation financière de l’IEP ?

Le sentiment qui domine chez les élus étudiants est qu’une telle augmentation pourrait se reproduire tous les 3 ans, d’autant plus que Jean-Charles Froment s’était engagé à respecter la sanctuarisation des frais d’inscriptions décidée par l’équipe Ihl/Dereymez en 2010, courant jusqu’en 2015. « On risque une inégalité d’accès par le coût. On ne veut pas que l’IEP deviennent un établissement de nantis » conclut Alternatives.

                                                                                                          Benjamin Vezzu

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Auteur : lecheveusurlalangue

Journal de SciencesPo Grenoble (Isère, 38) et de ses étudiant.e.s

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