En couple avec mon mémoire

Si pour un grand boiteux l’amour c’est comme les voyages en train, pour ma part, ça me fait plus penser au mémoire.
Je vous parle d’un exercice que les première et deuxième année ne peuvent pas connaitre, et qu’ils ne connaitront surement jamais, les pauvres.
Une fois votre sujet choisi, attendez-vous à vivre avec lui pendant un long, très long moment. Au début, on se dit que ça va être merveilleux, tout vous parait parfait chez lui. Il a l’air simple et original en même temps, tous vos amis vous ont dit qu’il était bien, bref c’est l’osmose totale. Après les premiers contacts arrive la période de la découverte. C’est là aussi un moment très agréable, vous apprenez à le connaitre, vous vous voyez très régulièrement, lui faites pleins de petites attentions: « Tu m’as offert une nouvelle hypothèse ? Ah mais il fallait pas ! ». Vous comprenez qu’à l’instar d’une relation classique avec un être humain en chair et en os (je rappelle qu’une relation avec quelque chose qui n’est ni humain ni vivant est illégale), écrire son mémoire c’est une relation entre vous, qui avez des envies particulières, des idées, et votre sujet qui doit être traité d’une manière spécifique. Il faut donc vous adapter, faire beaucoup de concessions. Il vous arrive aussi de comparer vos âmes sœurs respectives avec vos amis qui ont tous rencontré leur mémoire à peu près en même temps que vous: « Ouais le mien il est vachement axé, terrain, enquête, c’est un sauvage, un mémoire qui bouge ».
Mais ce temps ne dure pas et bientôt la monotonie s’installe. Il apparait que votre couple n’avance plus, que vous n’ouvrez son fichier Word que par devoir conjugal et que vous avez d’autres choses en tête, comme l’unique exposé du semestre qui arrive dans seulement 3 semaines, ou encore les résultats de master, bref l’ambiance est très boulot-boulot. Ce climat morose va perdurer jusqu’au milieu du semestre mais vous ne voulez pas quitter votre moitié par peur de la solitude et surtout parce qu’il vous faudra en retrouver une fissa ! Vous vous dites cependant que l’année se termine début mai et qu’après cette date vous aurez tout le temps de vous retrouver et que vous pourrez réaliser les milliers de projets que vous avez pour votre doux mémoire. Vous pensez à le problématiser et même à lui faire un plan en 2 voire 3 parties qu’importe, vous avez toujours aimé les familles nombreuses ! Mais créer quelque chose de sérieux avec votre mémoire demande du temps, trop de temps. Du coup, cette période de l’année si belle d’habitude, où seuls les étudiants sont en vacances, devient beaucoup plus pesante. Finies les journées devant le canapé à mater Roland Garros, il faut vous hâter, vos amis ont l’air d’en être beaucoup plus loin dans leur relation: « Mon mémoire en est déjà à 9 pages, on aura bientôt notre première partie ! ». Pour parfaire le tableau, se dessine de plus en plus clairement la date fatidique, celle à laquelle vous devrez présenter votre mémoire sous peine de revivre la même histoire l’année suivante.
Bref, écrire son mémoire requiert de l’engagement et une certaine maturité d’esprit. Ceux qui préfèrent papillonner, vivre des exposés d’un soir ou des révisions de grand O sans lendemain… Libres à eux de s’amuser ! Mais il faudra y passer, que ce soit cette année ou bien l’année prochaine…

Valoche

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2 commentaires

  1. Et une pensée pour ceux dont la relation s’éternisera jusqu’à fin août, la rupture n’en est que plus dure et plus brutale.

    • Et quand ton mémoire de troisième année est suivi par un mémoire sur le meme sujet en cinquième année qui ensuite se transforme en these de 4 ans, j’hésite entre « marriage » et « obsession ». ;)

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