OSS 117, Monaco ne rigole plus

Dernier film d’Eric Rochant – connu entre autres pour “Un monde sans pitié” (1989) et “Les Patriotes” (1994) – et sorti le 27 février 2013, “Möbius” est un film conciliant – à l’image du célèbre ruban de Möbius dont les deux faces ne font qu’une – un thriller politico-financier et une histoire d’amour.

On y découvre un Jean Dujardin à la mine bien plus grave qu’à l’accoutumée sous les traits de Grégory Lioubov, agent des services secrets russes envoyé à Monaco afin de pister Ivan Rotovski, un puissant oligarque joué par Tim Roth. On l’y voit brûlant de désir pour une Cécile de France resplendissante, qui incarne Alice, un agent infiltré dans le puissant milieu de la finance Cette passion sur fond d’espionnage va, évidemment, les faire courir à leur perte…

Le moins que l’on puisse remarquer est la bonne performance des acteurs principaux. Jean Dujardin est très crédible dans son rôle d’agent secret, l’acteur a en effet suivi une initiation aux arts martiaux pratiqués par les agents du FSB (les services secrets russes ayant succédé au KGB), et va même jusqu’à faire plusieurs dialogues en russe… avec une pointe d’accent français. Mais le principal est que Jean Dujardin passe très bien du rôle d’agent secret comique avec OSS 117 à celui, bien plus sérieux, qu’il interprète dans “Möbius”. Cécile de France joue parfaitement son rôle de surdouée de la finance, en apparence froide et distante, mais dévorée par sa passion pour « Moïse », le nom de couverture de Lioubov. Et comment oublier Tim Roth, qui campe efficacement un oligarque russe pour le moins méfiant.

Bien évidemment, Eric Rochant doit concilier histoire d’amour et thriller politico-financier, ce qui n’est pas toujours chose aisée. Si la passion charnelle (euphémisme) qui unit les personnages principaux est bien retranscrite, et le suspens présent, “Möbius” manque d’action pour un film qui se veut un thriller, et il faut tout de même s’accrocher, sous peine de se perdre dans un brouillard opaque de noms en –ov et en –ski, pour comprendre l’histoire jusqu’à son dénouement.

Le jeu efficace des acteurs, le cadre luxueux de Monaco et la réalisation impeccable d’Eric Rochant illustrent l’ambition d’un cinéma français qui veut démontrer que les films d’espionnage ne sont pas qu’un genre réservé exclusivement au cinéma outre-Atlantique.

Civis Morator

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Auteur : lecheveusurlalangue

Journal de SciencesPo Grenoble (Isère, 38) et de ses étudiant.e.s

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