L’exposition Giacometti

« La sculpture n’est pas pour moi un bel objet mais un moyen de tâcher de comprendre mieux ce que je vois » est-il écrit sur le mur de la salle introductive à cette fameuse exposition, dont les panneaux publicitaires ont recouvert la plupart des quartiers de Grenoble. Cette citation, d’Alberto Giacometti lui-même, résume sans doute le mieux l’ambition que peut nous transmettre cet exceptionnel regroupement de travaux du peintre-sculpteur.

Les œuvres majeures qui s’y retrouvent se concentrent sur la manière de passer du dessin à la sculpture. La boule suspendue illustre bien ce projet. Œuvre de jeunesse de Giacometti, elle ouvre l’exposition. Dans cette création se découvre le passage surréaliste de l’artiste, qui entendait alors créer des « objets à fonctionnement symbolique ». De là devait ressortir toute une panoplie d’évocation. Si l’on se prête au jeu, que voit-on ? Votre serviteur y voyait, avec les yeux du néophyte, une lune qui portait une sphère. Puis feuilletant deux ou trois articles, les illusions tombent ; je vous renvoie à l’analyse de Rosalind Krauss sur la portée sexuelle de cet objet… ! Mais rapidement ce lien avec les surréalistes va se rompre : si André Breton affirme savoir « ce que c’est qu’une tête », Giacometti, lui, passe le reste de sa vie à former des visages et des corps.

Les œuvres suivantes ne sont pas moins dépaysantes : le Nez ou la Cage développent un univers étrange, un style angoissant où les figures sont enfermées dans une structure géométrique épurée. S’approchant de la fin de l’exposition les corps se libèrent et deviennent massifs, mais l’angoisse reste. Qui sont ces œuvres ? C’est la question qui revient face à ces femmes tout en longueur, les bras contre leurs corps, attachées à un socle massif, pour lesquelles on ne peut finalement trouver d’unique réponse. Aussi pour découvrir cette question, et continuer à chercher une réponse, Le Cheveu sur la langue vous recommande particulièrement cette exposition, qui-plus-est gratuite pour les moins de 26 ans.

Charles C.

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Auteur : lecheveusurlalangue

Journal de SciencesPo Grenoble (Isère, 38) et de ses étudiant.e.s

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