Annulation du Gala …

Interview de Philippe Teillet, Directeur des Etudes, sur le feu Gala 2013 de Sciences Po Grenoble.

Pourriez-vous nous rappeler les grandes lignes de l’organisation de ce Gala ?

Je n’ai pas été le plus associé à cette opération, je le précise bien. Mais dans la répartition des tâches, il m’a été demandé notamment de vous répondre, alors je le fais !

La position de la direction a été de faire de ce Gala un évènement de l’institution, avec un contenu qui serait ce que l’institution souhaiterait projeter comme image. Quelque chose qui soit important, l’occasion de réunir les étudiants et l’administration, et pas simplement la fête estudiantine que l’on a l’habitude de connaître quasiment chaque semaine. Notre volonté était de faire de ce Gala un Gala… Je ne dirais pas « prestige », mais en tout cas un Gala qui projette une image positive de l’IEP à l’extérieur. Etant donné l’annulation du Weekend d’Intégration suite aux problèmes qu’il avait causés par le passé, nous souhaitions collaborer avec le BDE pour organiser ce Gala. Faire un sorte que ce soit à la fois un moment ouvert aux étudiants, aux enseignants et au personnel de l’IEP. La collaboration s’est faite entre le BDE et le service de communication de l’IEP, avec la direction des études aussi, et la question qui s’est posée très vite était de trouver la salle pouvant accueillir 1 500 personnes sur Grenoble, à ce moment-là de l’année. Et effectivement, la seule solution était Pôle Sud. C’est un lieu sécurisé, pouvant accueillir le nombre prévu de personnes…Un lieu sécurisé, ce qui n’est pas forcément le cas de la Bastille !

C’est la raison pour laquelle le Gala n’a pas été programmé à la Bastille ?

Oui, nous voulions un lieu sécurisé, pour un évènement dans lequel l’IEP est impliqué. Du coup nous sommes partis sur Pôle Sud. Cela a enclenché toute une série de choix, malheureusement de mauvais choix, puisque cette soirée s’est vite révélée intenable.

La location de Pôle Sud explique-t-elle cette inflation du prix des places ?

Le coût de Pôle Sud était de 14 000 euros non négociables, ce qui était très surprenant. Pourtant nous avions envoyé des messages à la direction de Pôle Sud pour bénéficier de réductions sur ces coûts de location… Mais nous n’avons pas eu de réponse de leur part. Après, les étudiants ont souhaité décorer la salle pour que ce soit un lieu convivial et le coût des décorations s’est très vite élevé à 12 000 euros. Ils ont ensuite fait le choix d’Etienne de Crécy comme DJ de la soirée, choix qui pouvait se justifier du fait de la notoriété de cet artiste. Le tarif d’Etienne de Crécy était relativement cher, bien que compréhensbile… 8 000 euros. Il fallait aussi compter le traiteur, la sécurité, etc. On arrivait à un budget d’environ 50 000 euros. On avait d’ailleurs participé au financement du Gala, l’IEP avait versé une subvention de 3 000 euros. Mais cela ne couvrait pas tout et du fait aussi d’un manque de sponsors, l’équilibre budgétaire de la soirée s’est révélé très vite intenable. Les étudiants ont été obligés d’estimer un prix de vente à 50 euros la place, pour rentrer dans leurs frais. Et là, ils se sont rendus compte que c’était hors de portée de beaucoup de bourses des étudiants de l’IEP… Peut-être qu’il aurait fallu se rendre compte plus tôt que cela ne marcherait pas avec un tel budget, que les prix étaient bien trop élevés. Ils ont tenté le coup, en espérant être suivis, mais ils ne l’ont pas été, et il a fallu annuler… Ce que je comprends assez bien, même si je le regrette. Nous avions imaginé ce Gala « prestige » dans un lieu important, avec une vraie décoration, un artiste… Mais nous n’avons pas réussi à tenir cette économie.

Du coup, cela a conduit à organiser une autre soirée, mais qui cette fois n’implique pas l’IEP ! A la Bastille donc, mais cela engage la seule responsabilité du BDE. Même si nous sommes inquiets, parce que c’est un endroit non sécurisé, cette fois ce n’est pas une manifestation de l’IEP.

Pour l’an prochain, est-ce qu’un nouveau système sera envisagé ?

Il faut y réfléchir. Malheureusement, il n’y a pas de salle facile d’accès à Grenoble, surtout si on veut garder ce caractère dit de « prestige ». On manque d’équipements pour cela. Mais nous devons en reparler avec le BDE, et travailler ensemble pour un nouveau projet. Ce que l’on a beaucoup regretté à vrai dire, c’étaient les accusations d’entraves de l’administration… Il n’y pas eu de pression, ils étaient d’accord pour cette formule, et nous voulions tous un Gala porteur d’une image que l’on puisse défendre à l’extérieur, et non pas une soirée étudiante avec les dérives qui s’y produisent et que l’institution ne peut pas créditer.

Peut-être qu’un dialogue a manqué entre la direction et le BDE. Nous aurions pu les prévenir qu’un tel tarif n’était pas tenable. La communication sur Facebook exclusivement aussi… ce genre de choses nous laisse sceptiques quant aux performances que cela peut avoir… Nous ne sommes pas sûrs que ce soit vraiment le meilleur moyen. L’IEP partage en tout cas aussi la responsabilité de cette annulation, c’était une expérience à deux, le BDE et l’IEP. Nos exigences avaient un coût, c’est sûr… Après, on peut se demander si 12 000 euros de décorations, ce n’était pas un peu excessif. On peut aussi se demander si les étudiants avaient besoin de voir Etienne de Crécy, un DJ amateur peut suffire pour des soirées comme celles-ci, dans lesquelles les étudiants veulent simplement se retrouver de manière conviviale. Une partie des erreurs vient peut-être aussi de là. Ce qui est plus désagréable pour nous, ce sont les propos échangés sur Facebook, notamment par rapport à Pauline Tardy-Gaillard, en charge de la communication. Fabienne Bonnefoy et elle étaient disponibles pour le BDE et je pense que le BDE ne les a pas suffisamment sollicitées.

Propos recueillis par Lilas Bass

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Auteur : lecheveusurlalangue

Journal de SciencesPo Grenoble (Isère, 38) et de ses étudiant.e.s

Un commentaire

  1. En début d’interview : « nous souhaitions [que ce soit] l’occasion de réunir les étudiants et l’administration, et pas simplement la fête estudiantine »

    puis à la fin : « les étudiants veulent simplement se retrouver de manière conviviale »

    Je ne sais pas si la contradiction est le fait de l’interviewé ou de l’interviewer, mais tout est dit !

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