Expo Philippe Cognée

Du 10 Novembre 2012 au 3 Février 2013, le Musée de Grenoble consacre une exposition d’une ampleur jusqu’à présent inégalée en France au travail du peintre contemporain Philippe Cognée.

« Enlever la netteté au sujet, c’est ouvrir le champ de l’imagination et de la mémoire » Philippe Cognée

 

« La vie est là » pourrions-nous penser devant les peintures figuratives et minimalistes de Philippe Cognée. Et pourtant, la vie semble être absente des tableaux de l’artiste. Ou plutôt, l’humanité. Peu de personnages, peu d’émotion, peu d’intimité. Les tableaux représentant des containers sont silencieux, les grands ensembles d’immeubles sont communs, les paysages (à la frontière de l’impressionnisme), vides d’hommes. Ne parlons pas des angoissantes Vanités figurant des crânes, ou de l’effrayante salle consacrée à l’œuvre Carcasses, composée de 36 tableaux représentant des abattoirs. Même la foule est anonyme et semble passer froidement devant nous, dans l’art de Philippe Cognée. Critique d’une société contemporaine déshumanisée, vide de sens et désenchantée, individualiste et froide ? Il n’en est rien pour l’artiste, qui revendique la non-interprétation de son travail. «Pour moi, la définition d’un artiste, ce pourrait être tout simplement: qui cherche à être juste avec lui-même, juste avec son temps pour exister vraiment. C’est la conquête de la liberté et de la vie. Je  veux essayer de croire que la peinture est un moyen qui me mènera quelque part par là, bien au-delà du discours autour de l’art.» explique-t-il. Ce qui caractérise avant tout l’art de Philippe Cognée, c’est sa technique, et là semble être la seule vérité qui rassemble toutes ses œuvres : il recopie trait pour trait des photographies de la vie quotidienne pour brouiller cette réalité par différentes sortes d’effets picturaux. Le rendu, ce que l’auteur aime à appeler « la révélation », est impressionnant : il nous donne à voir une réalité sans cesse en mouvement, floutée comme dans un vieux souvenir, inquiétante et fantômatique. Pour les amoureux de la peinture (qui retrouveront ici et là quelques hommages à Courbet ou Rembrandt), mais aussi pour les curieux que l’art contemporain n’effraie pas, cette exposition offrira le temps d’une bonne heure et demie une profonde réflexion sur le monde qui nous entoure – sans pessimisme ni fatalisme.

Lilas Bass

Image

NYTP – Philippe Cognée – 2011 

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Auteur : lecheveusurlalangue

Journal de SciencesPo Grenoble (Isère, 38) et de ses étudiant.e.s

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